À la veille de notre grande fête de Pessah, je voudrais partager avec vous cet enseignement qui pour ma part m'a profondément touché. Nous connaissons tous, le soir du Seder, les 4 enfants réunis autour de la table : Le sage, l'impie, le simplet, et celui qui ne sait pas poser de questions.

Le Rabbi de Loubavitch enseigne qu'il existe un cinquième enfant, à l'image du 5e verre que nous ne buvons pas. Il s'agit de celui qui n'est même pas à table. Le Rabbi nous apprend par là à quel point il est indispensable de savoir ne  jamais exclure un enfant, quel qu'il soit, quelles que soient ses tendances et sa nature.

Ce qui est remarquable, c'est de voir à quel point la Haggada nous oblige à tenter de comprendre la nature de chaque enfant. 

- Le sage, celui qui est l'exemple, celui qui marche droit dans la voie des parents et de la Torah, c'est l'enfant que tout le monde aimerait avoir. Il est éveillé, assoiffé d'apprendre, attentionné et attentif. 

- L'impie, c'est un enfant très intelligent, qui connaît parfaitement toutes les règles, toutes les lois, mais il les refuse. C'est le rebelle, peut-être l'insensible, en tout cas le provocateur. 

- Le simplet, quels pourraient être ses problèmes ? Peut-être une trop grande naïveté, peut-être un manque d'intérêt, peut-être aussi un handicap qui l'accompagne depuis toujours.!

- Quant à celui qui ne sait pas poser de questions, est-il associable ? Est-il malheureux? Ou bien, est-il atteint d'un mal que nul ne peut voir ou comprendre et qui constitue pour lui un véritable handicap !?

Quoi qu'il en soit, la Haggada veut nous mettre en relief le fait que, quelle que soit la nature de l'enfant, sa place est la même. Les couverts sont exactement les mêmes : celui du sage, le couvert de l'impie, du simplet ou de celui qui ne sait pas poser de question. La place autour de la table appartient à chaque enfant de façon égale, quelle que soit sa nature ou son comportement.

Cela nous donne une grande leçon d'éducation et de pédagogie.

On ne peut pas toujours maîtriser les pensées et la direction que prendra un enfant. On ne peut pas maîtriser le capital avec lequel il vient au monde, ni ce qu'il en fera plus tard. Par contre, en tant que parents, on se doit de donner de l'amour, de la tendresse, de l'affection et une place égale à chacun de nos enfants.

Nous aimons de tout notre cœur tous nos enfants et, chaque enfant, quel qu'il soit, a droit à sa place, au même titre que chacun des autres, à l'image de la table du Seder.

C’est la pureté du cœur, l’amour et la sensibilité qui constituent les outils indispensables pour atteindre et réaliser avec succès le plus grand défi de la vie : la réussite des enfants.