Parmi toutes les fêtes juives, s'il y en a une qui demande un grand investissement, c'est bien Pessa'h. Des premiers coups de serpillère en passant par les courses et le changement d'alimentation durant une semaine, Pessa´h se caractérise par un grand sacrifice de soi : la Messirout Néfech.Heureusement, la récompense est proportionnelle à l’effort, assure le Talmud à plusieurs reprises. Et quelle récompense ! Ces enfants qui ont vu, petits, leurs parents s’investir de toutes leurs forces pour Pessa’h deviendront eux-mêmes un maillon fort de la chaîne pour perpétuer notre tradition. Ils proclameront : « Ma mère a toujours agi ainsi ! »

En introduction à son Séder familial, le Rav Yom Tov Lippman déclarait : « Comment savons-nous ce que nous devons faire ce soir-là ? Comment tous les habitants de Kelm savent ce qu’il faut faire cette soirée-là ? Car ils l’ont vu de leurs parents qui l’ont vu de leurs parents etc., et ce à travers toute l’histoire juive. Les Sages du Talmud, les prophètes, les Anciens et ainsi de suite jusqu’à Moché et Aharon, Calev et Yéochoua, cette génération du désert à qui Hachem a dit en face : « Avez-vous vu mes actions en Egypte ? »

Ainsi, l’enjeu du Séder est gigantesque : transmettre le flambeau du peuple juif qui défie l’histoire depuis plus de 3 300 ans (depuis l’an 2448, date du don de la Torah, jusqu’à 5776, l’année actuelle). On s’accoudera tels de riches romains, on tremblera en écoutant les atrocités des Egyptiens, et on rendra grâce à Hachem pour nous avoir sauvés en personne et pris pour peuple ! Plus cette soirée sera belle, plus elle cimentera la foi de nos enfants.

A cette occasion, la Torah nous donne un véritable cours d’éducation à travers l’exemple des 4 enfants : attention à bien adapter son discours à chacun, car le message doit impérativement passer !

La Mitsva du récit de la sortie d’Egypte est donc critique. Chaque papa, chaque maman oubliera la fatigue du ménage (voir avec un Rav ce qui est vraiment nécessaire) pour préparer des histoires, des cadeaux et des gourmandises afin que chacun comprenne le bonheur d’être juif et la joie d’être libre.

Selon son âge, chaque enfant doit avoir un rôle clé dans cette soirée : lecture d’une partie de la Haggada, explication des plaies, petite pièce de théâtre, chants de Ma Nichtana et de ‘Had Gadya, cachette pour l’Afikomane… Chaque parent aura à cœur d'orchestrer la valorisation de chaque enfant de 2 ans à… 25 ans.

Emoussons les dents du mauvais penchant qui peut nous inciter à accélérer le Séder lorsqu’il est déjà tard, à raconter les derniers déboires du Barça ou à détailler les meilleurs moments du mariage d’une cousine… Quel dommage de gâcher ce moment si particulier !

Prenons garde également à ne pas installer les enfants sur une petite table au fond du salon alors qu’ils doivent être les principaux acteurs du Séder.

Comment être sûr d’avoir réussi cette soirée si spéciale ? Valorisés et épuisés, les enfants doivent se coucher en gardant à l’esprit les miracles d’Hachem, le bâton de Moché, les Egyptiens paniqués etc., tout en étant persuadés qu’être juif, c’est le plus beau des cadeaux…

Nb : Selon la plupart des décisionnaires, il n’y a aucun problème à consommer des aliments légers (fruits, légumes, boissons) jusqu’à l’allumage des bougies afin de déborder d’énergie pour le Séder.