Même dans les situations où tout semble perdu, il existe un mot qui, prononcé avec ferveur, est capable de bouleverser un destin…

Le vide du désespoir

Le rav Ye’hiel Spero nous rapporte l’histoire de Rou’hi Goldfarb, qui faisait patiemment la queue au supermarché avec les bras remplis de sachets de friandises. Elle attendait son tour devant la caisse quand la femme derrière elle lui dit d’un air ravi : “Quand on voit tous les bonbons que vous achetez pour vos enfants, on peut imaginer qu’il y aura une grande fête d’anniversaire !”

Mais cette dame ne connaissait pas Rou’hi... Elle ne savait pas qu’il n’y avait pas d’enfant et qu’il n’y en avait jamais eu à la maison.

Ces nuits entières, elle les avait passées à pleurer de tristesse en priant Hachem de les bénir, elle et son mari, d’un enfant. Mais après de nombreuses années de mariage, il n’y avait toujours pas eu d’occasion de se réjouir.

Un Chabbath matin, Baroukh, le mari de Rou’hi, rentra plus tôt de la synagogue et trouva sa femme en sanglots dans le salon. Elle essaya pourtant de cacher ses larmes mais Baroukh avait vu sa peine et il en fut très attristé.

Une Ségoula inédite  

Ne sachant plus quoi faire, il alla trouver le Rav Aharon Karliner, le Stoliner Rebbe, et lui raconta toutes les épreuves : les visites chez les spécialistes, les examens médicaux et ce chagrin constant qui ne quittait pas leur couple. Le Rebbe écouta avec beaucoup de compassion… puis il expliqua à Baroukh tout le mérite que l’on obtient en disant “Amen” avec ferveur. Il se tût quelques instants et fit une proposition inédite : si un seul “Amen” peut effacer de mauvais décrets, alors immense serait le pouvoir de plusieurs “Amen” prononcés en même temps !

En voyant Baroukh un peu hésitant, le Rebbe ajouta avec un sourire qu’il n’y avait pas de plus grand plaisir pour Hachem que d’entendre le mot “Amen” de la bouche des petits enfants.

Voilà pourquoi ce jour-là, Rou’hi se trouvait dans la file du supermarché, des paquets de bonbons dans les bras… Elle allait préparer des petits sachets de bonbons pour les enfants du quartier qui viendraient à la synagogue Chabbath prochain, spécialement pour répondre “Amen” aux bénédictions (et recevoir leur récompense sucrée). Comme prévu, attirés par les friandises, les enfants vinrent très nombreux et leur excitation était si communicative que ce soir-là, la prière fut encore plus vibrante et joyeuse que d’habitude !

Baroukh se pressa ensuite de rentrer chez lui pour décrire cet accueil de Chabbath si particulier. Rou’hi fut alors prise d’une confiance nouvelle et pour la première fois depuis longtemps, elle reprit espoir...

Un mérite particulier

L’année suivante, c’est avec une joie indescriptible que Baroukh annonça la naissance de leur fils au Stoliner Rebbe ! Il était si ému qu’il tremblait presque lorsqu’il demanda au Rebbe de leur faire l’honneur d’être le Sandak lors de la Brit Mila. Quant à Rou’hi, son bonheur était si grand qu’à présent son sourire ne quittait plus jamais son visage...

Après la cérémonie de la Brit Mila, on demanda à Baroukh quel était selon lui le mérite particulier qui leur avait valu d’être bénis d’un fils. Le nouveau papa répondit qu’il pensait que cela revenait aux “Amen” des petits enfants !

A la suite de cet heureux évènement, une chaîne se mit en place pour chaque femme qui espérait devenir mère. Et cette chaîne miraculeuse continue de grandir en Israël ! C’est aujourd’hui un groupe de plus de 20 femmes, toutes heureuses mamans, qui se réunissent chaque matin au Kotel à Jérusalem pour prier ensemble et remercier Hachem de Sa grandeur. Et c’est à l’unisson qu’elles prononcent de nombreux “Amen” vibrants d'émotion !

La puissance du Amen

Il n’y a pas de doute que le mot “Amen” peut ouvrir les portes du Ciel pour apporter de grandes délivrances. Nos sages nous enseignent que le "Amen yéhé chéméh rabba" prononcé en réponse au Kaddich et récité avec ferveur est si puissant qu’il peut à lui seul annuler les mauvais décrets dans le Ciel !

La force de ce mot vient de sa nature-même : il est en effet constitué des initiales de trois mots : “El Melekh Nééman” (אל מלך נאמן) qui signifie “D.ieu, notre Roi en Qui l'on place toute notre confiance”. Car “Amen” est plus qu’un mot, c’est tout simplement une déclaration de foi, de Emouna envers D.ieu...

Et c’est cette fidélité sans défaut, cette déclaration de confiance, qui constitue notre raison d’être sur Terre. Plus on manifeste notre lien envers le Créateur du Monde et plus nous ouvrons les portes aux bénédictions et réussites !

Lorsqu’on répond “Amen” à voix haute, non seulement cela nous aide à le prononcer avec plus de concentration et d’intensité, mais on incite aussi notre entourage à faire de même et on crée ainsi un cercle vertueux...On montre également l’exemple à nos enfants qui s'habituent à le prononcer avec coeur et joie !

Habituons-nous aussi à réciter toutes nos bénédictions à voix haute, comme le faisait la Rabbanite Kanievsky chaque matin, pour que toutes les personnes présentes puissent clamer “Amen” avec ferveur !  Car celui qui s’associe à une bénédiction en répondant “Amen” est considéré comme s’il avait lui-même récité cette bénédiction !

Imaginez vous le nombre de mérites que nous pouvons acquérir sur les dizaines de bénédictions récitées chaque jour… Je nous souhaite à toutes de pouvoir prononcer de nombreux “Amen” à chaque occasion et que tous nos voeux les plus chers soient exaucés… Amen !