Me revoilà à Netanya.
Hôtel Résidence, ré'hov Gad Makhness, 5ème étage, chambre 524. Petit balcon pour vue époustouflante sur la Méditerranée.
180° de bleu, en dégradé, du turquoise au bleu marine.
Si vous ajoutez le ciel, c'est 360° d'azur à couper le souffle.
Pas besoin de faire grand-chose, on peut poser les yeux et les reposer sur ce panorama pendant de longues minutes.

En bas, tout petits, j'ai vue plongeante sur les estivants.
Ils vont et viennent.
En tongs, pieds nus, colorés et drapés de tissus fluorescents, bronzés, lunettés, ils attendent l’ascenseur, s'y engouffrent et disparaissent derrière les portes qui se ferment. D'autres les remplacent.
À nouveau, tongs, Crocs, sacs de plage, sacs à dos, chaises pliantes : les portes s'ouvrent. Ils s'engouffrent.
Chapeau de paille et lunettes foncées, moi aussi je descends. Direction Tsanz, et la plage séparée.
Comme, chers lectrices et lecteurs, mes habitudes estivales n'engagent que moi, je vous avoue que je me rends en marge de la plage "des religieux", là où les familles pratiquantes (et décentes), d'un accord tacite, ont élu résidence.
Il y a à côté de moi un jeune couple. Sans doute d'origine yéménite, à cause des longues papillotes de l'homme et de leur teint basané, qui les hâle bien avant l'exposition au soleil.
Ils n'ont pas plus de quarante ans à eux deux.
Une petite fille a déjà béni leur couple. Petit parasol vert et grand bonheur.
Elle a deux ans et un maillot rouge à pois blancs. Ils l'ont assise sur une chaise de plage et eux, assis à ses pieds, à même le sable, béats, ils la regardent et, à tour de rôle, lui donnent la becquée, de la mie d'un sandwich.
La maman me sourit. Elle a vu que je les regarde.
Savent-ils combien de bonheur se dégage d'eux ? De cet instant ?
Je remarque que la maman a gardé ses bas. Même à la mer. Rien à dire.
C'est la pureté à l'état pur. En redondance.
Ce couple me touche.
Voilà.
C'est mon Polaroïd des vacances. La photo sort directement de l'appareil, sans besoin de négatif, de bains compliqués, de révélateurs photographiques.
Personne n'a pris la pose pour essayer d'être plus photogénique.
C'est la photo du bonheur : instantanée et spontanée.
Que D.ieu vous garde, ma petite famille de l'été.




