Étincelles de lumière émanant de la figure du vénérable et Tsadik Rabbi David Bousso.
Gendre de Rabbi Israël Abi'hssira (Baba Salé)
Fondateur et président des institutions « Maor Israël », Jérusalem.
Décédé, le 8 Adar 5783 (2023).
L’histoire de la vie du grand maître, Rabbi David Bousso, est à la fois saisissante et profondément inspirante. Toute son existence fut marquée par une assiduité remarquable dans l’étude de la Torah, par un dévouement constant au service de la collectivité, par le rapprochement des cœurs et par l’éducation des enfants d’Israël dans l’esprit de la tradition ancestrale.
Sa vie fut faite d’une activité spirituelle intense, portée par un profond dévouement et une attache constante au Créateur. Elle fut également habitée par une peine intérieure, toujours vive, face à la destruction du Beth Hamikdach et à l’exil de la Présence divine. Les nombreuses épreuves qui jalonnèrent son parcours furent accueillies avec amour et sérénité, avec la même gratitude que celle que l’on exprime pour les bienfaits.
Durant toute sa vie, il se consacra à l’enseignement de la Torah et forma de nombreux érudits éminents. À cette mission, s’ajoutaient une bienveillance rayonnante et une affection sincère pour chaque Juif, qu’il encourageait par des paroles de foi et d’espérance, accompagnées de bénédictions qui portaient leurs fruits. Sa conduite était marquée par une grande austérité et par une quête constante de sainteté.
Ses quatre-vingt-treize années d’existence furent autant de leçons de service divin. Chaque instant semblait constituer à lui seul un chapitre d’enseignement, et l’ensemble de sa vie forme comme un livre vivant de morale et de sagesse, transmettant à tous un message de foi et de sainteté.
Rabbi David Bousso naquit le 22 Nissan 5690 (1930) à Buenos Aires, capitale de l’Argentine. Il était le fils de Rabbi Moché Bousso et de la pieuse Rabbanite Sarah.
Alors qu’il n’était encore qu’un enfant d’environ huit ans, son père disparut soudainement, le laissant orphelin. Ses frères, eux-mêmes animés d’une profonde piété, participaient déjà à la subsistance de la famille durant ces années difficiles. Lorsqu’il comprit qu’il devait lui aussi contribuer à l’effort familial, il s’imposa de ne jamais le faire au détriment de ses heures d’étude, faisant preuve d’une véritable abnégation pour préserver son attachement à la Torah.
Sa mère, la Rabbanite Sarah ז״ל, fonda dans sa propre maison une synagogue et une maison d’étude. Avec un dévouement remarquable, elle consacra l’une des trois pièces de leur modeste logement - où vivaient neuf personnes - à un lieu de prière et à un Kollel où des érudits étudiaient la Torah tout au long de la journée. Elle y rassemblait également de jeunes garçons afin de les encourager à se consacrer à l’étude et à ne pas se laisser entraîner vers d’autres voies. Cette initiative constitua en réalité la première pierre de la grande communauté « Chouva Israël » qui se développa par la suite à Buenos Aires.
Sa mère souhaitait le marier jeune, comme ses frères. Mais lui aspirait de tout son être à se consacrer à l’étude de la Torah et ne voulait pas fonder un foyer tant qu’il demeurait en terre étrangère. Chaque fois qu’elle lui rappelait qu’il était en âge de se marier, il répondait avec un sourire : « J’ai déjà une fiancée. »
Un jour, intriguée, elle insista pour voir cette fameuse fiancée. Il l’emmena alors à la synagogue, ouvrit l’arche sainte, désigna le rouleau de la Torah et lui dit : « Voici ma fiancée. »
Bien des années plus tard, l’un de ses compagnons d’étude de cette époque confia à son fils : « Sache que nous formions en Argentine un petit groupe d’étudiants tous très assidus. Mais ton père était le seul qui se promenait partout avec une Guémara à la main. »
Son désir de monter en Terre sainte était ardent. Il consacra près d’une année à organiser son départ, puis embarqua sur un bateau pour un voyage d’environ quarante jours, accompagné de son ami Rabbi Ya’akov Epstein, membre de la communauté orthodoxe de Jérusalem. C’est ainsi qu’ils atteignirent enfin la Terre d’Israël.
Plus tard, le Rav Moché Sternbuch raconta au fils de Rabbi David Bousso, le Rav Moché Éliyahou Bousso : « Je me souviens de leur arrivée en Terre sainte. À l’époque, c’était chose très rare ; on avait presque l’impression de voir des hommes tombés de la lune… »
À son arrivée en Terre sainte, vers l’année 5709 (1949), il consacra ses matinées à l’étude à la Yéchiva Porat Yossef, sous la direction de Rabbi ‘Ezra Attia. Il y étudia en binôme avec plusieurs des plus grands travailleurs de la Torah de la Yéchiva : le Rabbi Chalom Mizrahi, auteur du responsa Divré Chalom, le Rabbi Amram Azoulay, le Rav Ezra Batsri, ainsi que d’autres figures marquantes.
