Bonjour Rav,
Certains magasins à Jérusalem vendent des Pim's et autres délicieux biscuits de la marque Lu avec mention en hébreu "autorisé par la liste du Consistoire de Paris".
En regardant la composition je n'ai pas très bien compris si les gâteaux contenaient du lait, ou des traces de lait, ou pas de lait du tout.
Quand j'étais petite nous mangions ces gâteaux, puis avec le temps, nous sommes devenus plus pratiquants et nous n'achetions déjà plus les gâteaux en grande surface mais uniquement en épicerie casher.
Cela fait donc très longtemps que je n'ai pas mangé de Pim's mais je sais qu'ils sont excellents et j'aimerais bien en remanger.
La question est : quel niveau de cacherout ont ces gâteaux ? Rabbanout ou Méhadrin ? Y a t il un problème de lait non Chamour ou non ? Et pour quelqu'un comme moi qui ne mange que Méhadrin est-ce un problème ?
Je vous avoue que j'en ai un peu marre de me priver parce que je suis religieuse lol...
Merci pour votre réponse.
Bonjour,
1. Le niveau de cacherout de ces gâteaux est bien inférieur à celui de la Rabbanout ou des produits portant une certification Méhadrin. Donc, vous ne pouvez pas les consommer, puisque vous avez l’habitude de consommer uniquement des produits bénéficiant d’un niveau de cacherout supérieur. Pour des explications détaillées à ce sujet, voir paragraphe 7.
2. En tant que "religieuse", vous avez, à votre disposition, de nombreux autres gâteaux aussi bons si ce n'est plus. Pour les trouver, cela dépend du quartier où vous résidez.
3. Et puis, vous ne devez pas vous sentir "privée" car ce que nous devons pas consommer ne doit pas nous effleurer l'esprit et le fait de ressentir quelque chose ne signifie pas que nous devons agir en fonction de ce sentiment.
4. Au début du Méssilat Yécharim, Rabbi Moché 'Haïm Luzzato explique au nom de nos Sages les 'Ha'khamim, qu'Hachem a créé un monde dans lequel nous sommes confrontés à toutes sortes de choses qui peuvent nous attirer. Le monde est rempli de choses belles, agréables et séduisantes. Mais la Torah vient précisément nous apprendre à nous diriger dans ce monde.
Elle nous dit : cela est permis et cela est interdit ; cela est bon et cela ne l’est pas ; tu peux faire ceci, mais tu dois t’abstenir de cela.
Dès le premier jour de la création du monde, Hachem plaça le premier homme dans le Gan Eden. Il lui permit de profiter de tout ce qui s’y trouvait mais au milieu de cette abondance, Hachem lui fixa une limite : un des arbres lui fut interdit.
Il n'est pas juste de se dire : "Cela existe, cela m’attire, donc cela doit être permis." La question est plutôt : "Qu'est-ce qu'Hachem attend de moi ?"
5. C’est le respect de ces limites qui déterminera si on méritera sa part dans le monde futur ou non : savoir qu’une chose peut être présente devant soi, savoir qu’elle peut même l’attirer, et malgré cela, choisir de respecter la volonté de la Torah. En d'autres termes, dès le premier jour de la création du monde, Hachem nous a enseigné ce qu'Il attend de nous : être capable de ressentir une envie sans nécessairement la suivre, de rencontrer une tentation sans y céder et de placer Sa volonté au-dessus de nos propres envies.
6. Comme nous l'avons mentionné, Hachem sait que cette attirance existe et qu’elle peut apparaître. Mais entre ressentir quelque chose et décider d'agir, il y a une grande différence. Nos maîtres disent : lorsque nous ne choisissons pas les pensées ou les sentiments qui apparaissent dans notre cœur, nous avons le devoir et l'obligation de savoir ce que nous allons en faire.
Hachem a, donc, voulu que l’être humain vive dans un monde où certaines choses l’attirent, mais où la Torah lui donne les limites. C'est le seul but de notre création sur terre. Et, bien entendu, tout est récompensé dans le Monde futur. Lisez le onzième article du Rambam en cliquant sur ce lien :
https://www.torah-box.com/question/les-13-articles-de-foi-du-rambam_17535.html
C’est ça la Avodat Hachem : ne pas être dirigé par tout ce que l’on ressent, ni par ce que l'on voit, mais apprendre à diriger ses sentiments selon la volonté d’Hachem.
7. Ci-dessous, un extrait de la préface introduisant la liste des produits sélectionnés, éditée par le Consistoire de Paris :
"La liste est établie par les services du Grand-Rabbin de Paris. Nous déclarons après enquête, que les produits qui y figurent ne comprennent, à la date de la présente publication, aucune matière religieusement interdite, mais nous rappelons qu’à chaque instant les industriels peuvent modifier les compositions".
Cette déclaration montre clairement qu'une telle liste ne peut constituer qu'une indication [et une petite aide pour ceux qui sont encore loin de la religion], et non une véritable garantie de Cacherout. En effet, elle est fondée sur une simple vérification effectuée à distance, alors même que les auteurs reconnaissent eux-mêmes que la composition des produits peut être modifiée à tout moment. Sans contrôle permanent de la fabrication, personne ne peut assurer que le produit acheté aujourd'hui est rigoureusement identique à celui qui avait été vérifié plusieurs semaines ou plusieurs mois auparavant. C'est précisément pour cette raison que les autorités rabbiniques recommandent de privilégier les produits bénéficiant d'une certification de Cacherout assurant un suivi régulier et continu de leur fabrication.
Comment pourrait-on, donc, considérer comme fiable une vérification à distance portant sur un produit dont la nature est susceptible de changer du jour au lendemain, sans que personne n'en soit immédiatement informé ?
8. Pour des détails supplémentaires à ce sujet, cliquez sur ce lien :
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.