La brise automnale qui se lève me donne des envies d'une maison aux allures d'une couverture de "Jardin et Bricolage".

Comme un bon Français du terroir - et du dimanche -, je m'apprête donc à repeindre mon portail. Il y a déjà deux semaines que je me suis attribué cette lourde tâche, et... toujours rien.

Je l'observe (le portail délabré), méfiante. Il est atteint de boursouflures chroniques, et, comme frappé d'une maladie de peau tenace, il pèle sur toute sa longueur, souffrant de toutes les couches superposées qu'on lui a infligées, d'année en année.

Car si j'ai compris quelque chose, sur la vie et la mort des portails de France et de Navarre, c'est que pour obtenir un rendu durable, on ne doit pas se jeter sur ses pinceaux à la va-vite.

Le secret d'un renouveau satisfaisant, c'est LA PRÉPARATION correcte du support de base.

Et l'IA m'en donne les 3 étapes cruciales :

1°) Avec un chiffon propre et légèrement humidifié, enlever poussière, résidus divers et éventuelles toiles d'araignée ; puis, laisser sécher...

2°) Ensuite, décaper et enlever la rouille avec une brosse métallique, du papier abrasif ou une ponceuse. 

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Et enfin,

3°) Appliquer une sous-couche antirouille sur le métal propre, sec et sain, en couvrant particulièrement les zones rouillées. Laisser sécher.

"Eurekkkâaaaaa"

Eh bien, je viens de découvrir, à travers la restauration d'un portail, ce que l'on attend de moi en ce saint mois d'Eloul.

Suivez-moi :

1. Dépoussiérer, c'est la première fonction d'Eloul : avant les grandes résolutions, avant même la Téchouva, s'observer. Sans stress. Doucement. Sans culpabilité ; avec bienveillance mais lucidité.

Est-ce que je suis heureux de ce que je deviens ? Qu'est-ce qui fonctionne et qu'est-ce qui ne fonctionne pas dans ma vie ? Entre moi et les miens, moi et mon Créateur, moi et mon positionnement de Juif : où en suis-je ? 

On ne gratte pas encore. On dépoussière honnêtement le regard que l'on porte sur soi.

Parce qu'à force de vivre dans sa propre vie, on finit parfois par ne plus la voir.

2. Puis, vient le décapage : à savoir, gratter ce qui s'effrite.

Là, le travail est un peu moins confortable.

Vais-je remettre une couche qui, l'année prochaine, aura une nouvelle fois craquelé ?

Le faire juste pour me donner bonne conscience, mais sans aucune conviction que "ça va tenir" ?

Ou oser chercher une autre direction ? Relever les manches pour une introspection corrosive, mais vitale. Et non plus recouvrir, esquiver et se cacher...

Plus on aura correctement préparé cette étape de base, plus le nouvel enduit sera couvrant.

3. Et enfin, empêcher la rouille de revenir.

Cette étape est un cadeau, si les deux précedentes ont été effectuées comme il faut. 

Sur une matière désormais nettoyée, où les recoins les plus sombres ont été mis à jour, alors du plus profond de ce que nous sommes vraiment, à découvert, engager le dialogue avec le Très-Haut, et Lui demander de nous protéger des futures oxydations. Et de nous permettre une ‘Avoda sincère, sans cesse renouvelée, sous Sa protection.

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À ce stade, le portail n'est pas encore repeint. Mais le support est prêt.

Travaux pratiques

À peine ces quelques mots écrits, que je croise David, une connaissance, qui m'annonce un problème de santé chez un très proche parent.

David je l'aime bien, c'est un homme simple et bon, qui sert son Créateur avec intégrité. Cette nouvelle m'attriste et l'Arbre de la Connaissance me susurre : "Comment une chose pareille peut-elle lui arriver... Comment est-ce POSSIBLE !!!!? Des gens si gentils... !" 

Je me dresse et m'insurge. Contre le destin ? Le Destin ? 

Eh bien, savez-vous ?

J'ai essayé à ce moment de faire, en mini-mini, le travail du portail.

J'ai dépoussiéré. "Oui. Cette pensée émane bien de moi. Je la reconnais. Comme un père qui se voit acculé à reconnaître un enfant naturel, qui est bien de lui. J'avoue."

Puis, j'ai décapé. "Si vite, je perds les pédales ? Peut-être que « Celui qui a dit et le monde fut », comprend un peu mieux que moi comment diriger Son monde. L'histoire de David m'échappe, dans ma condition d'humain, temporel et limité. Prétendre comprendre tout le film, toutes les données, avec sur le nez des lunettes de grande myope... c'est un peu présomptueux, non ? 

Pour quelqu'un qui se met dans la catégorie des "croyants", va falloir poncer sérieusement, et remettre les fondements de ce qu'est vivre la Émouna à jour. " 

Puis, je me suis défendue de m'attrister, en couche antirouille, car être en peine, c'est refuser une Transcendance, c'est refuser le dialogue, et acheter argent comptant le scénario du Yétser, qui nous fixe dans une réalité accablante, sans issue, et aime éveiller en nous le marasme du doute. 


 Eloul. Tou-tou-tou-toutou...

 Y a tant de choses à apprendre de l'entretien d'un vieux portail rouillé.

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