Dans le judaïsme le vêtement  joue un rôle fondamental ayant une influence directe sur celui qui le porte et ce depuis la création du monde. En tant que femmes, notre habillement reflète clairement notre attachement à Hachem et aux lois de la Tsniout.  D’un autre côté, le mot « vêtement » en hébreu est composé des mêmes lettres que le terme « trahison ». Il va aussi masquer, cacher, camoufler certaines rondeurs ou autres imperfections de notre corps. Ou bien encore il véhiculera une fausse image attirant les regards à outrance notamment si nous ne nous habillons pas de manière gracieuse ou pudique.

Dans cette Paracha, le vêtement fait son apparitionà plusieurs reprises nous confirmant ainsi qu’il a un double rôle. Il peut être soit un ami révélateur de grandeur d’âme, de pureté, de sainteté et symbole de vérité et parfois de deuil, soit un ennemi aguichant, vulgaire et trompeur.

« Le vêtement reflète l’honneur de l’homme » [1] : Yaacov aimant Yossef plus que ses autres fils lui fit une tunique en laine fine [2]. Le Midrach nous raconte que cette veste était à manches longues pour montrer à ses autres fils que Yossef était exempt de travail manuel. Le Midrach nous apprend [3] également que c’est grâce à la Tsniout hors du commun de Tamar, s’étant toujours pudiquement voilée la face dans sa maison, qu’Hachem l’a choisie pour être l’ancêtre de la famille royale du peuple d’Israël. 

Le vêtement porte la tristesse et le choc du deuil : Réouven déchira ses vêtements lorsqu’il ne vit plus Yossef dans le puits. Puis Yaacov en apprenant le (faux) décès de son fils, déchira lui aussi ses vêtements comme signe de deuil et de brisure.

Le vêtement peut tromper : L’unique preuve que les fils de Yaacov apportèrent à leur père afin de prouver la fausse disparition de Yossef fut sa tunique pleine du sang d’un chevreau. Yéhouda ne reconnut pas Tamar lorsqu’elle se déguisa en prostituée. Après s’être unie à lui, Tamar changea de vêtements en retirant son voile et en revêtant sa tenue initiale de veuve.

Le vêtement « charmeur » : Zoule’ha, la femme de Potifar, essayait à tout prix d’attirer l’attention de Yossef en changeant de tenue matin et soir [4]. Puis le  jour où elle trouva l’occasion de le faire chuter, le Midrach nous dit qu’elle se vêtit de robes couteuses, orna sa chevelure d’une couronne de joyaux, se mit du maquillage et du parfum.  Zoule’ha sortit un glaive de dessous sa robe et en un instant Yossef se glissa hors de son vêtement qu’il laissa entre les mains de la traitresse puis sortit en courant.

Le vêtement comme preuve de vérité : De peur que Yossef ne révèle toute sa manigance à son mari, Zoule’ha ôta ses beaux vêtements et raconta à Potifar que Yossef s’était conduit de manière indécente en montrant l’habit de l’accusé comme preuve. Osnat, la jeune fille adoptive de Potifar et de Zoule’ha dit que c’était le contraire qui s’était produit.  Potifar convoqua les prêtres qui décidèrent de trancher en fonction de l’examen de l’habit de Yossef. S’il était déchiré devant cela prouvait la culpabilité de Yossef, Zoule’ha l’ayant rompu pour se libérer. S’il était déchiré par derrière cela signifie qu’il avait du fuir et qu’elle avait couru derrière lui en voulant l’attraper. Le vêtement en tant déchiré dans le dos, les prêtres égyptiens déclarèrent que Yossef était innocent, mais Potifar mis tout de même Yossef en prison afin de ne pas se faire ridiculiser par la ruse sa femme [5].

 

[1] Chabbath 113A

[2] Béréchit (37 :3)

[3] Le Midrach raconte

[4] Yoma 35B

[5] Le Midrach raconte