c Question au Rav : L'Afikoman, c'est quoi ?

L'Afikoman, c'est quoi ?

Rédigé le Mercredi 4 Avril 2018
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Que signifie l'Afikoman ?

C'est mon premier Séder.

Pourriez-vous me dire quelles sont les choses incontournables à faire pour m'acquitter le soir du Séder ?

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
27387 réponses

Bonjour,

1. Cliquez sur le lien suivant, vous verrez le Séder dans une très belle vidéo d'une durée de plus de 90 minutes.

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2. Le soir de Pessa'h, il vous est conseillé d'être invité afin de ne pas manquer des détails importants.

3. Ci-dessous, quelques détails à ,propos de l'Afikoman :

A l'époque du Beth Hamikdach, la viande du Korban Pessa'h était consommée à la fin du repas.

Cette viande ne devait pas constituer la partie essentielle du repas. Elle devait être servie en dernier lieu, à un moment où l'on est presque rassasié.

Il fallait manger, tout d'abord, la viande d'un autre sacrifice - le Korban 'Haguiga - et terminer son repas avec la viande du Korban Pessa'h.

Voici les raisons mentionnées dans les écrits de nos maîtres à propos de cette instauration :

1. Il faut manger le Korban Pessa'h à la fin du repas pour en garder le goût en bouche. Rachbam sur Talmud Pessa’him 119b.

2. La consommation du sacrifice doit laisser apparaître la soumission de l'homme à un ordre Divin et non pas une simple action ayant pour but de calmer sa faim. Voir Rachi et Méiri sur Talmud Nazir 23a.

3. Le Korban Pessa'h ne doit pas être consommé lorsque nous sommes affamés, ceci n'est pas très honorable. Il faut choisir un moment où l'accomplissement de la Mitsva n'est pas stimulé par l'appétit sensuel afin que la pureté de la pensée ne soit pas troublée. Voir Rachi, passage Ene Maftirine sur Talmud Pessa’him 86a et Rachbam, passage Kéguone Ardilaï sur Talmud Pessa’him 119b.

En souvenir de ce sacrifice tellement important, nos Sages ont exigé de consommer un morceau de Matsa afin d'éveiller en nous des sentiments pour le Beth Hamikdach qui n'est toujours pas reconstruit.

Nos Sages n'ont pas voulu choisir un bout de viande pour cette Mitsva, car on risque de penser que la consommation du Korban Pessa'h en dehors de l'endroit réservé à cet effet est permise [ce qui est une grave erreur].

Pour éviter toute ressemblance avec la viande du Korban Pessa'h, c'est donc un morceau de Matsa qui est choisi.

D'après cette raison, la quantité de Matsa à consommer est l'équivalent d'un Kazaït.

Etant donné que cette Matsa doit être consommée dans les mêmes conditions que le Korban Pessa'h, il est interdit de manger quoi que ce soit après avoir accompli cette Mitsva [il y a des détails à ce sujet].

Certains décisionnaires rapportent une autre explication pour la consommation de Matsa en tant qu'Afikoman. Voir Rachi et Rachbam, passage Ene Maftirine sur Talmud Pessa’him 119b.

Selon eux, la Mitsva consistant à consommer la Matsa le soir de Pessa'h est réalisée à la fin du repas et non pas au moment du Motsi-Matsa.

En effet, selon Hillel Hazaken, la Matsa, le Korban Pessa'h et le Maror devaient obligatoirement être mangés à la fin du repas en étant réunis. Donc, pour accomplir la Mitsva de consommer la Matsa conformément aux exigences de cette opinion, nous attendons la fin du repas. En d'autres termes, c’est avec la Matsa de l'Afikoman que nous accomplissons véritablement notre obligation de manger de la Matsa.

D'après le Maharal de Prague, l'Afikoman n'est consommé ni en souvenir du Korban Pessa'h ni pour accomplir la Mitsva de consommer la Matsa pareillement à Hillel, mais uniquement en souvenir de la Mitsva consistant à garder le goût du Korban Pessa'h. Voir Guevourot Hachem, chapitre 63, passage Véokhlim.

