Le début d’une nouvelle année. Nous levons tous les yeux vers le Ciel et prions pour que Hachem nous accorde une bonne et douce année, fructueuse, remplie de Siata Dichmaya (aide du Ciel) et de réussite. Que Hakadoch Baroukh Hou accompagne et protège chacune d'entre nous, chacun de nos enfants et qu’Il les aide à réaliser leur plein potentiel, cette année et chaque année...

En réalité, ce qui nous accompagne, en tant que Juifs, c’est de vivre avec la Émouna, de savoir que Hachem dirige le monde. De savoir que tout ce qui nous arrive est géré minutieusement et que rien ne se produit par erreur.

Ce point est important dans toutes les relations interpersonnelles, mais il est particulièrement pertinent au sein du couple. Bien évidemment, chacun est tenu de faire une introspection sur ses actes et ses paroles, de tout mettre en œuvre pour s’excuser et amender son comportement. Mais il ne convient pas de chercher des coupables pour les événements qui surviennent.

Même si nous étions d’un avis différent — ce qui est tout à fait normal, voire positif — et même si nous avions raison, rien ne sert de culpabiliser ni d’accuser. Ce principe est primordial dans le couple, tant vis-à-vis du conjoint que vis-à-vis des enfants.

Un enfant n’a pas besoin de savoir lequel de ses parents a raison. Il a besoin de savoir qu’il peut compter sur les deux.

Il a besoin de sentir que, même lorsque ses parents traversent des difficultés, ils ne sont pas devenus des adversaires. Que chacun ne cherche pas à lui faire choisir un camp, mais que tous deux restent, ensemble, ses parents.

Car l’enfant doit pouvoir regarder sa maison comme un endroit où il peut revenir, se réfugier, déposer ses peines et trouver une oreille attentive. Il doit sentir qu’il y a toujours quelqu’un vers qui se tourner, quelqu’un sur qui s’appuyer.

C’est pourquoi il est si important de ne pas porter sur son conjoint un regard accusateur devant les enfants. Même lorsque nous avons des reproches légitimes, même lorsque notre conjoint n’a pas été irréprochable, nous pouvons choisir de ne pas transmettre cette image à nos enfants.

Nous pouvons reconnaître les difficultés tout en choisissant de mettre en lumière le positif. Car préserver le Chalom Bayit, c’est aussi préserver chez l’enfant le sentiment précieux que, derrière les imperfections de ses parents, il existe un lien solide, une maison, un refuge… et deux personnes qui restent là pour lui.

Mais le principe de ne pas porter de regard accusateur sur le conjoint contient également un aspect lié à notre relation avec Hachem, à notre Émouna.

Le maître du Rav Weismandel lui dit un jour, après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il était profondément bouleversé et se demandait comment les nations du monde avaient pu laisser mourir tant de millions de personnes sans les sauver :

« Sache que, depuis les six jours de la Création, le destin de chacun a été écrit, fixé. Bien sûr, ils devront rendre des comptes sur leur indifférence. Mais, en ce qui concerne les victimes, il fut décidé, depuis la Création du monde, qu’elles quitteraient ce monde de cette manière, en sanctifiant le Nom de D.ieu. »

Pouvons-nous imaginer une vie sans accusations ? Une vie sans chercher quelqu’un à blâmer ? Une vie dans laquelle nous comprenons qu’il n’y a, en réalité, aucun coupable, mais que tout vient de Hachem ?

Et si nous arrêtions de chercher des coupables ?

Même lorsqu’une situation ne se déroule pas comme nous le souhaiterions et que nous devons essayer de résoudre le problème, de communiquer avec l’autre, de faire les efforts nécessaires et d'entreprendre les démarches qui s’imposent, au bout du compte, la conclusion reste la même : il n’y a pas de coupable.

C’est Hakadoch Baroukh Hou qui a choisi que les choses se dérouleraient ainsi.

Si nous pouvions réellement comprendre ce que signifie vivre avec la foi — vivre avec la conviction que tout ce qui se passe ici-bas est décrété d’En-Haut…

Cela ne signifie pas pour autant que l’individu ne doive pas se soucier de bien agir, ni se préoccuper de faire de son mieux et de fournir tous les efforts nécessaires. Et, bien évidemment, il faut prier.

Mais, en définitive, ce qui s’est passé, c’est ce qui devait se passer. C’est ainsi que cela avait été écrit dans le Ciel.

Entrons donc dans cette nouvelle année avec des réserves de foi et de compréhension, avec la conviction que personne ne peut réellement nous nuire.

Je vous souhaite une excellente année, pleine de bénédictions et de bonnes nouvelles.

Gmar 'Hatima Tova