Quand le Saint béni soit-Il a créé le monde – ‘Olam – Il lui a donné un cadre : le Temps et l’Espace. C’est le cadre dans lequel la création vit et ce, dans 4 domaines : le minéral, le végétal, l’animal et l’homme (qui parle).
Il est intéressant de remarquer que le ’Omer signifie à la fois une mesure d’orge (végétal) et une mesure appliquée à l’homme. Cela est inscrit dans la Torah : « Vous compterez depuis le lendemain de la fête, à partir du jour où vous avez offert le ’Omer (mesure d’orge) …
Vous compterez sept semaines entières, jusqu’au lendemain de la septième semaine – vous compterez cinquante jours, et alors vous offrirez une nouvelle oblation à l’Éternel » (Vayikra 23, 16). Ces 50 jours commencés avec une mesure d’orge s’achèvent avec une nouvelle oblation, faite celle-ci de ‘Hamets (pain de froment levé). La première dimension de cette période est donc construite sur une donnée agricole : passer de l’orge – matière plus simple, plus ordinaire – au pain, fait de froment. C’est ici la dimension agricole qui traduit, dans ce cas, le passage du pain de misère à un pain plus noble.
La seconde dimension de cette période concerne la pureté de l’homme, du corps. Pendant leur séjour en Égypte, les enfants d’Israël ont été souillés jusqu’au 49ème degré, et au cours de la période qui se situe entre la sortie d’Égypte et la Révélation du Sinaï, le peuple d’Israël se libérait chaque jour d’un degré d’impureté afin d’arriver, le cinquantième jour, à la scène du Sinaï, dégagé de toute impureté. Cette période concerne donc, en second lieu, l’élévation physique, la pureté corporelle pour se préparer à la rencontre avec le divin.
Mais au-delà de ces deux dimensions – progression alimentaire, et purification du corps – la période qui lie la libération à la Révélation traduit une élévation spirituelle, nécessaire à la Révélation de l’Auteur de la création. Cette troisième période est difficile, car elle doit nous conduire à comprendre ce qui fait la base de l’existence du monde : le Kavod, la difficulté à comprendre que le créé reflète le Créateur.
Les 24.000 élèves de Rabbi ‘Akiva ont été victimes d’une épidémie, car ils n'ont pas donné la valeur spirituelle au Kavod. Ce terme, en hébreu, a une valeur numérique de 32 et cela correspond à la première partie de la période, qui s’est arrêtée après 32 jours. « Kavod » est le même mot que « Kavèd » (lourd) car il traduit une valeur, un poids spirituel. Le siège de l’Éternel s’appelle le « Kissé Hakavod », « le trône de l’honneur ». Ne pas comprendre cette dimension, c’est détruire l’image de la spiritualité. Cela se reflète dans le respect des parents.
« Kavod » est le mot clé pour passer du poids du matériel face au spirituel. Pour cette raison, les 17 jours qui restent, après les 32 jours dans les 49 jours, ces 17 jours sont représentés par le mot « Tov » (valeur numérique de 17). Ce fut un arrêt dans l’épidémie. La réparation du négatif (32) se transforme en élévation du « Tov » (bien). La deuxième partie du compte du ‘Omer est le degré spirituel qui dépasse les forces négatives pour être pur à Chavou’ot, date de la Révélation.
Trois temps, trois dimensions nous invitent à nous « ressourcer », à retrouver la vraie source de l’existence. Fondement agricole avec passage de l’orge au froment, de l’azyme au « fermenté », premier stade, pureté corporelle pour avoir le mérite de rencontrer l’Éternel, et en dernier lieu, compréhension de ce qui fait le ciment de la construction, le Kavod, pour arriver à l’idéal « Hodou Lachem ki Tov » (Louez Hachem, car Il est bon). Louer, reconnaître que le Siège divin est fondé, dans le monde, sur la base du Trône divin. Sens actuel de la Séfira (Compte du ‘Omer) qui concerne le peuple d’Israël pour préparer le moment où le Tov – le bien – sera reconnu par l’humanité.




