Aujourd'hui, mon cœur est partagé.

Comme des dizaines de milliers de personnes, je suis profondément triste. Triste parce que celui grâce à qui tout a commencé pour moi n'est plus parmi nous.
Le Rav Ron Chaya m'a appris qu'un homme pouvait consacrer toute sa vie à changer celle des autres. Il m'a montré qu'une seule personne, si elle est totalement habitée par sa mission, peut relever des milliers d'âmes, reconstruire des familles entières et transformer des générations.

Il m'a appris qu'il ne faut jamais sous-estimer l'impact qu'un homme peut avoir lorsqu'il décide de vivre non pas pour lui-même, mais pour les autres.

Mais, en même temps, je suis profondément heureux pour lui.

Car je ne crois pas avoir rencontré un homme qui appartenait aussi peu à ce monde. Ni la nourriture, ni les vêtements, ni les voitures, ni l'argent ne semblaient avoir de place dans son cœur. Il était entièrement habité par D.ieu, par Sa Torah et par le peuple d'Israël. Toute sa vie, il n'a attendu qu'une seule chose : rencontrer Hachem et préparer le peuple d'Israël à la Guéoula.

Il était l'exemple vivant d'un homme entièrement consacré à une seule mission. Il n'avait pas dix objectifs, pas cent projets. Toute son existence tournait autour d'une seule idée : rapprocher le plus de Juifs possible de leur Père céleste.

Je ne me souviens pas l'avoir vu, en plus de vingt-cinq ans, habillé différemment. Les mêmes costumes, les mêmes chaussures, la même voiture. Non parce qu'il ne pouvait pas avoir davantage, mais parce que tout cela lui était profondément égal.

Pendant que tant d'entre nous consacrent du temps à améliorer leur confort, lui consacrait chaque minute disponible à sauver une âme de plus.

Il ne construisait pas une carrière.
Il construisait des Juifs.
Il ne cherchait ni les honneurs, ni la reconnaissance, ni la réussite personnelle.

Son bonheur était de voir un homme remettre les Téfilines, une femme retrouver la beauté de la Torah, une famille reconstruire son foyer, un Juif revenir vers Hachem.

Et cette unique mission, il l'a accomplie jusqu'à son dernier souffle.

Aujourd'hui, je suis convaincu qu'il reçoit une récompense que nous sommes incapables d'imaginer. Peu d'hommes auront consacré autant d'heures, autant de forces et autant d'amour au Klal Israël.

Mais si aujourd'hui est un jour de tristesse, il doit aussi devenir un jour de décision.

Nos Sages enseignent qu'entre l'enterrement et la fin des sept jours de deuil, existe un moment d'une force spirituelle exceptionnelle. C'est un temps où le Ciel accorde une aide particulière à ceux qui souhaitent reprendre une partie de l'œuvre du défunt, s'attacher à ses qualités et poursuivre ce qu'il a commencé.

Alors je vous en prie.
Ne laissez pas passer ces jours.

Prenez quelque chose du Rav.
Prenez sa vérité.
Prenez son amour de la Torah.
Prenez son humilité.
Prenez sa simplicité.
Prenez surtout son amour immense pour chaque Juif et son désir brûlant d'impacter des vies.

Peu importe ce que vous choisissez. Une Mitsva supplémentaire. Quelques minutes d'étude chaque jour. Un engagement sur Chabbath. Une prière plus sincère. Un acte de bonté. Ou simplement la décision de rapprocher un autre Juif d'Hachem.

Car le plus bel hommage que nous puissions lui rendre n'est pas seulement de parler de lui.

C'est de continuer ce qu'il a commencé.

Si chacun d'entre nous reprend une seule étincelle de ce qu'il était, alors le Rav Ron Moché Chaya continuera à transformer des vies, même après son départ.

Et je suis persuadé que c'est cela qui lui procurerait aujourd'hui la plus grande joie.

Au fil des jours, si Hachem m'en donne la force, l'inspiration et le cœur, je partagerai avec vous quelques pépites que j'ai eu le mérite de vivre à ses côtés pendant toutes ces années. Des scènes simples, parfois inconnues, qui disent souvent bien plus sur un homme que les plus grands discours. J'espère qu'à travers ces souvenirs, nous continuerons à apprendre de lui, à nous inspirer de lui et à faire vivre son héritage.