À la veille de Roch Hachana, tandis que chacun s’active dans les derniers préparatifs de la fête, une ancienne coutume consiste à se rendre au cimetière, sur les tombes des Tsadikim et de nos proches disparus. Je la pratique moi-même depuis toujours, accompagné de mes enfants.
Plus qu’un moyen d’augmenter mes mérites à l’approche du Jour du Jugement, elle est aussi devenue, avec le temps, je pense, un moment d’éducation : voir leur père se déplacer pour invoquer le mérite des défunts avant un jour aussi capital pour l’année leur enseigne, je crois, la soumission et l’humilité bien mieux qu’aucun discours ne le ferait. Il me semble que cela renforce véritablement leur Émouna.
D’où vient cette coutume ?
Rabbi Moché Isserlès (le Rama) enseigne (Ora’h ‘Haïm 581, 4) que l’on a l’habitude, la veille de Roch Hachana, de se rendre au cimetière et d’y multiplier les supplications afin d’éveiller notre cœur à l’approche du Jour du Jugement.
Plusieurs autres raisons sont données par les décisionnaires.
Ce jour étant propice à la résurrection des morts, les défunts sont davantage disposés à intercéder auprès d’Hachem afin que nos prières soient agréées et qu’ils puissent eux-mêmes mériter de ressusciter. (Ma’avar Yabok, Sifté Renanot, chap. 24)
La prière récitée près d’un lieu où reposent des personnes méritantes est plus pure, ce qui aide nos prières à monter plus facilement vers Hachem. (Michna Broura, Ora’h ‘Haïm 581, 27.)
Nos proches disparus, en particulier, connaissent mieux que quiconque nos besoins et nos souffrances. Ils peuvent ainsi plaider notre cause auprès d’Hachem avec une tendresse toute particulière. (Séfer ‘Hassidim, §450)
À qui adresse-t-on nos prières ?
Un point mérite d’être rappelé : celui qui s’y rend ne doit jamais adresser ses demandes aux défunts eux-mêmes, mais implorer la miséricorde d’Hachem par leur mérite.
Rappelons également que les Cohanim ne peuvent pas entrer dans un cimetière, pas même pour se recueillir sur la tombe d’un Tsadik.
Il est par ailleurs recommandé de donner de la Tsédaka avant de s’y rendre.
Des Tsadikim plus près qu’on ne le pense
Quand on cherche, on trouve… ou presque ! En Israël comme au Maroc, les tombes de Tsadikim foisonnent, et il n’est pas difficile d’aller se recueillir sur celles de géants de la Torah de toutes les époques. On sait beaucoup moins qu’il en existe également en France.
Voici quelques idées dans plusieurs pays où notre magazine est lu, réparties par région.
France
Paris (Île-de-France) — Rav David Sintzheim, président du Grand Sanhédrin et premier Grand Rabbin de France : cimetière du Père-Lachaise.
Marseille — Rabbi Chalom Abi’hssira, petit-fils du Abir Ya’akov et Dayan de Colomb-Béchar pendant 42 ans : cimetière de la Timone, à Marseille.
Metz (Grand Est) — Rav Aryeh Leib Ginzbourg, le Chaagat Arié, immense maître du Talmud : ancien cimetière israélite de Metz.
Près de Troyes (Aube) — Rabbénou Tam, petit-fils de Rachi : Ramerupt.
Angleterre
Londres — Rabbi Chalom Moskowitz, le Shotzer Rebbe : cimetière Adath Yisroel, à Enfield, près de Londres.
Belgique / Pays-Bas
Près d’Anvers — Reb Itsikel de Pshevorsk : cimetière de Putte, aux Pays-Bas.
En Israël, l’embarras du choix
Il y en a tellement, Baroukh Hachem, du nord au sud, que vous n’aurez aucun mal à en trouver près de chez vous.
Pour ma part, je me rends chaque année au cimetière de Har Haménou’hot, à Jérusalem, où je prie sur la tombe de mes grands-parents, mais aussi sur celles du ‘Hida, du Rav Mordekhaï Eliahou, du Rav Moché Feinstein, de l’Admour de Belz, du Rav Chalom Messas et du Ba’al Hassoulam, tous enterrés à proximité les uns des autres.
À Bné Brak, au cimetière de Ponievicz, on peut notamment se recueillir sur les tombes de Rabbi Meïr Mazouz, du Rav ‘Haïm Kanievsky et du Rav El’azar Ména’hem Man Chakh.
À Jérusalem toujours, vous trouverez la tombe du Rav Yossef ‘Haïm Sitruk au mont des Oliviers, ainsi que celles du Rav 'Ovadia Yossef et du Rav Arié Levine au cimetière de Sanhédria.
Une coutume qui ne doit pas devenir une contrainte
Cette coutume ne doit pas devenir une source de stress alors qu’il reste encore beaucoup à faire avant l’entrée de la fête. Le mieux est de s’y rendre tôt, juste après la prière du matin. Le but est de se recueillir dans le calme, et non de bousculer toute l’organisation familiale.
À l’approche de Roch Hachana, puissions-nous être inscrits pour une année de bénédiction et de vie !





