Ma fille a un an et quatre mois.
À six mois, elle disait « lait » pour son biberon.
Aujourd’hui, elle dit encore « lait ».

Quand elle m’appelle, elle dit aussi « lait ». Pour elle, « lait » et « maman », c’est pareil.
Parce que la nourriture, ce n’est pas seulement le lait.
C’est de l’affection.
C’est la présence.
C’est la voix.
C’est les bras qui rassurent.

Elle a peu de mots. Mais elle a tout compris.
Elle ne parle pas comme les autres.
Elle parle un autre langage. Un langage d’émotions. Un langage de lien.

Quand elle dit « lait »,
elle dit :
« j’ai besoin de toi »,
« reste »,
« je me sens en sécurité ».

La trisomie 21, ce n’est pas un manque.
C’est une autre façon de sentir et de comprendre.

Ma fille m’apprend que l’amour nourrit autant que le lait.
Elle ne dit pas encore « maman ».

Mais elle sait déjà dire l’essentiel.

Et moi, quand elle dit « lait »,
je suis là.