Vous voulez gagner un prix au Festival du Film de Locarno ?
Faites un bon docu, bien larmoyant, sur la situation des populations palestiniennes à Gaza.
Vous visez plus haut, au très prestigieux Festival du Film de Venise, la Mostra ?
Alors dénoncez les exactions de l’armée israélienne, saupoudrez de mots comme « génocide » à tort et à travers, et trouvez des officiers de Tsahal anonymes, le visage flouté — d’une crédibilité époustouflante... !!! —, qui appuient les dires de tirs intentionnels sur des civils.
Et là, on ne regardera même plus la qualité de votre documentaire, ni sa fiabilité journalistique : les jurés seront soudain unanimes pour récompenser l’œuvre d’art, saluer le courage et l’objectivité des candidats au Lion d’or.
Le trophée est gagné d’avance.
C’est, en substance, la trame des agissements de Yuval Abraham et Rachel Szor, ayant présenté au Festival de Venise il y à 10 jours, un documentaire au titre de « Naza », Nézek Agavi en hébreu, qui signifie « dommage collatéral ». Dans le jargon du renseignement israélien, cela désigne l’estimation du nombre de civils susceptibles d’être tués lors d’une frappe contre une cible militaire. Les réalisateurs récompensés à Venise, ont été ovationnés par un public conquis d’avance.
Intéressant de savoir ce qui se passe dans la tête des deux Israéliens, pour exporter avec tant de véhémence la médisance des leurs vers des cieux étrangers qui, déjà comme ça, ne nous sont guère cléments.
Quelle mouche les a piqués ?
Isaïe disait déjà : « Tes destructeurs et ceux qui te ruinent sortiront de ton propre sein. »
Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, leur a proposé — si vivre en Israël leur insupporte à ce point — de faire leurs valises pour Berlin, ou même Gaza... !?
Miki Zohar, ministre de la Culture, plus vif encore, a appelé à leur retirer la nationalité israélienne.
À grands maux, grands remèdes.
Faut-il chercher un bénéfice du doute à Yuval et Rachel ?
Adultes et vaccinés, pensent-ils vraiment que le public qui les applaudit avec une standing ovation de 25 minutes, salue leur vérité ? Et ne serait-ce pas plutôt la manifestation du plaisir malin à voir des Israéliens s’auto-dénoncer de meurtres qu’ils n’ont pas commis ?
Si éloignés de leur judaïsme, ne savent-ils pas que ce peuple ne peut survivre que grâce à la solidarité et la prudence devant les Gentils ? N’ont-ils pas étudié l’Histoire Juive lors de leurs études à Jérusalem et Béer Chéva ?
Leur vision torse des choses, qui les fait se dresser en juges de leur peuple, en haute instance critique, les pousse à dire, que, justement, leur « israélienneté » les oblige à une minutie éthique particulière.
Sous couvert d’un souci de transparence, de justice et de vérité, d’une hygiène morale parfaite, ils diffament et, en pathétiques explorateurs, apportent sur les écrans de nos détracteurs, l’accusation infâme et millénaire de crime rituel.
En sont-ils conscients ou, aveugles, sont-ils persuadés du bien-fondé de leur démarche ?
D.ieu seul le sait.
Toujours est-il que ces deux réalisateurs autodidactes, jamais passés par une école de journalisme ou d'audiovisuel, enivrés par le succès de Venise, annoncent que leur documentaire sera bientôt diffusé gratuitement sur les plateformes d'Internet et dans les salles israéliennes. Si déjà l’on s’engage sur la pente de la calomnie, autant la dévaler jusqu’au bout...
Pendant sept jours, le Juif abandonne ses murs de pierre et retourne sous un toit de branchages, dans cette fragile Souccat Chalom, cabane de paix, qui a traversé avec lui les exils, les persécutions et les siècles. Il se rappelle que sa maison ne tient pas seulement par ses murs, mais par ce qui unit ceux qui vivent à l’intérieur, et Celui qui les protège de l'extérieur.
On peut contester son gouvernement, interpeller son armée, dénoncer ce que l’on estime devoir être dénoncé. Mais lorsque l’on porte des accusations (non fondées) sur sa propre maison devant des étrangers, faisant fi des dégâts et des dangers que ce déballage obscène va causer, on se demande si nous sommes en train de réparer la maison (comme ils le prétendent), ou plutôt occupés à en arracher nous-mêmes les murs ?





