Je ne sais pas si certaines d’entre vous ont connu le Lavomatic. C’est le passage obligé pour les étudiants loin de leur foyer. Le concept : dès qu’on n’a plus la moindre chaussette propre, on se rend, avec son énorme sac de linge, dans un endroit rempli de machines à laver et de sèche-linge. Et je dois l’avouer : c’était devenu ma passion.
Aujourd’hui, je fais minimum une machine de 10 kg par jour, à l’époque c’était bien plus exceptionnel. Cet endroit représentait le propre, la fraîcheur, l’odeur du linge chaud… Et cette sensation merveilleuse : arriver avec du sale et repartir avec du propre. Parce que chez mes parents, mon linge se retrouvait miraculeusement propre et plié dans mon armoire, sans que j’aie suivi le processus de nettoyage.
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce qu’on entre dans Eloul avec notre panière pleine des ‘Avérot de l’année, avec presque plus de chaussettes propres. Mais bonne nouvelle, la Téchouva est vraiment à notre portée pendant ces jours exceptionnels.
Concrètement, cela veut dire que c’est le moment de faire le bilan de l’année passée. Je suis sûre que vous avez fait plein de choses merveilleuses : rendu des services, élevé vos enfants avec amour, donné de votre temps, fait des efforts que personne n’a vus, surmonté des journées où vous pensiez ne pas y arriver…
Mais chacune de nous a aussi son petit paquet de choses qu’elle regrette. Une parole de trop. Une colère. Une mauvaise habitude. Un manque de pudeur. Une Mitsva qu’on a laissée de côté…
Plutôt que de déprimer sur nos failles, c’est le moment de montrer notre force de Bat Israël : reconnaître nos erreurs, les regretter sincèrement et s’engager à ne plus les commettre de nouveau.
Ce n’est pas évident. C’est d’ailleurs une remarque fréquente qu’on entend lors des disputes : « De toute façon, tu ne te remets jamais en question ! » C’est vrai qu’on a un don plus ou moins développé pour trouver des raisons parfaitement légitimes à nos actes. Tellement qu’on arrive parfois à se convaincre soi-même ! Mais là, pas de triche ni de mauvaise foi avec Hachem, Il sait déjà tout. Le plus dur, je pense, c’est de nous regarder nous-mêmes en face quand le miroir n’est pas franchement flatteur.
Et c’est là qu’intervient le réflexe de survie : repousser la Téchouva jusqu’au dernier instant ! « On verra demain », « Quand j’aurai un peu plus de temps »… Et on se retrouve la veille de Roch Hachana. Quel dommage !
Hachem ne nous demande pas de faire Téchouva en accéléré à la dernière minute. Il nous a donné trente jours d’Eloul. Trente jours pour revenir. Ces jours sont particulièrement propices à la Téchouva : des jours de miséricorde et de bienveillance. Les portes du Ciel sont grandes ouvertes pour celui qui veut réparer. Les prières peuvent monter lorsqu’elles viennent sincèrement du cœur.
Alors pourquoi attendre ? Chaque journée d’Eloul est une occasion.
Parce que pendant l’année, notre cœur peut s’endormir un peu. On court, on travaille, on gère les imprévus… et notre relation avec Hachem peut finir par passer au second plan. Eloul vient nous réveiller.
Il n’y a qu’à entendre le Chofar pour que, d’un coup, nos idées se remettent en place ! Alors profitons de ces trente jours pour que nos bonnes intentions ne restent pas de jolies pensées, mais deviennent de vrais actes.
On commence par trier ce qui se trouve dans notre panière de l’année. Et on choisit le programme adapté :
- L’impatience ? Programme long : on va apprendre à attendre.
- La colère ? Programme délicat : on essaie de ne plus monter à 90° à la moindre contrariété.
- Les mauvaises habitudes ? Lavage intensif : Parce que certaines taches ont eu le temps de bien s’incruster.
- La jalousie ? Programme à part : histoire d’arrêter de comparer notre linge à celui de la voisine.
- La rancune ? Cycle long : certaines taches mettent du temps à partir… surtout quand on les garde précieusement depuis trois ans.
L’essentiel, c’est de lancer la machine ! Et on aura alors atteint l’objectif d’Eloul : nous rapprocher d’Hachem avec un cœur qui, lui aussi, aura retrouvé toute sa fraîcheur...