Il racontait également se souvenir de l’assiduité remarquable dans l’étude de Rabbi Chalom Cohen, qui était de son âge. Lorsqu’on l’interrogeait au sujet de Rav ‘Ovadia Yossef, il répondait : « Je me souviens de lui plongé dans l’étude toute la journée, mais il avait plusieurs années de plus que moi et je n’ai pas eu le mérite d’étudier avec lui. »
La seconde moitié de la journée, et jusqu’aux heures avancées de la nuit, il poursuivait son étude à la Yéchiva de Mir, où il pouvait également prendre son repas de midi et se reposer. Il partageait sa chambre avec le Rav Aryé Shechter, qui lui portait une très grande estime ; même dans sa vieillesse, chaque fois qu’il le rencontrait, il l’accueillait avec une vive émotion, l’embrassant jusqu’aux larmes. À la Yéchiva de Mir, il étudia notamment auprès de Rabbi Haïm Shmoulevitz, dans la maison duquel il était presque considéré comme un membre de la famille.
Après quelques années d’étude d’une intensité exceptionnelle, sa réputation se répandit dans tout Jérusalem et dans le quartier de Méa Chéarim. C’est alors que Baba Salé exprima le souhait de lui donner sa fille, la Rabbanite Avigaïl, en mariage.
Rabbi David racontait qu’en entrant pour la première fois dans cette maison et en découvrant l’atmosphère de pudeur et de sainteté qui y régnait, il adressa en son cœur une prière au Ciel : mériter d’épouser une jeune femme issue d’un tel foyer. Le Baba Salé l’examina pendant près de deux heures sur les passages talmudiques qu’il étudiait alors. Lorsqu’il quitta la maison, Baba Salé déclara à ses proches à son sujet :
« Car je t’ai reconnu comme un juste dans cette génération. »
Des dizaines d’années plus tard, Baba Salé sortit de sa réserve habituelle et affirma devant les membres de la famille :
« Sachez-le : Rabbi David est un véritable homme de piété. »
Environ deux semaines avant le mariage, Baba Salé retourna vivre au Maroc. La situation spirituelle en Terre sainte lui causait alors une grande peine. Avant son départ, il demanda à son frère, Baba Haki, de veiller à tous les préparatifs de la cérémonie.
Le mariage eut ainsi lieu sous la ‘Houppa célébrée par Rabbi Ezra Attia, entouré des Sages et Rabbanim de la Yéchiva Porat Yossef, aux côtés des maîtres de la Yéchiva de Mir et des éminentes figures spirituelles de Jérusalem.
Après son mariage, son mode de vie impressionnait tous ceux qui l’observaient. Il rentrait chez lui au milieu de la nuit, après une journée entière consacrée à l’étude, puis poursuivait encore pendant deux heures supplémentaires. La voix de la Torah résonnait ainsi jusque tard dans la nuit dans sa maison. Plus tard, il modifia quelque peu son emploi du temps : à ces heures-là, il se levait déjà de son court sommeil pour réciter le Tikoun ‘Hatsot, étudier et se préparer à la prière du matin.
Après plusieurs années passées en Terre sainte, il fut appelé à retourner dans sa ville natale afin d’y enseigner la Torah et de raviver la vie spirituelle de la communauté. Alors qu’il se trouvait au sommet de son développement dans l’étude, il accepta de repartir en exil pour cette mission. Il racontait souvent l’accueil enthousiaste que lui réservèrent les Juifs d’Argentine, qui voyaient en lui un messager venu leur transmettre la Torah.
Quelques années plus tard, la famille s’installa en France, qui devait initialement être une simple étape avant leur retour en Israël. Mais Baba Salé leur demanda de rester sur place afin de renforcer la vie religieuse locale. Ce n’est qu’après environ dix-sept ans que, venus en Terre sainte pour la fête de Pessa’h, ils demandèrent au Baba Salé s’il était temps pour eux de s’y établir définitivement. Il leur répondit : « À présent, si vous le souhaitez, vous pouvez monter en Israël. » Ils organisèrent aussitôt leur départ et s’y installèrent.
Parmi les actions qui marquèrent particulièrement son activité, on retient son engagement pour la production de ‘Halav Israël. Constatant que ce lait contrôlé selon la loi juive n’était pas disponible, il déploya beaucoup d’efforts pour en rendre la production possible. Il n’en tira presque aucun bénéfice personnel et n’agissait que pour l’honneur du Ciel. Lorsque l’activité commença à devenir rentable, il la confia à d’autres responsables.
Il s’investit également avec une grande rigueur dans le domaine de la Ché’hita (abattage rituel). Il introduisit de nombreuses exigences halakhiques, appliquant des précautions qui n’étaient alors guère pratiquées dans ces régions - notamment concernant certaines vérifications des nerfs et des tendons. Le Rav Barkats raconta d’ailleurs, durant la semaine de deuil, qu’il possédait une compétence exceptionnelle pour préparer et affûter des couteaux parfaitement lisses pour la Ché’hita.
Lorsqu’il monta définitivement en Israël, il y a environ quarante-cinq ans, il s’installa dans le quartier de Ramot Alef à Jérusalem. Il y découvrit avec douleur un véritable désert spirituel. Après s’être renseigné, il constata qu’il n’existait dans tout le quartier aucun Talmud Torah et que la majorité des habitants n’observaient pas la Torah et les Mitsvot.
