Habituellement présentée à juste titre comme la ville sainte, Jérusalem s’affirme aussi comme une métropole en forte croissance, à la croisée des dynamiques politique, diplomatique et économique.

Capitale déclarée du pays, elle concentre les principales institutions nationales et fait l’objet, depuis la fin des années 2010, d’une évolution notable de son statut diplomatique.

Un tournant intervient lorsque le président américain Donald Trump reconnaît officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël, y transférant en 2018 son ambassade. Plusieurs pays emboîtent le pas avec des déclarations d’intention, des ouvertures d’ambassade ou de représentations diplomatiques comme le Guatemala, le Honduras, le Paraguay, la République tchèque, tout récemment l’Argentine et, plus audacieux, le Kosovo, pays à majorité musulmane. Si la majorité des pays reconnaissant Israël maintiennent leur ambassade à Tel Aviv, cette évolution marque néanmoins une rupture partielle avec la position internationale dominante.

Car de Jérusalem sortira la Torah…

Sur le plan démographique et religieux, Jérusalem constitue le principal centre mondial de l’étude de la Torah. La ville accueille plusieurs centaines de Yéchivot et de Collelim, attirant chaque année des dizaines de milliers d’étudiants d’Israël et du monde entier. Des institutions de Torah majeures, comme la Yéchiva de Mir ou Or Ha’haïm pour ne citer qu’elles, considérées comme les plus grandes au monde avec des milliers d’étudiants, s’y trouvent. Jérusalem est aujourd’hui le premier lieu mondial d’étude de la Torah, où les décisions en matière de Halakha, les grands tribunaux rabbiniques et les réseaux éducatifs exercent une influence globale. Torah-Box et ses Collelim y ont pignon sur rue !

Cette centralité religieuse s’accompagne d’un dynamisme démographique soutenu. La population de Jérusalem dépasse aujourd’hui le million d’habitants, avec un taux de fécondité notable : tandis les femmes juives en Israël comptent près de 3 enfants – ce qui est déjà nettement au-dessus du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme), leurs homologues ont en moyenne largement plus de 4 enfants à Jérusalem.

Foi et économie font bon ménage

Sur le plan économique, il convient de souligner la mutation rapide de Jérusalem. Longtemps en retrait comparée à Tel Aviv, phare incontesté de la start-up nation, la ville sainte développe depuis une quinzaine d’années un écosystème technologique. Des zones comme Har ‘Hotsvim ou le Jerusalem Technology Park accueillent des entreprises dans les secteurs de la cybersécurité, des biotechnologies, de la medtech et de l’intelligence artificielle. Des multinationales telles qu’Intel, Mobileye – dont le siège est à Jérusalem – ou encore des centres de R&D internationaux y sont implantés.

Arrêtons-nous un instant sur le cas emblématique de Mobileye : l’entreprise fondée à Jérusalem et spécialisée dans les technologies de conduite autonome est devenue un acteur mondial majeur après son rachat par Intel pour plus de 15 Md$ en 2017. Elle emploie aujourd’hui plusieurs milliers de personnes et contribue à fermenter le bassin d’emploi local.

Cette dynamique est soutenue par des politiques publiques actives. L’Autorité israélienne de l’innovation et la municipalité de Jérusalem financent incubateurs, programmes d’accélération et infrastructures destinées à attirer entrepreneurs et investisseurs. Le Jerusalem Venture Partners (JVP), l’un des fonds de capital-risque les plus influents du pays, joue également un rôle clé dans le développement de start-ups locales.

Au niveau macroéconomique, Jérusalem bénéficie du fameux "miracle économique" israélien qui, en dépit d’une guerre extrêmement douloureuse et coûteuse, parvient à maintenir un taux de croissance de 3% pour 2025. À titre de comparaison, l’économie française ne franchit pas les 1% sur le même exercice.

Par ailleurs, Jérusalem reste un centre touristique majeur, une gageure après avoir affronté pandémie, attentats et guerres. La ville attire, en période stable, plusieurs millions de visiteurs par an. Le tourisme génère des revenus significatifs et soutient des secteurs entiers de l’économie locale, au rang desquels l’hôtellerie, la restauration et les services.

Dans le wagon de tête

Les infrastructures accompagnent cette croissance. Le réseau de tramway de Jérusalem a été étendu et continue de se développer avec de nouvelles lignes en construction visant à relier les différents quartiers de la ville, eux aussi en forte expansion. Des investissements importants sont également réalisés dans les routes, les transports publics et les logements afin de répondre à une demande haussière.

Enfin, Jérusalem joue un rôle croissant dans l’enseignement supérieur et la recherche. L’université hébraïque de Jérusalem figure parmi les institutions académiques les plus reconnues du pays, notamment dans les domaines scientifiques et technologiques.

Jérusalem présente aujourd’hui un profil composite dynamique : capitale mondiale de l’étude de la Torah, centre politique en consolidation diplomatique et pôle économique en forte croissance, intégré dans la marche en avant d’une économie israélienne toujours innovante. Ce n’est pas un hasard si Jérusalem est une destination de choix pour nombre de ‘OlimHadachim, et où plus de 9 habitants sur 10 se déclarent heureux d’y vivre.