D'après la Halakha, il suffit de manger un seul Kazaït de Matsa pour l'Afikoman. Voir Choul'han ‘Aroukh, chapitre 477, Halakha 1.

Comme nous l'avons mentionné précédemment, ce Kazaït de Matsa est consommé avant le Birkat Hamazone en souvenir du Korban Pessa'h qui était consommé à la fin du repas, au temps du Beth Hamikdach.

Cependant, pour être certain d'accomplir la Mitsva selon toutes les opinions, il est bien de manger un second Kazaït correspondant à la Matsa consommée avec le Korban Pessa'h.

Voir Kaf Ha’haïm, chapitre 477, passage 1, Michna Broura, chapitre 477, passage 1, Bayit ‘Hadach, chapitre 477, passage Ouminhaguénou, Choul'han ‘Aroukh Harav, chapitre 477, Halakha 3.

Généralement, la demi-Matsa posée sur le plateau, destinée à l'Afikoman, n'est pas suffisante pour tous les membres de la famille et les invités. Il faut donc compléter la quantité requise en apportant d'autres Matsot. Dans certaines communautés, le père de famille donne tout de même à chacun des membres de la famille un petit morceau de la demi-Matsa pour mériter d'en goûter.

Les femmes sont également tenues de manger un Kazaït de Matsa pour l'Afikoman. Voir Choul'han ‘Aroukh, chapitre 472, Halakha 14 et Michna Broura, chapitre 477, passage 2.

On ne récite pas de Brakha avant de consommer l'Afikoman, car selon l'opinion retenue par la Halakha, la consommation de cette Matsa n'est pas une Mitsva en soi, elle n'est qu'un souvenir du Korban Pessa'h que nous ne pouvons pas offrir et consommer de nos jours. Certains décisionnaires font remarquer que l'Afikoman est déjà inclus dans la Brakha récitée au moment du Motsi-Matsa.

Dans certaines communautés, il est habituel de dire la phrase suivante : "Zékhère Lékorbane Pessa'h Hanéékhal ‘Al Hassava" - "[Nous mangeons cette Matsa] En souvenir du Korban Pessa'h que l'on consommait à la fin du repas". Voir Kaf Ha’haïm, chapitre 477, passage 1.

Il faut s'allonger sur le côté gauche durant la consommation de l'Afikoman. Voir Choul'han ‘Aroukh, chapitre 477, Halakha 1.

En cas d'oubli, il est préférable de consommer un autre morceau de Matsa. Si cela est difficile, on est tout de même acquitté de la Mitsva. Voir Michna Broura, chapitre 477, passage 4.

D'après certains décisionnaires, il n'est pas nécessaire de consommer un autre morceau de Matsa. Voir Kaf Ha’haïm, chapitre 472, passage 45, 49, et chapitre 477, passage 7.

L'Afikoman doit être consommé avant l’heure de 'Hatsot. Voir Choul'han ‘Aroukh, chapitre 477, Halakha 1.

L'heure précise figure dans la plupart des calendriers [en Israël : ≈ 0h20. En France : ≈ 0h50. Ces horaires peuvent varier - consulter les calendriers locaux].

En cas de force majeure, il faut tout de même consommer l'Afikoman après cette heure limite, car, d'après certains décisionnaires, la Mitsva peut être accomplie jusqu'à l'aube. Voir Biour Halakha, début du chapitre 477.

A l'époque du Beth Hamikdach, il était interdit de manger quoi que ce soit après avoir consommé la viande du Korban Pessa'h.

Trois raisons essentielles sont données par nos maîtres : 1. Il faut manger le Korban Pessa'h à la fin du repas pour en garder le goût en bouche. Voir Rachbam sur Talmud Pessa’him 119b.

