Jamais l’humanité n’a eu accès à autant d’informations, et pourtant, jamais elle n’a été aussi perplexe, empêtrée, embroussaillée dans des news douteuses, des comptes dits « objectifs » mais sans sources fiables, des analyses de « spécialistes » eux-mêmes tendancieux, des affirmations aussitôt suivies de démentis indignés, qui les contredisent dans la foulée…
Le quidam lambda, pour ne pas gober la déballe qu’on lui vend sur le comptoir des réseaux sociaux, va devoir être très, très circonspect.
Et encore…
Car un épais film de brouillard est descendu sur le monde et refuse de se dissiper.
Pas d’inquiétude, nos Sages l’avaient prévu. Avant que l’aube ne pointe, la nuit est au plus noir.

Ainsi, avant l’avènement du Machia’h — celui d’une ère limpide, où enfin l’humanité s’abreuvera aux sources claires de la connaissance du Divin — règne un désordre total où vrai et faux, bien et mal, sont inextricablement mêlés.
" À la fin des temps...
...la vérité sera absente". Cette observation apparaît dans le Talmud Babli (Sota) lorsque nos Sages énumérent les symptômes qui caractériseront l'époque des "talons du Messie - Ikvéta Démachia'h": après l'insolence galopante, le non-respect des anciens, la corruption de l'autorité et le mépris de ceux qui servent D.ieu, cette liste prophétique annonce la disparition de la Vérité.
Seul le descendant de David, l’Élu, sera apte à rétablir la vérité dans le monde, mais aussi dans nos cœurs. Donc pas de panique, vu l'obscurité ambiante, nous sommes sur le bon chemin.
La question est de savoir, en attendant, comment se mouvoir dans ce monde de chaos, à tâtons dans la nuit, alors que les références ont volé en éclats.
Le Très-Haut nous aurait-Il laissés, nous Son peuple aimé et tous les humains qui croient en Lui, abandonnés, sans repères et sans bergers ?
Le règne du « ça me convient »
Pour mesurer l’ampleur du désastre médiatique actuel, une statistique récente rapporte que les trois plateformes — TikTok, X et YouTube — les plus utilisées, présentent désormais davantage de contenus problématiques que crédibles, si l’on inclut les posts abusifs (insultes, discours haineux, etc.) et ceux dits « borderline ». Et attention : cette statistique ne prend même pas en compte les publications qui entrent dans la catégorie des « invérifiables » !

D’où allons-nous recevoir une information objective et neutre, qui nous permettra de nous forger une opinion, quand le matériau initial est pollué dès sa conception par ceux qui le diffusent ?
Même Wikipédia - version anglaise -, le puits d'infos tout-terrain le plus utilisé au monde (7 milliards de visiteurs chaque mois), notre premier réflexe pour une innocente recherche de données, s'avère distiller une malicieuse désinformation dans tout ce qui touche Israël.
L’IA, depuis deux ans, a introduit une dimension encore plus irréelle à ce tohu-bohu : une voix peut être imitée, une signature copiée, une image générée. Même une figure d’autorité — un expert, un rabbin — peut être entièrement fabriquée, avec des paroles qui n’ont jamais été prononcées. On monte encore d’un niveau dans les eaux viciées de notre fausse-réalité.
Mais la cerise sur le gâteau, est qu'à force de s'habituer au désordre, les internautes disent se moquer éperdument de savoir si l’information est vraie ou fausse, du moment qu'elle plaît.
Nous sommes entrés dans le règne du « si ça me convient, c'est bien ».
Nos Sages ont dit : "Qu'elle vienne cette ère de la fin des temps, mais que je ne la voie pas", tant la confusion sera épaisse, tant cette phase de chaos sera faite de souffrance morale.

Des évidences biologiques, physiologiques admises depuis la nuit des temps (comme le genre d'un individu), sont remises en question.
Dans un monde si instable, où aucune parole humaine ne peut plus prétendre être crédible, il faut chercher une autre dimension, viable, porteuse, apaisante, qui se serait mesurée aux sociétés les plus évoluées, les plus performantes et qui leur aurait survécu, demeurant d'une totale pertinence.
Soyons de bonne foi ! Seul un message transcendant peut dorénavant échapper à l'érosion du doute.
Un mal pour un Bien
La confusion ambiante est une chance : lorsque tous les référents sont devenus obsolètes, s'ouvre alors la possibilité d'une écoute à la Parole de D.ieu, inaudible tant que les idoles étaient encore debout.
Et ce n’est pas un hasard si le décompte du ‘Omer vers le don de la Torah ne se fait pas à rebours, mais en progression.
Chaque jour se hisse sur le précédent, s’y ajoute, le prolonge, pour atteindre le Mont Sinaï, enveloppé de sa lumière éblouissante.
Et de là, la vue est imprenable... sur le monde enfin retrouvé.
(Pour la Réfoua Chéléma de Carine Dora bat Helyett Sultana)





