Pour nous, la fête de Pessa’h c'est : 

Les années précédentes, nous avons un peu oublié la signification de Pessa’h, et au lieu de nous concentrer sur les raisons pour lesquelles cette fête a été instaurée, nous nous soucions principalement du nettoyage, du ménage, et de rendre la maison pimpante. Bien sûr, cela est une bonne chose, tant que cela ne se fait pas au détriment du reste, et aussi longtemps que l'on en n'oublie pas le sujet principal.

En fait, la fête de Pessa’h c’est :

Il y a plusieurs facettes à la fête de Pessa’h, que l'on va rapidement aborder ici. En gros, nous devons nous souvenir de la Shoa subie par notre peuple en Egypte exactement comme nous nous souvenons de celle infligée par les Nazis. Il y a de nombreuses preuves historiques (notamment celle du papyrus égyptien retraçant les 10 plaies). Et au-delà des histoires connues, comme les bébés mâles jetés dans le Nil ou la traversée de la Mer rouge, si l'on creuse bien dans ces récits, on découvre des choses terribles comme le fait que les Égyptiens se servaient d'enfants hébreux pour pallier le manque de briques et boucher les trous des constructions (cela ne vous parait pas assez parlant ? Former des savons à partir de restes humains vous parait-il plus logique ?), ou encore les 10 plaies qui ont été beaucoup plus traumatisantes qu'il n'y parait.

Mais finalement, en l'an 2448 après la Création du monde, le 15 Nissan, le peuple hébreu est sorti d'Egypte, et nous nous devons de nous remémorer des miracles qui leur sont arrivés, ainsi que les difficultés et les frayeurs qui ont été le lot des pères de nos pères. En principe, on a l'habitude lors du Seder de Pessa’h de "raconter à nos enfants", de transmettre ces évènements à la jeune génération. C'est pour cela qu'il existe de nombreux Minhagim (coutumes) spécifiques à la nuit de Pessa’h qui poussent nos enfants à demander d'eux-mêmes "Ma Nichtana ?" (NdT : "Qu'est-ce qui est spécial ce soir ?"), c'est-à-dire à stimuler leur curiosité afin qu'elle soit exprimée par eux-mêmes. C'est cela la véritable signification de la fête de Pessa’h. Et il faut reconnaître que la poussée dans les glissières de la fenêtre de la chambre à coucher l'est un peu moins…
 

Pour nous, les Matsot c'est :

On nous a raconté au Gan que la pâte préparée par les Hébreux n'avait pas eu le temps de lever lors de leur sortie d'Egypte, et que c'est pour cela que nous mangeons de la Matsa. Pourtant, D.ieu nous a ordonné de manger des Matsot avant même la sortie du pays d'esclavage.

En fait, les Matsot c'est :

Il est une raison supplémentaire qui fait de la Matsa elle-même une sorte d'idéal, porteur d'un message, d'une déclaration. La Matsa est un pain sans air, sans volume et sans ferment. Alors que toute l'année nous mangeons du pain gonflé, et donc apparemment "arrogant", la Matsa fait plutôt figure d'icône d'humilité, de vérité, de simplicité. C'est pourquoi, Pessa’h est aussi une fête d'introspection : de la même façon que nous essuyons la poussière (en option, comme mentionné plus haut), nous devons faire disparaitre la poussière de notre fierté, réduire l'enflure de notre ego pour atteindre notre véritable but, notre intériorité raffinée, la simplicité. C'est cela la Matsa.
 

Pour nous, les 4 fils de la Haggada c'est :

Les quatre fils semblent symboliser des réponses différentes à toute la Haggada. Le sage, respectant l'ordre et la tradition, ne pense pas à taquiner ni à protester, mais pose de vraies questions sur "les éléments de preuve, les lois et la justice". En revanche, le Racha'(mécréant) demande : "Qu'est-ce que ce travail pour vous?" ; en employant le terme "vous", il se retire de la communauté, comme si ce travail ne le concernait pas.

Le simple n'est pas une personne idiote, mais ce n'est pas non plus un grand intello. Il a bon cœur et fait preuve d'une curiosité saine. Il veut juste savoir de quoi il s'agit : pourquoi tout le monde s'embête-t-il à éradiquer le'Hamets, à préparer le Séder, et à ébouillanter les ustensiles de cuisine ? Donc, la réponse est "et dites-lui", c'est-à-dire racontez-lui les événements historiques, l'excitation de passer d'une masse d'esclaves indigents à celui d'un peuple d'hommes libres.

Et le fils qui ne sait pas poser de questions ? Il est tout simplement naïf ou indifférent. Alors il faudra lui ouvrir le cœur afin qu'il comprenne et qu'il puisse lui aussi poser des questions.

En fait, les 4 fils de la Haggada c'est :

Si l'on creuse un peu, on découvre que les quatre fils se trouvent en chacun d'entre nous. Il y a en nous un peu du sage, qui veut apprendre, s'éduquer et rompre la chaine des préjugés. Mais nous avons aussi un peu du Racha', qui s'impatiente de cette Haggada qui retarde le repas, ou du fils simple qui ne comprend rien à l'histoire. Et enfin, de celui qui ne sait pas poser de questions, qui ne s'intéresse pas, ne demande rien, qui vit sa petite vie tranquille sans trop s'intéresser aux Mitsvot et aux Halakhot.
 

Pour nous, l'Afikomane c'est :

Certaines familles ont l'habitude que les adultes cachent l'Afikomane pour que les enfants la trouvent. Dans d’autres, les enfants subtilisent l'Afikomane et ne la rendent que si les adultes leur promettent un joli cadeau.

En fait, l'Afikomane c'est :

Le mot Afikomane est composé de deux mots grecs "Afiko" et "Mane" qui signifient "ils ont servi le dessert". Cela veut dire que nous sommes arrivés à la fin du repas et que cela constitue notre dessert. Après avoir dégusté l'Afikomane, nous ne devons plus rien avaler (le dessert peut toutefois être pris avant) au titre que nous conservons le goût de la Mitsva. Le souvenir du Korban (sacrifice) à l'époque du Beth Hamikdach doit nous rester en bouche. En d'autres termes, tous ces jeux de cache-cache avec l'Afikomane ne relèvent pas du domaine halakhique mais d'une tradition qui permet de garder les enfants éveillés toute la soirée du Séder. Et la preuve, ça marche !