Les Israéliens vont-ils pouvoir regarder les demi-finales du Mondial en paix ?
Pas sûr.
Trump chauffe les moteurs pour la énième fois, exaspéré par la superbe et l’insolence des Perses.
Mais pendant que le monde continue de penser la guerre avec les images d’hier — missiles, porte-avions, frappes aériennes — une autre guerre se prépare déjà. Plus silencieuse, mais peut-être infiniment plus destructrice.
Celle qui disloque et dissout les pays de l’intérieur.
Un État moderne tient sur son armée, bien sûr, mais pas uniquement.
Aujourd’hui, il repose sur des systèmes aux ramifications infinies : banques, hôpitaux, transports, satellites, administrations, bases militaires. Tout ce qui permet à un pays de fonctionner repose désormais sur du code informatique.
Les nouvelles IA ne se contentent plus de répondre à vos questions, d’écrire vos lettres administratives, de donner un conseil juridique ou médical.
Certaines, hyper performantes, sont désormais capables de lire les programmes qui font tourner nos administrations ou nos réseaux d’énergie, et d’y trouver les failles : les endroits fragiles par lesquels un ennemi pourrait s’introduire.
Utilisée par les défenseurs, cette capacité permet de colmater les brèches et de protéger le système. Dans les mains d’individus ou d’États malveillants, elle devient une arme redoutable, car elle indique où frapper.
Une IA qui trouve les failles d’un logiciel peut sauver un hôpital. Mais elle peut aussi aider à pénétrer les infrastructures vitales d’un pays.

C’est pourquoi les États-Unis ont récemment voulu limiter l’accès de certains modèles ultra-avancés d’IA à tout public
Le danger est qu’un modèle super puissant soit utilisé et copié par un État ennemi pour détecter les faiblesses du monde numérique d'un pays voisin.
Nous entrons là dans l'ère de guerre d’anéantissement informatique, où l’on peut dévaliser une banque sans la bombarder, paralyser un hôpital sans tirer un seul missile et désorganiser une armée sans franchir une frontière.
Edom, une civilisation éternelle...?
Lors du Brit Bein Habetarim, "l’Alliance entre les Morceaux", Avraham Avinou va recevoir la promesse du Très-Haut que ses descendants hériteront de la terre d’Israël. C’est un passage bouleversant, où le Patriarche, en dialogue avec D.ieu, voit défiler les Exils que ses fils devront traverser.
“Le soleil allait se coucher, et une torpeur tomba sur Avram ; et voici qu’une peur, une grande obscurité, s'abbatit sur lui.” (Genèse 15:12)
Le dernier terme, “s'abbatit sur lui”, personnifie Edom, l’Occident, selon nos Sages. C’est le plus terrifiant, car le plus diffus, celui qui semble ne jamais finir, qui vous écrase de ses certitudes, infiltré dans tous les aspects de notre quotidien.
Cette dernière civilisation ne se distingue pas seulement par sa puissance économique et militaire, chapeautant les pays les plus performants de la planète, mais elle nous dicte sa philosophie et sa conception de la vie.
Coca-Cola, Levi’s, Hollywood, la télévision, la publicité, le confort, la consommation, l’obsession de l’image: Edom impose d'abord son imaginaire.
Et l’IA en est le sommet absolu.
Edom est presque arrivé à ses fins : fabriquer un deus ex- machina, froid et sans conscience, à qui, nous sommes assujettis mais auquel on ne doit rendre aucun compte moral.
Avraham Avinou a vu une obscurité impénétrable tombant sur l’humanité.
C’est l'ère du code, des serveurs, des algorithmes, de l’anti-verticalité, ou nous sommes soumis à notre propre produit, à l'extension de nous même.
Le Patriarche, terrifié, a senti ce poids l’écraser. Ses enfants survivront-ils à Edom, qui nous convainc qu’il est le modèle unique ?
Le passage de la Torah se termine sur l'apparition d'une torche de feu descendant du Ciel qui agrée l’offrande d'Avraham.
Non, l’histoire juive ne se terminera pas dans les laboratoires d’Anthropic.
Le peuple juif aura le dernier mot.
Pas parce qu’il est le plus puissant, mais parce qu’il porte la promesse du D.ieu Un et Vivant, celle qui nous dit qu'Edom aussi aura une fin.





