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L'histoire de Guid'one

Rédigé le Lundi 1er Mars 2021
La question de Rémi V.

Chalom Rav,

Pouvez-vous m'éclaircir sur l'histoire de Guidéon avec Zévah et Tzalmouna qui sont dans Choftim ?

Merci de votre réponse.

La réponse de Rav Yona GHERTMAN
Rav Yona GHERTMAN
125 réponses

Chalom,

Tout d'abord, je vous félicite d'étudier le Nakh, car c'est une matière souvent laissée de côté, bien que très riche d'enseignements, à la condition de l'étudier selon l'éclairage de nos Sages. Par ailleurs, j'invite les lecteurs intéressés par cette question à lire au préalable les chapitres 7 et 8 du Séfer Choftim (livre des Juges) afin de bien situer la réponse qui va suivre.

Alors que Guidéon a gagné la guerre contre Midyan qui asservissait Israël (chapitre 7), il poursuit désormais les deux rois restants - Zéva'h et Tsamoun'a -, qui avaient alors traversé le Yarden et saccageaient les territoires de Réouven, Gad et Ménaché (Rachi sur Choftim 8, 4). Malgré le refus des habitants de Souccot et de Pénouel de l'aider, il parvient à les atteindre et à les défaire (8, 12).

A partir de là, et pour vous éclairer sur ce passage, voici l'explication du Malbim :

En interrogeant les deux rois tout juste capturés, il apprend qu'ils ont tué ses frères à Tavor, juste avant de franchir le Yarden (8, 18). Lorsque les deux rois décrivent ses frères, ils emploient une formulation énigmatique : "Comme toi, comme eux, la même apparence de fils de roi" (ibid.). On comprend ici qu'ils ont pris les frères de Guidéon (désigné ici comme "roi" par Zéva'h et Tsalmoun'a) pour ses fils et qu'ils les ont tués en tant que rebelles contre Midyan. Ils estiment ainsi être dans leur droit. 

En apprenant cela, Guidéon déclare qu'il ne les aurait pas fait exécuter s'ils n'avaient pas agi ainsi (8, 19). En effet, il est admis dans les lois de la guerre qu'on ne doit pas exécuter les rois de l'armée ennemie lorsqu'ils sont capturés, à moins qu'il n'y ait une circonstance aggravante. Or, en l'espèce, il ne s'agissait pas de ses fils, mais de ses frères, qui eux-mêmes ne s'étaient pas rebellés contre Midyan. En les tuant, Zéva'h et Tsalmoun'a ont donc commis une faute grave qui justifie leur peine.

Guidéon demande à son fils Yéter de procéder à leur exécution (8, 20), car il a un statut de "Goel Hadam" (vengeur de sang), lui autorisant à venger la mort des frères de son père. Cependant, le verset témoigne qu'il n'ose pas le faire, car il était encore jeune (ibid.). Zéva'h et Tsalmoun'a interpellent alors Guidéon en lui signifiant que c'est à lui qu'il appartient d'assumer cette exécution car "comme un homme, comme sa puissance" (8, 21). C'est-à-dire que l'usage de la force doit être liée à celui qui la détient, or, en tant que roi, c'est à lui de les tuer, car eux aussi sont rois. Guidéon accepte finalement leur discours et le met en pratique. 

A votre disposition pour des détails supplémentaires si nécessaire. 

Kol Touv.

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