Profondément préoccupé par l’éducation des enfants d’Israël, et avec la bénédiction et l’encouragement de son illustre beau-père, Baba Salé - dont l’amour du peuple juif brûlait au cœur - il fonda avec un grand dévouement l’école orthodoxe « Maor Israël ». À ses débuts, l’établissement se consacrait principalement au rapprochement de familles éloignées de la tradition. De nombreuses familles commencèrent à y inscrire leurs enfants ; il arrivait souvent qu’un enfant, en se rapprochant du judaïsme, entraîne ensuite ses parents et toute sa famille sur ce chemin.
Le Baba Salé souffrait profondément de voir que tant d’enfants juifs ne recevaient pas l’éducation qui leur revenait. Il suivait avec un vif intérêt le développement de l’école orthodoxe et l’accompagnait à chaque étape. Il déclara à plusieurs reprises que de telles institutions, qui rapprochent les enfants d’Israël de leur Père céleste, contribuent à hâter la délivrance. Encouragé par ces paroles, son gendre consacra toute son énergie à consolider et à développer l’établissement, fondant également un Kollel pour de jeunes érudits et formant des rabbins dont l’enseignement rayonna dans toute la région.
Au fur et à mesure de l’essor des institutions, son fils aîné, le Rabbi Moché Éliyahou Bousso, aujourd’hui à la tête des institutions « Maor Israël », se tint à ses côtés et élargit encore cette œuvre de rapprochement des enfants d’Israël vers leur Père des cieux. Avec le temps, à mesure que le quartier se renforçait sur le plan religieux, l’école juive orienta davantage son action vers l’éducation des enfants issus de familles déjà pratiquantes, dans l’esprit fidèle de la tradition d’Israël. Une équipe pédagogique dévouée et compétente accompagne les élèves avec une attention particulière, les aidant à progresser dans leurs études et leur proposant de nombreuses activités éducatives. Grâce à D.ieu, l’institution voit grandir des générations d’élèves qui s’élèvent dans l’étude de la Torah et la sainteté, et qui fondent à leur tour des foyers solides en Israël.
Après avoir vécu environ vingt-cinq ans à Ramot, il s’installa à Guivat Shaoul. Quelques années plus tard, il déménagea dans le quartier de Har Nof, où il devint le voisin de l’ancien Grand Rabbin d’Israël, Rabbi ‘Ovadia Yossef, qui lui témoignait une grande affection et un profond respect, ainsi qu’à son épouse, la Rabbanite.
Ses qualités morales étaient d’une élévation remarquable. Nous n’en évoquerons ici que quelques traits essentiels.
La Émouna (foi en D.ieu)
Sa foi était presque palpable. Quiconque échangeait quelques mots avec lui le ressentait immédiatement, tant à travers ses actes que dans ses paroles. Il ne cessait de louer et de remercier le Créateur, cherchant sans relâche à comprendre ce que D.ieu attendait de lui à chaque instant. On percevait clairement que rien, dans ce monde, ne comptait à ses yeux en dehors du service divin. Dans les situations difficiles où beaucoup se troublent, il avait coutume de dire simplement : « Que veut Hachem de moi en cet instant ? »
Même lorsqu’il eut la douleur de perdre un fils, puis plus tard une fille, il accueillit le décret du Ciel avec amour et confiance, dans un silence absolu, sans qu’aucune plainte ne franchisse jamais ses lèvres.

Rabbi David Bousso, aux côtés de son illustre beau-père, Baba Salé
La confiance en D.ieu
Sa confiance dans le Créateur était totale. Il ne craignait rien ni personne - pas même ce que la tradition appelle « l’ange destructeur ». Dans les dernières années de sa vie, il disait avec simplicité que cet ange était déjà venu le voir et qu’il l’avait renvoyé.
Il se levait souvent au cœur de la nuit pour se rendre aux synagogues et aux bains rituels, sans la moindre crainte, même dans des endroits qu’il ne connaissait pas. Lors de ses funérailles, son voisin et proche ami, Rav Aryé Dery, raconta qu’il l’observait parfois depuis sa fenêtre dans ses dernières années : il craignait à chaque instant qu’il ne trébuche, mais la Providence le gardait.
Le Rav ‘Haïm Ziat rapporta également qu’un matin de forte neige, il l’avait vu se rendre au Mikvé à l’aube. En le voyant ensuite gravir les marches menant jusqu’à la rue Hakablan, il douta qu’il puisse le faire sans tomber et voulut l’aider. Mais à chaque pas, c’était lui-même qui glissait et risquait de tomber ; il craignit qu’en tentant de l’assister, il ne les fasse chuter tous les deux. Pourtant, celui qui veille sur Israël ne sommeille ni ne dort : Rabbi David continua son chemin sans tomber, avançant avec l’assurance d’un jeune homme, alors qu’il approchait déjà des quatre-vingt-dix ans.
