Bonjour Rav,
Une pâte contenant par exemple uniquement de la farine (3kg) et des œufs.
1. Est ce qu'on peut prélever et surtout "détruire" la 'Halla en touchant la pâte avec les mains mouillées d'eau du robinet pour rendre toute la pâte apte a recevoir la Touma ?
Sans ajouter l'eau dans la recette bien sûr, juste pour la rendre apte.
On prélèvera avec Brakha aussi ?
2. Même question que ci-dessus, mais en ayant les mains mouillés pour toucher le pain dejà cuit, sans avoir prélevé la 'Halla initialement.
Le fait que le pain soit maintenant très légèrement mouillé le rend-il Mékabel Touma et peut-on du coup prélever et détruire la 'Halla (avec Brakha) ?
3.Enfin, pouvez-vous confirmer que de l'huile de tournesol ne rend pas la pâte apte à recevoir l'impureté ?
Merci Rav.
Bonjour,
Le Choul’han Aroukh (Yoré Déa 329, 10) recommande de toujours intégrer à la pâte l’un des liquides qui la rendent apte à recevoir l’impureté, à savoir : l’eau, le vin, l’huile d’olive, le miel d’abeille et le lait.
De cette manière, il ne sera pas nécessaire de conserver le morceau de ‘Halla (prélèvement) dans un état de sainteté, et l’on pourra le brûler, ou éventuellement le jeter dans un double sac (selon certains avis).
En revanche, si l’on pétrit une pâte sans aucun des liquides précités, la pâte n’a jamais été rendue apte à recevoir l’impureté ; cela entraîne alors un problème pratique concernant le morceau de ‘Halla, à savoir : qu’en faire. C’est pourquoi, en Israël, on ne pourra ni la brûler ni la jeter, mais uniquement l’enterrer ; et en dehors d’Israël, on pourra la donner à un enfant Cohen [voir ‘Hazon Ich, Chevi’it 5, 10-11 et Derekh Emouna, Bikourim 6, 84].
Pour revenir à votre première question, le Chakh (329, 11) écrit explicitement que l’on ne peut rendre la pâte apte à recevoir l’impureté uniquement avant le pétrissage [voir également Derekh Emouna, Bikourim 6, 84].
Aussi, si la pâte a été pétrie uniquement avec des œufs, sans eau, on prélèvera la ‘Halla sans bénédiction [voir Chakh 329, 9, Derekh Emouna, Bikourim 6, 84 et Halikhot 'Olam tome 5, page 225]. Dans un tel cas, on ne pourra ni brûler la pâte ni la jeter dans un double sac, mais il faudra l’enterrer (en Israël) — ou la donner à un enfant Cohen (en dehors d’Israël).
Il en sera de même pour votre deuxième question : il sera interdit de rendre la pâte apte à recevoir l’impureté après l’avoir enfournée.
Je vous confirme que l’huile de tournesol ne rend pas la pâte apte à recevoir l’impureté, puisqu’elle ne fait pas partie des liquides mentionnés plus haut.
Concrètement, de nos jours, ce problème se présente rarement, car on lave généralement le blé à l’eau avant de le moudre (notamment parce qu’on y ajoute une poudre contre les insectes). Ensuite, on le fait souvent encore tremper dans l’eau afin qu’il gonfle, et ce n’est qu’après cela qu’on le moud. Il en ressort que la farine de consommation courante est déjà considérée comme apte à recevoir l’impureté.
Par conséquent, même si l’on pétrit la farine uniquement avec des œufs, il n’y a généralement aucun problème, puisque la farine a déjà été préparée à recevoir l’impureté. Dans un tel cas où l'on ne mélange aucun des liquides requis lors du pétrissage, on prélèvera tout de même la ‘Halla sans bénédiction, comme expliqué plus haut.
[En revanche, si l’on a pétri une farine Chemoura de Pessa’h, qui n’a jamais été mise en contact avec de l’eau, et qu’on la pétrit uniquement avec des œufs, il faut ajouter un peu d’eau dans la pâte avant le pétrissage, afin de la rendre apte à recevoir l’impureté (voir Pit’hé Téchouva Yoré Déa 329, 30, Maguen Avraham 462, 5, Ma’hatsit Hachékel).]
Soyez béni !