Nous nous trouvons dans la quatrième semaine du compte du ‘Omer, la semaine où l’on répare la Séfira de Nétsa’h (l’éternité).
Alors, qu’est-ce que Nétsa’h ? La réponse simple est : Nétsa’h, c’est l’éternité — quelque chose qui ne finit jamais. Mais Nétsa’h a un autre sens : la victoire. (La racine de Nitsa’hon, « victoire » est Nétsa’h). Et en réalité, ces deux notions — éternité et victoire — sont liées ! Victoire et éternité vont ensemble : ce qui est éternel est une victoire, et une victoire qui n’est pas éternelle n’est pas une véritable victoire.
Comme l’enseigne Rabbi Nathan de Breslev : l’essentiel de la victoire est une victoire éternelle, c’est-à-dire celui qui mérite de se vaincre lui-même, de vaincre ses désirs et ses mauvais traits de caractère et tout ce qui cherche à l’empêcher d’atteindre le point de vérité et de l’éloigner de son Père qui est au ciel, à D.ieu ne plaise. Puisque son intention est véritablement pour le Ciel, il est toujours vainqueur, quoi qu’il arrive (car celui dont l’intention est véritablement pour la vérité et pour le côté de la sainteté est toujours vainqueur). Chaque action et chaque mouvement, petit ou grand, qu’il accomplit pour cette victoire, demeure pour toujours, pour l’éternité des éternités. Car le Saint béni soit-Il ne prive aucune créature de sa récompense, même pour une belle parole. Comme Isaïe le dit : « Cependant moi je pensais : « En vain je me suis fatigué… Mais non, mon droit est auprès de l'Éternel, et ma récompense auprès de mon D.ieu… » Car seuls Hachem et ceux qui désirent faire Sa volonté en vérité méritent la dimension de Nétsa’h, c’est-à-dire la véritable victoire, celle dont il est dit : « L’éternité d’Israël ne ment pas ». Mais les autres victoires sont toutes mensongères. (Likouté Halakhot, Birkat Hareïya, 5, 2)
En résumé : Si tu es connecté à l’éternité — tu gagnes toujours ! Même si tu n’es pas quelqu’un de très brillant, et que tu n’as pas atteint des accomplissements impressionnants — tu as gagné !
Expliquons un peu : dans ce monde, pour gagner et atteindre un objectif, il faut arriver à un résultat final. Dans une guerre matérielle, la victoire n’existe qu’à la fin de la guerre, et non au milieu, et encore moins au début. Même si un soldat parvient à tuer des dizaines d’ennemis, cela ne s’appelle pas une victoire tant que cela ne mène pas à la défaite finale de l’ennemi. Et ce n’est pas seulement dans la guerre, mais dans tous les domaines de ce monde. Par exemple : un entrepreneur qui entreprend de construire un projet ne sera appelé « vainqueur » que lorsqu’il aura terminé le projet dans son intégralité. Tant que la construction n’est pas achevée, il n’a pas encore gagné. Le ciment qu’il verse dans les fondations et la structure qu’il construit ne sont qu’un chemin vers l’achèvement / la victoire, mais pas la victoire elle-même. On ne peut pas faire une « inauguration du coulage du ciment »… Ce n’est que lorsque la maison sera construite qu’on pourra célébrer l’inauguration. Et ainsi dans tous les domaines : la victoire n’est qu’à la fin. Et si quelqu’un s’arrête en chemin, il ne sera pas appelé « vainqueur ».
Allons plus loin : Ce n’est pas seulement dans le matériel, mais aussi dans le service de Hachem : si l’on n’est pas connecté à Nétsa’h, la victoire n’est pas immédiate. Par exemple : deux personnes étudient avec assiduité un traité du Talmud. L’une étudie pour obtenir un diplôme ou un statut, l’autre pour se rapprocher de Hachem. La première ne gagnera que lorsqu’elle obtiendra ce statut. L’étude elle-même n’est pas pour elle une victoire. Mais la seconde, qui est connectée à Nétsa’h, gagne à chaque instant. Même si elle n’arrive à rien dans la vie, chaque ligne de Guémara est une victoire éternelle ! De même dans le travail sur les traits et les désirs : deux personnes font un régime. L’une pour maigrir, l’autre pour vaincre son désir de manger. La première ne gagnera qu’à la fin. Mais la seconde, chaque fois qu’elle se retient, elle remporte une victoire éternelle !
Comme l’enseigne Rabbi Nathan de Breslev : chaque victoire, quelle qu’elle soit, qu’un homme remporte véritablement pour le Ciel, est extrêmement précieuse aux yeux de Hachem.
Chaque acte, même le plus simple, et chaque petit mouvement par lequel l’homme se renforce pour parvenir à accomplir Sa volonté — comme se renforcer pour prier avec intention et force, ou briser un trait de caractère, ou s’éloigner d’un désir, et ainsi de suite — à plus forte raison encore lorsqu’il se renforce pour vaincre les obstacles et pour se rapprocher d’un véritable Rabbi, dont dépend toute sa vitalité pour l’éternité, chaque mouvement et chaque mouvement qu’il accomplit en ce sens est extrêmement précieux aux yeux de Hachem. Car dès qu’il accomplit un acte ou un simple mouvement pour Sa volonté, il remporte immédiatement une grande part de la victoire véritable et éternelle, car c’est là l’essence même de la véritable victoire : une victoire qui demeure pour toujours, car aucun bon désir n’est jamais perdu. Chaque mouvement de victoire dans la sainteté demeure pour l’éternité, comme expliqué ci-dessus. Car Tu es élevé pour l’éternité, ô Hachem.”
En pratique…
Pour gagner dans le service d’Hachem, il n’est pas nécessaire de réaliser de grands projets ou de conquérir des sommets. Tout ce que tu parviens à faire est une victoire éternelle…




