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Yitro : le sens de son idée

Rédigé le Dimanche 25 Novembre 2018
La question de Esther J.

Kvod Harabanim,

Bien que Yitro soit un personnage très important, mais, étant imprégné de 'Avoda Zara, reproche à Moché (homme de D.ieu) de juger d'une manière irréfléchie...

Conclusion : Moché l'écoute et fait ce qu'il demande.

Mes questions :

1) Comment se fait-il que Moché ne réagit pas envers Yitro ?

2) Comment se fait-il que Moché n'ait pas partagé les tâches depuis le départ, et, vu qu'il était Av Beth-Din, les grandes décisions lui revenaient ? Et pourquoi Hachem n'a pas ordonné depuis le départ à Moché de partager les tâches ?

3) Comment se fait-il que Moché ouvre un Sanhédrine avant que la Torah ne soit donnée (je pense qu'il n'y a pas d'ordre chronologique dans la Torah) ?

Tizkou Lamitsvot.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
19181 réponses

Bonjour,

1. Réponse à votre première question

Moché réagit suite à la proposition de Yitro. Sa réaction est mentionnée dans Chémot, chapitre 18, versets 24-25 : Moché écouta la voix de son beau-père et fit tout ce qu’il avait dit. Moché choisit des hommes de qualité d’entre tout Israël et il les plaça chefs sur le peuple…

2. Réponse à votre seconde question

En fait, l’idée de Yitro - une hiérarchie judiciaire et des tribunaux de petite instance - est déjà mentionnée dans notre Torah. Voir Dévarim 16, verset 18 et chapitre 17, versets 8-13.

Selon Rabbi Its’hak Abrabanel, s’appuyant sur les écrits de nos Sages dans le Midrash, Yitro n’a rien innové.

Moché savait bien qu’un peuple tel que les Bné Israël, a besoin d’une institution judicaire bien organisée qui ne peut être dirigée par une seule personne.

Moché Rabbénou s’est permis de s’occuper du peuple sans avoir recours à qui que ce soit d’autre, étant donné que jusqu’au don de la Torah il n’y avait pas une longue durée.

Il faut noter que Moché était, tout de même, accompagné de Aharon, de ‘Hour, et de 70 anciens. Voir Rachi, passage Gam Ata, sur Chémot, chapitre 18, verset 18 et Rachi, passage Végam Kol Ha’am Hazé sur verset 23.

La raison pour laquelle la Torah a donné une grande importance à la proposition de Yitro est l’amour et l’estime qu’il a [lui, seul] éprouvé envers Hachem et Son peuple en oubliant tout son passé.

Plus que cela, nos Sages affirment que Moché Rabbénou connaissait l’enseignement de Yitro  mais pour faire honneur à Yitro, on a fait en sorte du Ciel, qu’il l’ait oublié.

D’ailleurs, dans Dévarim, chapitre 1, versets 9-18, on s’aperçoit que Moché Rabbénou informe les Bné Israël à propos de cette idée comme étant la sienne et non celle de Yitro.

Voir le résumé de cette opinion dans Hagot Béparachiot Hatorah [R. Yéhouda Na’hchoni], volume 1, pages 292-293 et dans Cha’aré Aharon au nom de la Mékhilta Derabbi Chimon Bar Yo’haï, rapportée dans Torah Chléma.

L’auteur du Méam Loez apporte une autre réponse, extraordinaire :

Hachem n’a pas donné l’ordre à Moché Rabbénou d’agir selon « les instructions de Yitro » car cela pourrait laisser certaines personnes penser que Moché Rabbénou n’est pas à la hauteur de diriger le peuple et qu’il n’a pas les facultés nécessaires pour le juger.

Moché Rabbénou a supporté, avec plaisir, la « difficulté » liée à sa manière de faire car il ne voulait pas que les Bné Israël puissent penser qu’ils le dérangent et que son estime envers eux a diminué.

Aharon et les 70 anciens n’ont pas osé faire la demande [de nommer d’autres juges] car on pourrait les soupçonner de vouloir s’emparer de pouvoir et d’autorité ou de rechercher les honneurs.

Les Bné Israël n’ont pas osé faire part de leur « souci » car ils n’osaient pas contre dire leurs maîtres, Moché Rabbénou, Aharon Hacohen, ‘Hour et les 70 anciens.

Il a fallut que Yitro, le beau-père de Moché Rabbénou, arrive avec sa proposition, en bouche, afin que tous puissent penser que la nouvelle organisation n’est pas le résultat d’une pensée négative.

Voir Méam Loez, passage Véyech Lakhèm Lich’ol Od et suivants, sur Chémot, chapitre 18, verset 26.

Il y a d’autres réponses à ce sujet. Voir LA voix de la Torah [Rav Munk] sur Chémot, chapitre 18, verset 14 et Or Ha’haïm Hakadoch.

3. Réponse à votre troisième question

Même avant le don de la Torah, tous les litiges du peuple étaient réglés face aux anciens et à des juges ayant étudié la Torah. Voir Béréchit, chapitre 25, verset 22, Chémot, chapitre 24, verset 14.

Nos ancêtres ont étudié la Torah avant même qu’elle ne fut transmise au mont Sinaï.

Voici quelques exemples :

Avraham Avinou. Voir Rachi sur Béréchit, chapitre 26, verset 5,

Itsh’ak Avinou. Voir Midrash Rabba, chapitre 56, paragraphe 20 sur Béréchit, ‘Hizkouni sur Béréchit, chapitre 22, verset 19, Méchekh ‘Hokhma sur Béréchit, chapitre 22, verset 19,

Yaacov Avinou. Voir Talmud Kiddouchin 82a, Rachi, passage Vayichkav Bamakom Hahou sur Béréchit, chapitre 28, verset 11, Ramban sur Béréchit, chapitre 26, verset 5,

Amram, le père de Moché Rabbénou. Voir Ramban sur Béréchit, chapitre 26, verset 5,

Yossef Hatsadik. Voir Rachi sur Béréchit, chapitre 37, verset 3 et Ramban sur Béréchit, chapitre 26, verset 5.

Selon une opinion, dans le Midrash et le Talmud [Zeva’him 116a], c’est après le don de la Torah que Yitro a rejoint le campement des Bné Israël. D’après cette opinion, votre question n’a plus lieu d’être.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

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