Près de deux milliards d’hommes et de femmes dans le monde se réclament aujourd’hui de l’islam. Vu de loin, cet ensemble peut sembler former un bloc unique mais la réalité est tout autre.
Depuis ses origines, le monde musulman est traversé par une fracture profonde qui structure encore aujourd’hui une grande partie de la géopolitique du Moyen-Orient.
Tout commence au VIIᵉ siècle, à la mort du prophète Mahomet. Une question cruciale surgit alors : qui doit diriger la communauté musulmane ?

Pour les sunnites, aujourd’hui largement majoritaires (environ 85 à 90 % des musulmans), le chef doit être choisi parmi les fidèles les plus capables et respectés du prophète. Les chiites, au contraire, estiment que l’autorité doit revenir à sa famille, et plus précisément à la lignée d’Ali, son gendre. Autrement dit, une succession par le mérite d’un côté, une succession héréditaire de l’autre.
Au fil des siècles, cette divergence s’est enracinée et a fini par dessiner deux grands pôles d’influence dans le monde musulman.
La plupart des pays musulmans — Arabie saoudite, Égypte, Jordanie, Turquie ou Pakistan — sont majoritairement sunnites. Les chiites, minoritaires, se concentrent surtout en Iran, devenu le principal centre du chiisme depuis la révolution islamique de 1979. On trouve également d’importantes communautés chiites en Irak, au Liban et au Yémen, avec ses Houthis.
Plusieurs États sunnites, notamment l’Arabie saoudite, la Jordanie et les pays du Golfe, redoutent l’expansion stratégique de Téhéran.

Dans les grandes lignes, les régimes sunnites apparaissent comme bien moins radicaux et plus enclins à des relations avec l’Occident, et parfois même avec Israël.
Le Fil Rouge
Si demain une ère de paix venait à s’ouvrir, on ose à peine imaginer ce que pourrait devenir Israël débarrassé de la menace iranienne.
Depuis sa naissance, L'État hébreu vit entouré d’hostilité. Pourtant, malgré cette pression permanente, il est parvenu à se hisser parmi les puissances économiques, scientifiques et militaires de premier plan.
Que pourrait-il accomplir si ses forces n’étaient plus mobilisées jour et nuit pour sa survie ?
Une telle perspective ne serait pas seulement une opportunité matérielle, elle constituerait avant tout un rendez-vous spirituel.
Car la vocation d’Israël n’est pas simplement de prospérer ni même de survivre. Sa mission est d'être un phare spirituel pour les Nations et témoigner de l'existence d'un Créateur Un dans le monde.
Or l’histoire biblique nous enseigne combien ce moment peut être délicat.
De manière cyclique, Israël se tourne vers son Père dans les périodes de détresse, puis L’oublie lorsque reviennent la sécurité et l’abondance. Ce mécanisme traverse nos Écritures comme un fil rouge, et il apparaît avec une clarté particulière dans le livre des Juges.
L’histoire juive elle-même en offre un exemple frappant. Lors de l’émancipation en Europe, à l’époque des Lumières, un ciel plus serein semblait enfin s’ouvrir pour les Juifs. Mais au lieu de profiter de cette accalmie pour se consacrer librement — sans menaces ni décrets — à l’étude de la Parole de D.ieu, une grande partie du peuple se laissa entraîner vers l’assimilation et l’effacement spirituel.
Si demain une ère nouvelle s’ouvre devant nous, ne manquons pas ce rendez-vous.
La paix ne devra pas être un temps d’oubli, mais un temps de fidélité. Elle devra être mise au service de notre véritable vocation : éclairer le monde par la sagesse de la Torah et rappeler à l'humanité que nous avons un Roi et un Père au-dessus de nous.