Même lorsqu’il vivait en France, il ne se souciait jamais du regard des autres, même si son comportement pouvait paraître étrange. Il lui arrivait par exemple de mettre les Téfilin dans le train, entouré uniquement de non-juifs, et de poursuivre son étude ainsi, sans prêter la moindre attention à ce qui l’entourait. Son attitude demeurait toujours paisible et sereine : rien ne laissait paraître des fluctuations d’humeur. Il avançait dans la vie avec une tranquillité constante, tel un enfant apaisé auprès de sa mère.
Sa relation avec autrui
Durant toute la semaine de deuil, de nombreux membres de la famille témoignèrent de la même chose, et tout particulièrement son épouse - qui partagea sa vie près de soixante-dix ans : jamais elle ne l’avait entendu dire du mal de qui que ce soit. Ni médisance, ni propos malveillant, ni commérage. Il évitait de parler des gens, même lorsque certains lui avaient causé du tort ; non seulement il n’en disait rien, mais il continuait à entretenir avec eux des relations empreintes d’amitié.
La Rabbanite racontait qu’un jour il revint de l’étranger avec une petite somme d’argent qu’il avait péniblement recueillie pour les institutions qu’il dirigeait. Un homme, présenté comme un ami, vint alors lui demander un prêt pour une courte période. Il lui remit sans hésiter tout l’argent qu’il avait collecté. Par la suite, il apparut que cet homme n’avait jamais eu l’intention de rembourser. La Rabbanite lui demanda pourquoi il lui avait prêté une telle somme. Il répondit simplement, avec une grande naïveté : « C’est sans doute qu’il en avait besoin. » Puis il ajouta : « Tu verras, je serai encore son ami. »
Jamais il ne se trouva mêlé à une querelle ou à une dispute ; toute forme de conflit lui était étrangère.
Ainsi, lorsqu’il loua un local pour y enseigner aux enfants lors de la fondation de l’école orthodoxe Maor Israël, il mit l’endroit à disposition pour les offices du Chabbath. Au bout d’un certain temps, ceux qui y priaient finirent par s’approprier les lieux. Il ne protesta pas, ne chercha pas à se disputer et ne prononça pas un seul mot de reproche contre qui que ce soit. La Providence ne l’abandonna pas : peu après, il obtint la baraque voisine pour le Talmud Torah - l’emplacement où se trouve aujourd’hui la synagogue des Avrékhim de la communauté séfarade de Ramot Alef.
Ses fils racontaient que, lorsqu’ils étaient enfants et qu’une dispute éclatait entre eux, l’un venait parfois se plaindre que son frère l’avait frappé. Leur père répondait alors avec douceur : « Ce n’est pas possible, ton frère est un juste… » Et lorsque l’enfant insistait, il lui rappelait que la Torah interdit de se venger et de garder rancune. « Pour qui la Torah a-t-elle donné ce commandement ? Pour quelqu’un qui t’offre un cadeau ? » Puis il lui disait : « Maintenant, dis : Léchem yi’houd… lekayem mitsvat lo tikom - pour accomplir la Mitsva de ne pas se venger - et va lui donner un baiser. » C’est ainsi qu’il les habituait à vivre selon l’esprit de la Torah et à accomplir ses commandements.
Il ne voulait jamais déranger qui que ce soit et poussait cette attitude très loin. Un jour, il devait régler une affaire à la banque. L’un de ses petits-fils lui proposa d’y aller à sa place puisque cela se trouvait sur son chemin. Il refusa catégoriquement. Plus tard, alors qu’il était déjà très âgé, ce même petit-fils voulut l’accompagner en autobus de Guivat Shaoul à Har Nof. Comprenant qu’il voulait simplement veiller sur lui, il lui répondit : « Je me débrouillerai », et refusa de l’importuner.
Sa vie conjugale
Il témoignait à son épouse, la Rabbanite, un respect et une considération exceptionnels. Il vivait avec le sentiment qu’il avait le privilège d’être son mari et d’avoir été accueilli dans une famille aussi éminente. Il parlait souvent d’elle avec admiration, racontant combien elle était vertueuse et combien elle parcourait le pays pour rapprocher les gens de la Torah. « C’est moi qui ai eu ce mérite », disait-il, allant même jusqu’à envoyer des personnes recevoir ses bénédictions. Lorsqu’on lui demandait, à table, ce qu’il souhaitait qu’on serve ou ce qu’il préférait manger, il répondait invariablement : « Que dit la Rabbanite ? » ou « Que souhaite la Rabbanite ? » Son avis comptait toujours plus que le sien, et il s’effaçait volontiers devant le sien. Jamais il ne faisait la moindre remarque : tout était toujours bon, l’on ne l’entendait jamais se plaindre ; la nourriture était toujours délicieuse et tout allait toujours bien.
La retenue dans la parole
Il parlait très peu et n’ouvrait la bouche que lorsque c’était nécessaire. Dans sa maison se tenaient parfois des dizaines, voire des centaines de repas de Mitsva ; tous parlaient autour de lui, tandis que lui restait assis en silence, écoutant. De temps à autre, il disait quelques mots pour encourager à ne pas perdre son temps ou partageait un bref enseignement de Torah, mais jamais plus que nécessaire.
