Chère amie, es-tu observatrice ? Observatrice de la vie que mènent tes connaissances ou amies ? Allons, ne te cache pas derrière ta candeur, car la plupart d’entre nous le sommes, naturellement... Certaines plus que d’autres, soit. Mais cela a du bon, car l’observation du mode de vie de l’autre nous permet souvent de nous réajuster. Pour du mieux.

Attention danger : voiture sans conducteur

Ainsi, pour ma part, j’ai souvent été frappée de constater quelle proportion de femmes semblait absente de leur vie. Un peu comme un TGV, leur vie, qui roulait sans conducteur, de façon aléatoire ; nous ne savons pas ce que nous voulons faire de notre vie, quelles sont nos forces pour les exploiter, les valeurs que nous défendons, etc. Absente !

Pire encore, et par conséquent de ce qui précède, nous pouvons fonctionner de la même façon face aux tests qui jalonnent nos vies ; ne se sentant pas à la hauteur, nous sommes capables de nous terrer dans un déni silencieux, douloureux.

Afin de puiser plus d’inspiration face à ces situations, penchons-nous sur la façon d’agir de nos pères… Par exemple, notre père Avraham, lui, appréhendait chacune de ses épreuves, s’y préparait, et était donc toujours prêt à agir plutôt qu’à réagir. Et nos commentateurs de résumer qu’Avraham « allait dans ses jours », il ne laissait pas ses jours aller sur lui (Béréchit 24.1).

Nous aussi, nous pouvons choisir dès à présent d’accueillir chaque jour, en sachant bien qu’il viendra porter son lot d’enseignements et d’évolutions potentielles. Les chocs en seraient amortis.

Il n’en reste pas moins qu’en plus d’accueillir l’inconnu quotidien, nous nous devons de définir les lignes, de la plus petite à la plus grande, de nos projets de vie. 

Une partie de vie doit être définie, une autre accueillie

Exemple : je conçois mon projet de vie sur les dix années à venir, mais reste sereine face aux lots de surprises que chaque jour apporte avec lui, et qui risquent de redessiner mes propres projets…

Quelle est la clé afin de progresser dans ce sens, avec l’aide d’Hachem ?

1. Concernant la partie de vie qui doit être appréhendée, je te propose tout simplement de te projeter un moment sur le jour anniversaire de tes 120 ans : qu’aimerais-tu laisser derrière toi ? Travaille sur cette question dans les domaines du plus personnel (toi, puis ta famille proche, puis moins proche) au plus collectif (travail, communauté, etc.). Il serait d’ailleurs très ludique de tenir ton propre cahier de bord remis à jour chaque mois d’Elloul, mois si propice à la remise en question !

En fonction de tes réponses à cette question, mets en place aujourd’hui les éléments (les graines) qui feront que tout cela sera possible demain (les beaux fruits).

2. Concernant la partie de vie inconnue, non appréhendable, qui vient frapper chaque jour à ta porte (ex : une dispute avec un proche, une mauvaise nouvelle, une machine cassée, etc.), je te propose de créer dans ton esprit un « drapeau imaginaire » à agiter autant de fois que nécessaire. Sur ce drapeau, il est écrit l’affirmation positive suivante : « ACCEPTE ET AVANCE ! ».

Facile à dire, me diras-tu certainement… tu n’as pas tort ! Mais comme nous faisons partie de l’élite de cette planète (oui oui !), voici plusieurs arguments afin de commencer à te convaincre :

a) Le manque de courage, le découragement même, est propre à toutes les générations ; quand les nuages s’amoncèlent au-dessus de nos têtes, beaucoup choisiront de se laisser mener vers toutes  sortes de profondeurs, la tristesse en tête de liste (forme de RÉActivité négative), plutôt que de choisir tout aussi librement de surfer sur les diapositives que nous présente la vie (cela est de la PRO-activité, la seule qui libère réellement). Or, sachons qu’il faut déployer exactement la même énergie1 pour se sentir mal (épaules baissées, visage renfrogné, pensées négatives suralimentées) que pour se sentir bien (bonne posture, visage disponible, pensées positives…). Alors pourquoi ne pas choisir la meilleure des postures ?!?

b) Une bonne façon de s’en convaincre encore serait de se fixer un choix de « références de souffrance »2, et d’y comparer systématiquement notre souci. Exemple : en quelle mesure mon entretien d’embauche qui a échoué aujourd’hui est plus grave que … la Shoah ? Tout d’un coup, les choses reviennent à leur juste mesure… Fais souvent appel à cette technique, car il y a toujours pire.

c) Il sera bon également de se répéter à soi-même, autant de fois que nécessaire, que le résultat d’une épreuve a une très longue portée dans le temps. Nous pouvons donc, en passant ces challenges haut-la-main, marquer plusieurs générations, et même parfois, selon son ampleur, marquer toute l’Histoire… Exemple : combien de milliers de femmes ont été guidées par l’attitude de Sarah Iménou face à sa stérilité au travers de l’histoire… ou plus proche de nous, de la Rabbanite Haya Moushka, épouse du fameux Rabbi de Loubavitch ? Leur souffrance a guidé tant d’autres femmes ; leur noblesse et leur Emouna (foi en D.ieu) seront des phares à jamais pour éclairer dans la nuit. Voyons loin, mes chères, voyons très loin…

Nous pourrions poursuivre sur de nombreux arguments afin de toujours préférer voir le verre à moitié plein que vide, mais, pour conclure, asseyons plutôt le fait que tous les grands personnages ayant marqué l’Histoire ont été capables d’accepter d’abord, puis d’avancer ensuite. Parce qu’ils voyaient loin, beaucoup plus que l’instant présent de souffrance. 

EXERCICE PRATIQUE

Dans ce but, je nous invite toutes, mes chères, à cesser dorénavant de nous demander toujours « POURQUOI ? » mais plutôt « COMMENT ???? »3.

Le second exercice serait, si tu le souhaites, d’intégrer dans ton cahier de bord (agenda pour certaines, cahier de note pour d’autres etc.) tes objectifs et projets personnels, en leur fixant un DÉBUT et une ÉCHÉANCE. Crois-moi, tu seras heureuse et satisfaite à chaque étape validée de ton programme. C’est cela la vraie construction personnelle ;-)

A très bientôt !
 

Sources :

1,2 RavYehia Benchetrit, « La vie ».

3 Rabbanite Esther Jungreis, « La vie est un test ».