Le mois de Chevat commence et nous savons qu’à Tou Bichevat, nous fêtons le « nouvel an des arbres ». Que signifie cette expression et en quoi cette fête est-elle opportune à l’avancée et l’amélioration de l’individu ?
Tou Bichevat : le renouvellement des arbres...
Tou Bichevat marque le renouvellement des arbres ; or on sait que l'homme est comparé à l’arbre des champs – כי האדם עץ השדה (Dévarim 20,19).
L’arbre est grand, imposant, beau, voire parfois fruitier, feuillu… Il est difficile d’imaginer que tout a commencé par une toute petite graine… et pourtant… Quel potentiel !
L’enfant est un peu comme une graine et l’adulte ressemble à l’arbre. Vous voulez obtenir un adulte stable, équilibré, de valeur ? Investissez dans les graines ! Cela en vaut les efforts.
Un arbre ne peut pas tenir sans racines. Certes, nous ne les voyons pas, mais elles existent, c’est évident. Sans elles, un petit coup de vent projetterait l’arbre au sol. Nous avons besoin de racines solides, d’une Émouna (foi) qui donne une force intérieure, qui octroie une vitalité qui nous fait tenir, même en temps de crise, une foi qui nous éclaire et qui nous guide.
L’arbre est également composé de branches, de feuilles, de fruits. La Émouna est essentielle, mais l’homme doit également s’élargir, agir, grandir. Les branches et les feuilles représentent les bonnes actions, et nous devons également faire en sorte que notre arbre soit profitable à l’entourage, que nos comportements soient profitables aux autres.
De la graine au bâtiment : le message de Tou Bichevat pour le couple...
Il est intéressant de noter que l’être humain est comparé à l’arbre, mais que la vie de couple est souvent mise en parallèle avec la construction d’une maison, d’un immeuble.
En effet, on souhaite aux jeunes mariés de fonder un « Baït Nééman Bé Israël ». L’une des 7 bénédictions récitées sous la 'Houppa est de construire un « Binyan Adé Ad » (un bâtiment éternel). Pourquoi est-il important de comparer le couple à un bâtiment plutôt qu’à un arbre (comme pour la comparaison de l’homme en tant qu’individu) ou un autre végétal ? N’aurait-on pas pu souhaiter aux fiancés de fleurir, de s’épanouir, de bourgeonner, de donner naissance à de beaux fruits (de bons enfants, si D.ieu veut) ?
Je vous propose ici quelques éléments de réponses – chacun d’eux pourrait être développé et remplir plusieurs paragraphes, mais par faute de place, je me contenterai d’être concise, de m’abstenir de donner beaucoup d’exemples et d’histoires qui illustreraient chaque point et je fais confiance en votre capacité à approfondir chaque idée et à l’appliquer à votre quotidien, Bé'ézrat Hachem.
1. Tout d’abord, nous savons bien qu’à la différence d’un arbre, un bâtiment ne pousse pas seul !
Sachez que même si un arbre n’est pas correctement arrosé, il est capable de puiser de l’eau jusqu’aux nappes phréatiques grâce à ses racines !! Bien évidemment, il risque de mal pousser, d’être tordu ou de manquer de vitalité s’il n’est pas traité comme il le faut, mais il pourra continuer de grandir malgré tout.
En revanche, un bâtiment ne poursuivra jamais sa construction si l’on décide de cesser les efforts pour lui ajouter des étages, pour l’embellir, le parfaire, etc.
2. Deuxièmement, même si peu d’ouvriers travaillent sur le chantier, la construction peut (et doit) continuer.
Bien sûr, elle prendra plus de temps, mais elle se poursuivra. Donc, même si je suis seule à œuvrer pour parfaire mon couple, les efforts ne sont pas vains ! Et même si mon « collègue de travail » ne fait rien aujourd’hui, cela ne me dispense pas d’accomplir ma mission. Cela sera certainement plus long et fastidieux que si nous étions deux, mais le jeu en vaut la chandelle !
3. Troisièmement, un bâtiment doit être entretenu, même une fois la construction terminée.
Sinon, il se dégrade, s’effrite, devient une ruine.
Et s’il arrive qu’un élément s’abîme, on peut remettre un coup de ciment, faire des travaux, etc. On ne démolit pas un immeuble parce qu’une vitre vole en éclats ! De même, on ne brise pas un couple dès qu’une discorde éclate, dès que l’on est en désaccord (même si les désaccords sont nombreux). Si ce genre de problème arrive (et ce genre de problème peut arriver à TOUT LE MONDE !!), on peut analyser la situation, réfléchir à une façon correcte de résoudre le conflit, on peut demander de l’aide en consultant un professionnel et ainsi, réparer la faille et continuer de construire.
4. De plus, un immeuble ne peut être construit sur un terrain en pente, sur un terrain qui manque de stabilité.
Il faut une base fixe, plate, bien équilibrée pour que le bâtiment tienne. C’est indispensable et c’est la seule façon d’éviter une « tour de Pise ». Il convient donc de se poser certaines questions fondamentales (dans l’idéal, avant de construire son foyer😊), poser des socles fermes, s’assurer un terrain sain d’entente et de respect, etc.
5. Enfin ; il faut se souvenir que plus un immeuble est haut, plus ses fondations doivent être profondes et solides. Si l’on veut vivre dans un mobile home, il ne sera pas nécessaire de creuser profondément pour les fondations : le travail est facile et peu coûteux. Mais… la qualité de la construction ira avec : rien ne peut garantir la stabilité et la solidité d’un mobile home en cas d’intempérie, d’inondation… Pour la construction d’un immeuble, plus on veut prévoir d’étages, plus il faut creuser et préparer des fondations solides. Il est vrai que le travail des fondations n’est pas toujours facile ni attrayant, mais il est la condition sine qua none pour pouvoir ensuite monter « à l’étage » et jouir d’un magnifique paysage…
Bien évidemment, nous aspirons toutes à construire un « Binyan Adé Ad », mais souvenons-nous qu’avant de nous lancer dans la construction, nous devons apprendre à grandir en tant qu’arbre, à nous parfaire en tant qu’individu, à renforcer notre Émouna (nos racines) et à améliorer nos actions (nos feuilles et nos branches)…
והיה כעץ שתול על פלגי מים אשר פריו יתן בעיתו ועליהו לא יבול וכל אשר יעשה יצליח (Téhilim 1,3) – Il sera comme un arbre planté auprès des cours d’eau, qui donne ses fruits en leur saison et dont les feuilles ne flétrissent pas ; tout ce qu’il fera réussira.
'Hodech Tov – שבט forment les premières lettres de l’expression : « שנשמע בשורות טובות » Que l’on entende de bonnes nouvelles…
Je vous souhaite un merveilleux Tou Bichevat. N’oubliez pas qu’il s’agit d’un jour opportun pour prier sur les fruits que l’on va consommer dans l’année à venir – c’est-à-dire pour notre subsistance. Mais c’est également le moment d’implorer à propos de nos fruits spirituels – nos bonnes actions ainsi qu’à propos du fruit de nos entrailles – nos enfants. Prions pour leur bien-être physique et spirituel, pour une éducation facile et réussie, pour qu’à leur tour, ils aient des fruits mûrs et savoureux… Béezrat Hachem, je vous souhaite de former un arbre généalogique bien feuillu et très fruitier !