Son fils, Rabbi Chimon Bousso, raconta pendant la semaine de deuil qu’il y a plus de cinquante ans, alors qu’il se trouvait en voiture en France avec plusieurs autres Cho’hatim, ils furent victimes d’un grave accident. Tous les passagers moururent sur le coup ; lui seul survécut, mais dans un état proche du coma. Le Baba Salé déclara alors qu’il se réveillerait et vivrait - et c’est effectivement ce qui arriva. Selon son fils, il comprit que le Baba Salé lui avait en quelque sorte accordé la vie en cadeau, mais à condition de préserver sa parole. Dès lors, il prit sur lui de rester discret, tant dans l’étude de la Torah que dans les affaires du monde. Beaucoup le prenaient pour un homme simple et pieux, alors qu’il était un grand érudit qui étudiait sans relâche. Pourtant il parlait peu, même pour enseigner la Torah ; la plupart du temps, il se contentait d’exalter le Créateur ou de raconter des histoires de Providence divine. Ce n’est que dans les communautés de la diaspora, où il devait enseigner et rapprocher les cœurs, qu’il parlait davantage, notamment lorsqu’il interrogeait les élèves de l’école orthodoxe sur leur étude. Il demandait parfois si on leur apprenait à parler avec D.ieu, expliquant que bien des choses apprises risquent de s’oublier, mais que l’habitude de parler au Créateur, elle, ne s’oublie jamais.
La minutie dans l’accomplissement des Mitsvot
Il y a quelques années, on le vit pleurer un Chabbath. Interrogé sur la raison de ses larmes, il répondit qu’il craignait de ne pas avoir bien entendu la lecture de la Parachat Para et de ne pas s’être acquitté de son obligation. Lorsqu’on lui proposa que son fils lui relise le passage, son visage s’éclaira et il s’en réjouit profondément.
Dans ses dernières années, lorsqu’il constata qu’il ne parvenait plus à lire correctement les textes et à réciter convenablement le Birkat Hamazon, il demanda à ne plus manger de pain ; on veillait alors à lui préparer des aliments dont la bénédiction est Chéhakol. Une nuit, il appela même son fils pour lui dire qu’il avait prononcé la bénédiction sur l’ablution des mains avant minuit, et il lui demanda avec une grande inquiétude s’il s’était malgré tout acquitté correctement de son obligation.
La gratitude
Il ne cessait de remercier et de louer D.ieu pour tous les bienfaits dont il avait été comblé. À l’entendre, on aurait dit qu’il possédait tous les trésors du monde. Lorsqu’on prenait de ses nouvelles, il répondait souvent par des versets de louange : « Rendez grâce à D.ieu, car Il est bon, éternelle est Sa bonté », ou encore : « Qui saura dire les hauts faits de D.ieu, faire entendre toute Sa louange ? » Il citait aussi : « Même si notre bouche était remplie de chants comme la mer, nous ne suffirions pas à Te remercier. » Puis il se mettait à énumérer tout ce qui lui inspirait de la reconnaissance : une Mitsva qu’il avait eu le mérite d’accomplir, une prière qu’il avait pu dire, le moindre bien reçu ou accompli. Rien ne lui semblait aller de soi, et il se réjouissait de chaque chose qu’il lui était donné de faire.
Le souci d’attribuer des mérites au plus grand nombre
L’un des axes essentiels de toute sa vie fut le service d’autrui et le souci de faire grandir spirituellement le plus grand nombre. Son existence entière fut un long effort en ce sens, aussi bien dans les communautés de la diaspora qu’en Israël. Lorsqu’il arriva dans le quartier de Ramot Alef, à Jérusalem, et qu’il vit des jeunes livrés à eux-mêmes dans les rues, il ouvrit aussitôt pour eux un lieu d’étude et engagea des enseignants pour les faire progresser. Ce fut la première école juive orthodoxe du quartier. Il ne cherchait nullement à s’entourer des meilleurs élèves pour s’attirer une réputation flatteuse ; cette considération lui était totalement étrangère. Son attention allait au contraire aux enfants en difficulté, à ceux pour qui l’étude était plus ardue, et il se dévouait pour les mettre sur la voie de la Torah et de la crainte du Ciel, sans en retirer le moindre honneur. Il se donna beaucoup de peine pour réunir les fonds nécessaires, voyagea à l’étranger, et disait avoir parcouru presque le monde entier afin de soutenir ses institutions pour les enfants d’Israël et pour le bien de la collectivité.
Plus d’une fois, lorsqu’il revenait d’un voyage à l’étranger, on le voyait particulièrement heureux, et l’on pensait que cette joie venait des sommes qu’il avait pu récolter. En réalité, il en venait presque à oublier l’objectif matériel de son déplacement. Lorsqu’on lui demandait la raison de cette joie, il répondait qu’il avait eu l’occasion, là-bas, de faire beaucoup de bien : rapprocher des personnes de la Torah, ramener la paix dans des foyers, répondre aux besoins des communautés. Son fils aîné, Rabbi Moché Éliyahou Bousso, racontait que, bien qu’il se fût presque imposé le silence en matière de Torah, qu’il parlât peu d’étude et donnât rarement des discours, il savait, lorsqu’il s’agissait d’aider le public, sortir de sa réserve. À l’étranger, pour le bien du plus grand nombre, il prononçait alors des interventions saisissantes, capables de toucher les cœurs et de ramener les gens vers D.ieu, et dispensait des cours aussi bien en Halakha qu’en pensée juive.
