Il a un visage bon… à ne plus en finir, le seren (capitaine) Matan Lévi.
Grièvement blessé par un obus de mortier qui a frappé son unité lors des combats qui ont suivi le 7 octobre, une longue cicatrice lézarde encore son crâne, apparaissant en filigrane, au travers de ses cheveux coupés courts.
Un de ses camarades, Omer Beitan z''l, a été tué dans la même attaque.
Lui, il est resté deux semaines dans le coma.
Après neuf mois de rééducation, il est sorti de l'hôpital Sheba. Mais il a perdu la vue. De ses deux yeux.

Pourtant, Matan a repris le cours de sa vie avec une détermination exceptionnelle. Il a réalisé son rêve de devenir juriste en effectuant un stage au parquet de Tel-Aviv grâce à des outils adaptés aux personnes aveugles.
C'est un beau roman...
Avant, il connaissait une jeune fille, Tori, mais pas plus que cela. Et puis, elle apprend ce qui s'est passé. Alors elle vient lui rendre visite.
Lui, bien sûr, couché sur son lit d'hôpital, les yeux bandés, il ne la voit pas.
Mais il entend ses pas. Elle lui parle. Il l'écoute.
Et puis… il commence à espérer sa prochaine visite.
Même entamé, blessé, diminué, il continue à faire l'objet des soins et de l'attention de cet ange. Y a-t-il plus grande preuve d'amour ?
Le Grand Rabbin Meir Lau les a mariés. Kavod ! Pour une union so special, on ne peut prendre qu'un Rav so special.
Amir Benayoun, le célèbre chanteur-auteur-compositeur israélien, aux gutturales inimitables, qui était déjà venu le visiter à l'hôpital pendant son coma, était là aussi, animant la houppa, au son du oud et de l'accordéon.


Les parents de Matan… Il faut les voir ! Ils n'en croient pas leurs yeux. Il en a fait du chemin, le petit, du lit d'hôpital, meurtri de la tête aux pieds, à la houppa, en ce beau soir d'été.
La maman de la mariée, malvoyante elle aussi, cache son émotion derrière des lunettes noires.
Pas difficile de sentir dans quelles valeurs familiales ce couple a baigné.
C'est une belle histoire
Enfin une histoire en happy end, pleine de cœurs, de ballons roses et de confettis. Pleine d'amour et de bonheur, de brise estivale et de joie qui déborde de toutes parts, après un parcours de combattant pas simple du tout. Lo pachout bikhlal…
Ici, on n'est pas dans la sensiblerie ni dans le sentimentalisme. Il y a d'ailleurs peu de larmes. Mais on voit des visages rayonnants et lumineux.
C'est la joie pure, celle qui vient après les épreuves et qui lave tout.
C'est un avant gout de celle que nous ressentirons au moment du dénouement, où nous dirons alors : tout valait la peine.
Il y a dans cette union quelque chose de l'espoir, quelque chose de profondément juif.
Ils se marièrent sous une houppa, kedat Moché veAharon, et eurent beaucoup d'enfants.
Amen. Pour tout Israël.
Bon Tou BeAv à nous tous.





