A travers des propos de Rav Moché Feinstein, ce cours explique en quoi il est bon que les familles religieuses invitent chez elles des gens qui sont loin de la Torah, et en quoi cela peut parfois être dangereux.

Nous vivons actuellement dans la période que la Guemara appelle ikvéta déméchi'ha. Il s'agit de la période qui précède la venue du Machia'h, dans laquelle règne une telle confusion que nous ne savons plus qui croire. 

Pour ne prendre qu'un seul exemple, certains médecins disent qu'il faut absolument se faire vacciner contre le Corona, alors que d'autres ne recommandent pas du tout ce vaccin ; et personne ne sait où est la vérité. 

La seule chose que nous pouvons faire est de mettre notre confiance en Hachem, et c'est uniquement sur Lui que nous pouvons compter. 

D'ailleurs, le nombre de gens qui, de nos jours, veulent revenir à la Torah est impressionnant. Et il y a quelques années, personne ne l'aurait imaginé. 

La Torah nous demande d'aider celui qui veut se rapprocher de la Torah ; de lui enseigner ce qu'on peut lui enseigner. 

Elle nous demande de nous soucier des possessions matérielles de notre prochain (en lui ramenant par exemple un objet qu'il a perdu si on l'a retrouvé, ou en l'aidant à décharger son âne si celui-ci croule sous sa charge) et, à plus forte raison, de son état spirituel. 

La maison d'un juif doit être ouverte aux invités, à l'image de celle d'Avraham Avinou. Les Béné Israël sont ra'hmanim (miséricordieux), et ils n'hésitent pas à renoncer à leur confort matériel lorsque c'est nécessaire pour aider autrui. 

Cependant, lorsque la personne qui voudrait être invitée chez nous est très éloignée de la Torah, doit-on quand-même l'inviter ? Lorsqu'elle ne fait pas Chabbath, par exemple, est-ce une bonne chose de la faire venir à notre table de Chabbath ? 

Lorsque Rav Moché Feinstein a été interrogé sur la question "Qui pouvons-nous recevoir chez nous ? Quelle est la limite ?", il a expliqué : 

"Parmi les quatre espèces de Soukkot, il y a la arava (feuille de saule). C'est une plante dont les feuilles sont longues, et la tige est rouge. Mais il existe une autre sorte de arava, qui s'appelle tsaftséfa, et au sujet de laquelle la Guemara dit qu'elle est ronde, et que sa tige est blanche. 

La arava n'a ni goût, ni odeur. Elle représente le Juif qui n'a ni Torah, ni mitsvot. Et pourtant, nous la prenons avec nous dans le bouquet des quatre espèces de Soukkot. Et ceci nous montre qu'en permettant aux Juifs très éloignés de la Torah de vivre dans une ambiance de Torah (en les invitant un Chabbath chez nous, par exemple), on leur permet de se rapprocher de celle-ci. On leur donne envie de la connaître, et d'y progresser.

Et effectivement, beaucoup de gens sont devenus religieux grâce à des gens religieux qui les ont accueilli chez eux et leur ont fait connaître la Torah. 

Le fait qu'une personne ne soit pas suffisamment religieuse n'est donc pas une raison valable pour ne pas l'inviter chez soi, à condition toutefois qu'elle soit "rouge comme la tige de la arava", c'est-à-dire qu'elle ressente une certaine gêne du fait de ne pas connaître la Torah (ou accomplir les mitsvot) comme il le faudrait. 

On les accueille quand-même avec joie, car en vérité, elles aimeraient bien être mieux que ce qu'elles sont maintenant, comme le rappelle d'ailleurs les feuilles de la arava qui les symbolisent. L'adjectif "méchoukha" est en effet employé à propos de cette arava. Il signifie "longue" mais indique aussi que ces gens viennent chercher (en hébreu "limchokh") quelque chose. Ils veulent connaître la vérité et s'améliorer ; et nous devons donc la leur enseigner et de les y aider. 

Si, par contre, les gens non-religieux ressemblent à l'autre sorte de arava (celle dont la tige est blanche), c'est-à-dire qu'ils n'ont pas du tout honte de leur comportement, ne veulent pas apprendre quoi que ce soit et veulent au contraire tirer les autres vers leur mauvais comportement, nous ne devons pas les accueillir chez nous". 

Il n'est pas forcément interdit de les inviter, mais il faudra bien réfléchir avant de le faire. Car ces personnes pourraient hass véchalom avoir une influence néfaste sur les membres de notre famille, dont nous sommes responsables. 

Lorsque nous pouvons aider un Juif à se rapprocher de la Torah, nous devons le faire. Mais si cela devient dangereux pour notre propre famille, nous devons en tenir compte.

La responsabilité que nous avons envers notre famille est encore plus grande que celle que nous avons envers des gens extérieurs à elle. 

Retranscription Léa Marciano