La crainte du Ciel
Il possédait une crainte de D.ieu exceptionnelle, visible dans chacun de ses gestes. Comme l’a rappelé lors des funérailles le Admour Rabbi David Haï Abihssira, il incarnait dans toute la famille une figure exemplaire de Yirat Chamayim. Lors d’un Chabbath ‘Hatan célébré pour l’un de ses petits-fils, le repas s’était prolongé tard dans la nuit. Il était déjà âgé et très fatigué, et l’appartement où il devait dormir se trouvait au cinquième étage. Il atteignit le bâtiment avec difficulté, et on lui proposa d’emprunter l’ascenseur de Chabbath. Il en fut bouleversé ; aussitôt, comme revigoré, il trouva des forces nouvelles et gravit les cinq étages en courant, tel un jeune homme.
Un jour, il dit à sa petite-fille, qui n’avait alors qu’environ trois ans, qu’il n’y avait lieu de s’inquiéter de rien, puisque tout est entre les mains du Ciel - hormis les Mitsvot et les fautes, car seules celles-ci relèvent de la responsabilité de l’homme ; tout est entre les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel. Et de fait, c’est ainsi qu’il vivait : ce qui l’occupait, ce n’était rien d’autre que son service de Dieu.
Il y a quelques années, alors qu’il avait environ quatre-vingt-cinq ans, il fut reçu chez le gendre de son fils, le rav Éliyahou Ben Abou, à Ramot. Il demanda où se trouvait le Mikvé où il pourrait se rendre à l’aube de Chabbath. Son hôte lui proposa de l’y conduire avant la prière. Lorsqu’il entra dans le bain rituel, il constata que l’eau était chaude. Il dit aussitôt : « Je ne m’immerge pas dans de l’eau chaude pendant Chabbath, car plusieurs décisionnaires halakhiques y voient, a priori, un problème. » Il demanda donc où se trouvait un autre Mikvé, se rhabilla et marcha encore longtemps jusqu’à un deuxième établissement. Là aussi, l’eau était chaude. Il demanda alors qu’on lui indique un troisième endroit, poursuivit encore son chemin, jusqu’à trouver enfin un Mikvé à l’eau froide, et c’est là qu’il s’immergea - sans se soucier ni de la fatigue ni de l’effort, malgré son âge avancé.
La joie dans l’accomplissement des Mitsvot
Il accomplissait les commandements avec une joie intense, comme un homme découvrant un trésor. Pendant la dernière année de sa vie, à ‘Hol Hamo’èd de Souccot, il répétait à tous combien il était heureux d’avoir pu prendre les quatre espèces comme il convient. Il passait la journée entière dans la Soucca, et s’en réjouissait profondément.
Il éprouvait également une grande crainte à l’idée de manquer à une Mitsva. Avant chaque prière, on le sentait tendu, presque inquiet, comme s’il portait en lui l’urgence de l’accomplir au mieux. La Rabbanite racontait que, dans ses dernières années comme dans sa jeunesse, ce n’était qu’après la prière du soir, une fois toutes les prières du jour achevées, qu’il retrouvait une pleine sérénité, heureux d’avoir pu s’acquitter de chacune d’elles.
Il se hâtait toujours d’accomplir une Mitsva et ne remettait jamais à plus tard. Lorsqu’il se rendait à la synagogue, il marchait à une allure si rapide que personne ne parvenait à suivre son pas, pas même ses fils ni ses petits-fils pourtant bien plus jeunes que lui.
Le Mikvé
Il veillait avec une extrême rigueur à s’immerger chaque jour au Mikvé, à l’aube, quel que fût l’endroit où il se trouvait. Il s’informait toujours à l’avance de l’emplacement du bain rituel. Jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans, il s’y rendait seul, au milieu de la nuit, pour s’y préparer à la prière et au service divin.
L’usage du temps
Son assiduité était prodigieuse, et il mettait chaque instant au service de l’étude. Lorsqu’on se rassemblait chez lui pour une fête ou une autre occasion, dès qu’il sentait que le moment essentiel était passé, il regagnait discrètement sa chambre et se replongeait dans la Torah. Quand il étudiait, il était entièrement absorbé ; il ne remarquait presque plus ce qui se passait autour de lui. On pouvait parler près de lui sans que cela ne le dérange. Il se réjouissait énormément de toute idée nouvelle qu’il entendait ; il demandait parfois qu’on la lui répète, et s’en émerveillait à nouveau comme si c’était la première fois qu’il l’entendait.
Son étude suivait un ordre précis et très régulier. Un Chabbath où il séjournait chez l’un de ses petits-fils, quelques minutes à peine après son arrivée, il demanda qu’on lui apporte une Guémara, des Michnayot, le Zohar et le ‘Hok léIsraël. Son hôte lui dit qu’il les lui donnerait plus tard dans la journée, mais il demanda si l’on pouvait les lui apporter tout de suite, afin qu’ils soient prêts pour la nuit ou pour plus tard, au moment où il en aurait besoin, et pour n’avoir à déranger personne.
