La journaliste Sivan Rahav-Meir est une personnalité bien connue des médias israéliens. Sa perruque et son engagement sans concession pour Torat Israël ne l'ont pas empêchée de travailler pour les chaînes nationales, à orientation laïque de gauche.
Ce milieu, elle le connaît bien, elle en est issue.
Enfant surdouée, à 14 ans et demi, elle interviewe Its'hak Rabin dans une émission télévisée pour la jeunesse. Pleine d'aplomb, la confrontation avec le Premier ministre ne l'émeut pas plus que ça.

Mais la grande qualité de Sivan, c'est son esprit non formaté capable d'accueillir des opinions différentes des siennes.
Elle possède la vraie tolérance, pas celle qui n'affiche que le pluralisme photogénique de son clan, mais celle qui laisse aux opinions de l'autre une totale légitimité.
À l'adolescence, cette qualité lui a permis de tendre l'oreille au doux son du judaïsme, sa religion, dont elle ignorait tout. Sivan devant la cohérence du message de la Torah, sera prête à une remise en question de ses propres référents.
Une des étapes décisives de son rapprochement du judaïsme se déroulera lors d'un Chabbath dans une famille pratiquante à Béer-Chéva, où elle fut invitée.
La table était belle (et bonne), et la famille qui l'invitait comptait plusieurs générations, dont le grand-père.
À un certain moment, après le poisson, on demanda au petit-fils de 5 ans d'aller chercher sa Tikia – petit portfolio contenant toute la matière apprise durant la semaine sur la Paracha –, car grand-papa allait l'interroger.
Tout fier, il s'exécuta. La section était Lekh Lékha.
Personne ne fit vraiment attention à ce qui se passait, habitué au cérémonial.
Sivan, captivée, oui.
L'enfant répondait à chaque question non seulement avec justesse, mais en élargissant le thème et en manifestant une connaissance exhaustive de chaque verset. Il y avait dans ses réponses une maturité et une compréhension profonde du sujet inhabituel pour un enfant de cet âge. Mais pas seulement. Chacune de ses réponses ouvrait une fenêtre sur un point moral à relever, sur un comportement louable à adopter.
Lorsque le grand-père eut fini de poser les questions de la feuille hebdomadaire, le petit 'Ivri (le nom de l'enfant) retourna à sa place, et l'assemblée reprit sa conversation, pas le moins du monde troublée par ce qui venait de se passer, attendant la suite du repas.
Mais cette scène singulière allait ébranler la jeune Sivan. Ce qu'elle avait vu au cours de ce repas allait la marquer à jamais : c'était en "live" la passation intergénérationnelle d'un patrimoine sacré. Le sien.
Elle était sous le choc. Cette façon d'appréhender son appartenance à Israël par le biais du Texte Saint, déjà à partir de la petite enfance, était tout à fait novatrice pour elle.
Son engagement pour le judaïsme prit alors son envol.
Sivan, nommée au nom du mois du don de la Torah, possède, c'est indéniable, la qualité juive de s'arrêter devant un phénomène hors du commun et d'y porter son attention. Elle ne passe pas son chemin.
Les implications d'un pas vers le judaïsme pratiquant, elle les assuma sans peur, ouvrant le dialogue avec elle-même et les siens, considérant les changements qu'elles pouvaient entraîner sans panique.
Elle se maria avec Yedidia Meir, journaliste et animateur religieux, ils fondèrent une maison juive, et eurent beaucoup d'enfants.
Et diffusèrent leur passion commune, l'amour de la Torah et d'Israël, en famille...