La consommation de la viande d'un sacrifice tellement important doit laisser apparaître un ordre divin et non pas une simple action ayant pour but de calmer sa faim. Voir Rachi et Méiri sur Talmud Nazir 23a.

Le Korban Pessa'h doit être consommé après avoir pris la majeure partie de son repas ['Al Hassava'] - à un moment où l'accomplissement de la Mitsva n'est pas stimulé par l'appétit sensuel, afin que la pureté de la pensée ne soit pas troublée.

Cette Halakha, déduite d'un verset de la Torah, se trouve à plusieurs reprises dans le Talmud. Voir Talmud Sota 15a, Zeva’him 28a, Mena’hot 21b.

Pour être certain que les gens ne consommeront pas le Korban Pessa'h au début du repas, les Sages de l'époque ont interdit de manger quoi que ce soit après sa consommation.

De nos jours, c’est la Matsa qui est choisie pour évoquer le souvenir de ce Korban, il faut donc se conformer à cette exigence et la consommer dans les mêmes conditions. Voir Choul'han ‘Aroukh, chapitre 478, Halakha 1.

Le fait de mettre en bouche un autre aliment après cette consommation si importante pourrait être interprété comme un désir de se débarrasser du message qu'elle véhicule.

Cependant, la volonté de préserver son goût montre bien que l'on y est attaché et qu'il nous est difficile de nous éloigner de ses leçons et de ses enseignements.

Si on a tout de même consommé un aliment après l'Afikoman, il faut manger un autre morceau de Matsa pour accomplir la Mitsva. Voir Michna Broura, chapitre 478, passage 1, Chévèt Halévi, volume 5, réponse 60, passage 2, et Kaf Ha’haïm, chapitre 478, passage 3.

En cas de difficulté, on est tout de même acquitté. Voir Min’hat Its’hak, volume 9, réponse 47.

Si on a récité le Birkat Hamazone, il n'est pas nécessaire de manger un autre morceau de Matsa. Voir Kaf Ha’haïm, chapitre 478, passage 3.

Si on a oublié de consommer l'Afikoman et que l'on s'en aperçoit après avoir terminé le Birkat Hamazone [avant d'avoir bu le troisième verre de vin], il faut refaire Nétilat Yadaïm [sans Brakha - Choul'han ‘Aroukh, chapitre 477, Halakha 2 et Michna Broura, passage 9], la Brakha de Motsi et consommer la quantité de Matsa requise.

Bien entendu, il faudra réciter à nouveau le Birkat Hamazone.

Si on s'en souvient après avoir bu le troisième verre de vin, voici la procédure à suivre :

On refait Nétilat Yadaïm sans Brakha,

On récite la Brakha du Motsi,

On mange la quantité de Matsa requise pour l'accomplissement de la Mitsva,

On récite à nouveau le Birkat Hamazone sans tenir un verre de vin en main. Voir Michna Broura, chapitre 477, passage 11.

On poursuit la Haggada à partir de l'endroit où l'on s'est interrompu pour consommer l'Afikoman.

Nos maîtres soulignent l'importance et la vertu des restes de Matsa de l'Afikoman. Ils rapportent un usage très ancien consistant à garder chez soi, ou dans l'une des poches de ses habits, un morceau de cette Matsa [excepté durant Chabbath où il est interdit de porter dans un endroit n'ayant pas de 'Erouv]. Voir Kaf Ha’haïm, chapitre 477, passage 6.

Ils affirment également que ce morceau de Matsa peut épargner de certains dangers [vols...] et surtout des risques encourus lors d'un voyage [air (avion), fer (train), terre (voiture...), mer (bateau)]. Il va sans dire que cette protection s'adresse aux personnes s'efforçant de parfaire leur conduite en étudiant ou en assistant à des cours de Torah. Ainsi, ils sont assurés que l'affection dont ils témoignent [même] pour les restes d'une Mitsva, sera une source de protection et d'assistance de la part du Créateur.

Je suis à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

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