Lorsqu’il se réveillait bien avant minuit, il se levait immédiatement pour étudier. On lui disait parfois qu’il avait encore le temps de dormir ; il répondait : « Il y aura bien assez de temps pour dormir. Maintenant, il faut mettre ce temps à profit pour la Torah. »
L’humilité
Son humilité était remarquable. Il n’avait véritablement aucune haute idée de lui-même. Jamais il ne chercha à se mettre en avant, à impressionner qui que ce soit, ni à montrer sa force dans l’étude ou dans quelque autre domaine. Par moments, il donnait presque l’impression de ne pas saisir ce qu’on lui disait.
Ses fils racontent qu’à plusieurs reprises, des personnes vinrent demander sa bénédiction. Aussitôt, il appelait la Rabbanite pour lui annoncer qu’on était venu pour elle. Et lorsqu’elle n’était pas à la maison, il ouvrait la porte et disait simplement : « La Rabbanite n’est pas là », sans même envisager que ces visiteurs aient pu venir solliciter sa propre bénédiction.
Lors des repas, s’il lui manquait quelque chose, il se levait souvent lui-même pour aller le chercher, même à un âge avancé, sans demander à ses petits-fils de le faire à sa place. Ce qu’il pouvait faire lui-même, il le faisait. Il ne voyait aucune raison d’importuner autrui ; on sentait chez lui une disposition intérieure très simple : en quoi serait-il préférable à un autre ?
Il répétait souvent qu’il avait eu le mérite d’épouser une femme juste, fille d’un juste, et qu’il ne comprenait pas comment un tel bonheur avait pu lui échoir. Le Rav Meïr Elbaz, Roch Yéchiva de Shévout Yéhouda, racontait qu’il priait avec lui à la synagogue Azrak. Un jour, Rabbi David lui confia qu’il pensait que le Baba Salé s’était trompé en le choisissant comme gendre ; il ne voyait rien en lui qui pût justifier un tel choix. Rav Elbaz lui répondit avec force que le Baba Salé ne se trompait pas. Ils en parlèrent jusqu’à ce qu’il accepte cette idée. Il dit alors : « Il ne s’est pas trompé ; seulement, moi, je ne sais pas quel est mon mérite. » Tous ceux qui l’ont connu savaient qu’il parlait avec une sincérité absolue ; il ne s’agissait nullement d’une formule de modestie.
Une autre fois, lorsqu’un élève de la Yéchiva Shévout Yéhouda lui demanda comment il avait eu le mérite de devenir le gendre du Tsadik, il répondit : « Il me semble que c’est parce que le Baba Salé était si humble qu’il se considérait lui-même comme un homme simple ; c’est donc un homme simple qu’il a cherché pour sa fille. »
Son petit-fils, le rav Meïr Shalom Bousso, racontait qu’un jour il l’avait accompagné sur la tombe de son saint beau-père, le jour de la Hiloula. Une foule se pressait autour de lui pour recevoir sa bénédiction. Au milieu de cette affluence, il se tourna vers son petit-fils et lui demanda : « Pourquoi viennent-ils vers moi ? Pourquoi viennent-ils vers moi ? » Son petit-fils répondit : « Parce que vous êtes le gendre du Tsadik. » Mais lui reprit, avec le même étonnement sincère : « Malgré tout, pourquoi viennent-ils à moi ? »
L’ascèse et la sainteté
Il observait de nombreux jeûnes, en particulier durant la période des Chovavim. En outre, tout au long de l’année, il jeûnait régulièrement les lundis et les jeudis, ainsi qu’à d’autres dates qu’il avait choisies. Et il continuait d’étudier sans que rien ne laissât percevoir qu’il était à jeun, même lorsqu’il jeûnait trois jours ou davantage.
Il dormait très peu. Il n’utilisait pas d’oreiller, et on le voyait rarement dormir véritablement allongé sur un lit. Même lorsqu’il prenait un peu de repos, sa tête semblait à peine posée.
Après son décès, son épouse, la Rabbanite, se tint près de son lit et dit : « Moi seule peux témoigner de ce que tu étais réellement : un juste authentique, un homme de piété véritable… »
Il marchait toujours la tête baissée et gardait ses yeux avec une grande vigilance. Son beau-frère, le Rav David Yehoudayof, racontait qu’un jour, au cours d’un repas particulièrement inspiré, le Baba Salé s’exprima à son sujet en des termes rares : « Rabbi David est un homme de piété. »
Le Tikoun ‘Hatsot
L’une des pratiques les plus marquantes de sa vie fut la récitation du Tikoun ‘Hatsot. Il s’asseyait à terre et pleurait abondamment sur la douleur de la Présence divine. Jamais il ne manqua cette pratique, même lors d’événements familiaux : il disparaissait soudain dans une pièce, s’asseyait à même le sol et fondait en larmes.
Il arriva plus d’une fois que, chez des hôtes à l’étranger, on le voie assis à terre pour réciter le Tikoun ‘Hatsot ; le maître de maison croyait alors qu’un malheur personnel lui était arrivé et lui demandait si tout allait bien. Il répondait : « Non, notre Maison a été détruite. » L’autre cherchait aussitôt à le consoler et lui proposait son aide pour réparer sa maison, jusqu’à ce que Rabbi David lui explique de quelle Maison il parlait…
Plusieurs personnes racontèrent qu’elles étaient revenues à la pratique religieuse rien qu’en entendant son Tikoun ‘Hatsot, tant il jaillissait des profondeurs de son cœur, dans une douleur authentique pour l’exil de la Présence divine et la destruction du Temple.
