Bonjour Rav,
Dans Yéhochoua' 24, 25-26, il est marqué : "En ce jour même, Josué établit un pacte avec le peuple, et lui imposa une loi et des statuts à Sichem" ; "Puis Josué consigna ces choses dans le livre de la loi divine ; il prit aussi une grande pierre qu'il dressa en ce lieu, sous le chêne qui était dans le lieu consacré à l'Eternel."
Donc, Yéhochoua' a écrit dans la Torah ? Qu’est-ce qu’il a marqué exactement dans ce Livre ?
Merci Rav.
Bonjour,
Le verset en question dit : "Ce jour-là, Josué fit alliance avec le peuple, et il lui donna des lois et des ordonnances à Chkhèm."
Ce verset se situe à la fin du livre de Yéhochoua', lors de son dernier discours avant de quitter ce monde. Après avoir rappelé au peuple d’Israël toutes les bontés qu’Hachem leur avait faites, depuis la sortie d’Égypte jusqu’à la conquête de la Terre promise, il les encourage à rester fidèles à Hachem et à rejeter toute idolâtrie. Le peuple répond en affirmant son engagement à servir Hachem seul.
Il scelle alors une alliance [une sorte de renouvellement du "pacte" conclu au mont Sinaï] entre Hachem et le peuple d’Israël. Il explique et éclaircit les lois de notre sainte Torah et ordonne de nouvelles instaurations en vue de l'installation en Israël [voir commentaire du Malbim sur le verset en question et plus bas].
En résumé : le verset raconte que Yéhochoua' a fait un nouvel engagement solennel entre le peuple et Hachem, leur rappelant de vivre selon la Torah et de rester fidèles à Hachem dans leur vie sur la Terre d'Israël.
Avant l’entrée du peuple d’Israël en Terre promise, Yéhochoua‘, qui succède à Moché Rabbénou, met en place plusieurs règles [Takanot] et dispositions pratiques pour organiser la vie du peuple une fois installé en Israël. Nos Sages, les 'Hakhamim, ainsi que le Rambam les rapportent en détail. Baba Kama 80b-81a, Rambam, Hilkhot Nizké Mamon, chapitre 5, Halakha 3.
En voici quelques-unes :
1. Il a établi que l’on peut faire paître les petits troupeaux [chèvres, brebis] dans les forêts où les arbres sont grands et robustes. Mais on ne peut pas y faire paître les gros animaux [comme les bœufs]. Et dans une forêt composée d’arbres jeunes et fragiles, il est interdit d’y faire paître tout animal, sauf avec la permission du propriétaire.
2. Si une source d’eau jaillit dans le territoire d’une ville, même si sa source principale se trouve ailleurs, les habitants de cette ville ont le droit d’en profiter exclusivement. Les autres n’ont pas le droit d’y puiser.
3. Tout le monde peut pêcher dans le lac de Tibériade, mais uniquement à la canne [avec un hameçon]. Mais étendre un filet ou amarrer un bateau pour pêcher n’est permis qu’aux membres de la tribu à qui ce rivage a été attribué.
4. Celui qui se perd dans les vignes ou les champs peut arracher le branchage des arbres jusqu’à retrouver son chemin, même si cela l’amène à passer dans une propriété privée.
5. Si les chemins publics deviennent impraticables à cause de la boue ou de flaques, les voyageurs ont le droit de marcher sur les côtés, même si l'on doit empiéter sur des terrains privés.
6. Un mort sans personne pour l’enterrer [Met Mitsva] "acquiert l'endroit où il se trouve" : on l’enterre sur place, où on l’a trouvé, sauf s’il se trouve sur une frontière [entre deux propriétés], ou dans le périmètre d’une ville. Dans ces cas, on le transporte au cimetière pour l’y enterrer.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.