Dans le Choul’han Aroukh, il est rapporté une loi de Rabbi Moché Isserlès concernant le mois de Nissan : « Il existe une coutume d’acheter du blé pour le distribuer ensuite aux pauvres afin qu’ils puissent avoir de quoi manger à Pessa’h. »

Par ailleurs, l’on rapporte qu’il existait une coutume dans certaines communautés d’aller voir les personnes aisées de la communauté pour prélever le Kim’ha Piss’ha ; si la personne en question refusait de donner pour le Kim’ha Piss’ha, en affirmant qu’elle n’avait pas d’argent, on lui rétorquait alors : « Prends donc pour toi le Kim’ha Piss’ha », ce qui était une façon délicate de lui faire comprendre que si elle n’assumait pas son rôle de riche, elle devrait alors assumer celui de pauvre…

Sur l’importance de ce prélèvement, on rapporte les propos du Michna Beroura : « C’est une coutume ancienne, qui date de l’époque de la Guemara (Talmud), ainsi qu’il est mentionné dans le Talmud de Jerusalem, au premier chapitre du traité Baba Batra : "Les habitants d’une même ville peuvent s’obliger mutuellement à donner cet impôt"».

Cherchant à définir les raisons de cette antique institution, le Michna Beroura nous donne un éclairage pour le moins extraordinaire : « Il est possible que la raison pour laquelle nos Maîtres ont légiféré sur les besoins des pauvres à Pessa’h davantage que pour les autres fêtes, c’est que Pessa’h est un temps de liberté durant lequel on s’assied et on s’accoude autour d’une table de fête, chacun avec sa famille, dans un débordement de joie. En effet, cela constituerait une offense à l’Honneur Divin que les pauvres soient affamés et assoiffés au moment du Séder. C’est la raison pour laquelle nous avons le devoir de leur fournir les denrées nécessaires pour toute la durée de la fête de Pessa’h, afin qu’eux aussi puissent raconter la sortie d’Egypte dans la joie. »

Ainsi le caractère même de Pessa’h qui est celui de la liberté et de la fin de l’esclavage, implique que nous sortions de la détresse matérielle nos coreligionnaires défavorisés, pour leur permettre de vivre pleinement cette expérience hors du commun qui est celle de la libération de l’esclavage d’Egypte, et donc par définition de la libération de tous les esclavages. En effet, l’exil d’Egypte est le prototype même de l’esclavage dans ce qu’il peut avoir d’avilissant pour l’homme.

Finalement, le prélèvement de Kim’ha Piss’ha n’apparait pas comme une simple coutume s’inscrivant dans le cadre général de la tsédaka (charité), mais bien comme une institution de nos Sages venant donner tout son sens à la fête de Pessa’h, qui est celle de la liberté. Or, on ne peut concevoir de liberté, individuelle comme collective, qui ne prenne en compte les besoins de nos frères indigents.

Chez nous, les pauvres ne sont pas une charge ou un fardeau, mais au contraire ils sont les enfants chéris de D. et de leur liberté et de leur dignité dépendent notre propre liberté et notre propre dignité…
 

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