Son fils, Rabbi Chim’on, rapporta qu’un jour il lui demanda de lui apporter de la cendre pour s’en mettre sur la tête. Son fils lui en apporta un peu, mais il dit : « Je veux beaucoup, beaucoup de cendre, pas seulement un peu. »
Même au repas de Chabbath, il pleurait très souvent avec ferveur en chantant Yedid Néfèch ou Yah Ribbon ‘Olam.
La prière
Il veillait avec une rigueur particulière à réciter la prière du matin au lever du soleil, et ne renonçait jamais à cet horaire, quoi qu’il en coûte. De nombreux récits circulaient dans la famille au sujet des aides providentielles dont il bénéficia lorsqu’il devait voyager à l’étranger et que les horaires de vol semblaient incompatibles avec la prière au Nets. D’une manière ou d’une autre, D.ieu lui ouvrait toujours un chemin, et il parvenait à prier à l’heure précise du lever du soleil.
Le Rav Chlomo Israeli racontait que c’est Rabbi David qui avait fondé le premier Minyan du Hanets dans tout le quartier de Ramot Alef. La Rabbanite rapportait qu’un jour, alors qu’il se trouvait à l’étranger dans un lieu qu’il ne connaissait pas, il avait cherché à déterminer l’heure exacte du lever du soleil sans y parvenir. Finalement, il pria au moment qui lui sembla juste ; lorsqu’il vérifia ensuite, il s’avéra qu’il avait prié exactement à l’heure du Nets de cet endroit.
Il avait une place fixe à la synagogue et arrivait en avance afin de commencer la prière dès le début, mot à mot, avec la précision d’un homme comptant son argent. Même dans la période récente, lorsqu’il avait besoin qu’on l’aide à prier, il n’aimait pas qu’on le fasse trop vite et demandait instamment qu’on prie avec lui lentement. Quand l’un de ses fils ou de ses petits-fils venait prier à ses côtés, il s’en réjouissait comme si un ange sauveur lui avait été envoyé.
Le repentir
Il répétait sans cesse qu’il faut faire Téchouva. Toute sa vie fut placée sous le signe du retour à D.ieu. Lorsqu’on lui demandait ce qu’il faisait, il répondait : « Je fais Téchouva. » Lorsqu’on lui demandait l’heure, il répondait : « C’est l’heure de faire Téchouva », puis seulement il donnait l’heure.
Il se confessait constamment sur ses actes. Bien souvent, lorsqu’il se trouvait seul dans la journée, il mettait ce temps à profit pour se livrer à l’examen de conscience et à l’aveu, même pour des choses très fines, dès lors qu’il pensait ne pas avoir agi comme il l’aurait dû envers son Créateur. Il vivait avec la conscience permanente que l’homme devra rendre compte de toute sa conduite et que tout sera soumis au jugement. Aussi répétait-il fréquemment : « Il faut revenir à D.ieu. »
Toute son existence fut un enchaînement ininterrompu d’efforts dans l’étude de la Torah et dans l’action pour le bien du plus grand nombre, accomplis uniquement pour l’honneur du Ciel. Elle fut également marquée par une profonde affliction pour la destruction du Beth Hamikdach et par un engagement constant à rapprocher les cœurs de leur Père céleste, avec un dévouement sans réserve. Tel fut le fil conducteur de sa vie jusqu’à ses derniers jours, qu’il atteignit dans une belle vieillesse à l’âge de quatre-vingt-treize ans. Dans les dernières années, son apparence évoquait presque celle d’un ange sous forme humaine, et jamais il ne cessa de servir D.ieu avec une abnégation totale.
Le mercredi 8 Adar 5783 (2023), il rendit son âme pure à son Créateur dans la sérénité du « baiser divin ». Il fut inhumé dans la nuit du 9 Adar, précisément à minuit - l’heure même où il avait tant de fois pleuré sur l’exil de la Présence divine.
Les funérailles se déroulèrent dans la nuit du jeudi, en présence de grands maîtres de la Torah et des Rabbanim de la famille : le Admour Rabbi Baroukh Abi’hssira, le Admour Rabbi David Haï Abi’hssira, son fils aîné et héritier spirituel, le Rabbi Moché Éliyahou Bousso, à la tête des institutions Maor Israël, son fils le Rabbi Shlomo Bousso, son frère Rabbi Nissim שליט״א, ainsi que d’autres Rabbanim qui prononcèrent des oraisons empreintes d’une profonde émotion.
Une foule nombreuse l’accompagna jusqu’à sa dernière demeure, tandis que tout le peuple d’Israël pleurait la perte d’un tel homme.
Écrit par ses petits-enfants : Rabbi Meïr Chalom Bousso, directeur du Kollel « Meïr Israël » et auteur de l’ouvrage Imré Tahara, et Rabbi Éliyahou Ben Abou






