Depuis 1945, date de la bombe nucléaire lancée sur le Japon, le nucléaire n’a cessé de hanter les chancelleries et d’inquiéter les peuples. Danger mortel pour la civilisation, c’est aussi l’élément qui a empêché une guerre mondiale. Grâce à ce danger, la guerre froide entre les États-Unis et l’Union Soviétique n’est pas devenue chaude, malgré quelques accrochages comme la crise de Cuba, en 1962.

On l’a écrit et répété déjà plusieurs fois, si Hitler avait eu entre les mains cette arme, le monde aurait été différent ! Or, il a chassé d’Allemagne les savants juifs qui ont créé cet outil effrayant. Ces savants sont allés aux États-Unis, et ont conçu cette arme, qui a mis un terme à la Seconde Guerre mondiale, il y a 80 ans, quand le Président Truman a pris la décision de la lancer sur Hiroshima et Nagasaki. Cet outil à double tranchant – que selon certains commentateurs, David appelle dans Téhillim « épée avec deux tranchants » (Psaumes 149) – est au centre de l’histoire mondiale depuis cette époque.

Cela a indiscutablement une signification métaphysique, qu’il importe de tenter d’analyser en étant bien conscient qu’une Providence protège l’univers, et qu’il ne saurait y avoir de hasard. À l’origine de l’arme, la fission est accompagnée d’une émission de neutrons, et d’un dégagement énorme d’énergie. C’est la source de l’énergie atomique, qui peut être utilisée de façon positive (pour le bien de l’humanité) ou négative (bombe nucléaire). À partir de ces données matérielles, le projet divin de la création est clair. Où va l’humanité ? Ainsi qu’on l’a relevé récemment, une guerre nucléaire, effrayante, n’a pas éclaté. La responsabilité des dirigeants politiques est énorme pour le devenir de l’humanité : « Le cœur des rois est entre les mains de l’Éternel » est l’expression des Sages pour comprendre les voies du Tout-Puissant. Dans l’avenir, l’énergie nucléaire, beaucoup plus puissante, peut remplacer l’énergie fossile (pétrole et houille).

Cependant, aujourd’hui, un nouveau danger menace l’humanité : l’utilisation négative de la cybernétique. La puissance de l’ordinateur s’effectue, aussi, dans un double sens : positif ou négatif. Il est certain que les progrès techniques, matériels, sanitaires de l’humanité dépendent de l’ordinateur, d’une part. Mais l’arme de la cybernétique s’exprime aussi de façon négative, dans deux directions : d’une part, on peut l’utiliser pour espionner l’ennemi, découvrir ses projets, même pour paralyser l’activité d’un pays. C’est assurément une menace sérieuse, pour un affrontement entre des adversaires. Les pays sont ainsi vulnérables et risquent d’être paralysés. À ce danger stratégique, s’ajoute un danger psychologique : perte du travail cérébral. Ainsi, l’intelligence artificielle risque de remplacer l’initiative de l’homme, de le transformer en machine. La beauté de la nature – création divine –, l’esprit inventif de l’homme et l’art sont en danger. L’intelligence naturelle risque de disparaître au profit de l’intelligence artificielle. Il n’est pas sûr que l’on soit conscient de cette menace. Si la machine remplace l’homme, où va l’initiative de l’homme ? Le risque – indiscutable – est que l’apprenti sorcier dépasse le sorcier. Deux aspect négatifs menaçants de l’ordinateur.

On retrouve, ici, l’ambiguïté de l’utilisation de la création. Cette ambiguïté entre le bien et le mal (sous deux aspects) décrite précédemment dans l’utilisation de l’énergie nucléaire réapparaît ici. Nous savons (expérience de 3 millénaires), nous répétons (avertissement des prophètes), nous croyons (notre foi en D.ieu) que l’humanité est en danger. La menace d’une destruction (physique et morale) de l’humanité nous guette. On revient, chargé d’expérience, au dilemme d’Adam Harichon, face à l’ordre divin : obéir ou désobéir, accepter ou refuser le message du Créateur (avec l’énergie nucléaire ou avec l’ordinateur). Il nous importe à nous, détenteurs de la Torah, d’ouvrir les yeux, et de savoir que le négatif (destruction de l’humanité) doit s’effacer devant le positif (avènement prochain de la Guéoula). OUVRONS LES YEUX.