Né au Maroc le 1er Tichri 5650 (1889), Rabbi Israël Abi'hssira - plus connu sous le nom de « Baba Salé » - était un géant de la Torah, de la Kabbala et un véritable Tsadik.

Fils de Rabbi Mass’oud Abi'hssira - fils aîné de Rabbi Ya’acov Abi'hssira -, il prit sur lui de nombreux rituels élevés depuis son plus jeune âge : il fit un vœu de ne jamais manger de viande et jeûnait les jours de la semaine.

Connu pour faire de très nombreux miracles, des milliers de personnes allaient le voir pour prendre conseils et bénédictions.

En 1964 (5724), il s’installa à Yavné, en Israël, puis déménagea à Ashkélon, pour enfin arriver à Nétivot en 1970 (5730), ville dans laquelle il resta jusqu’à la fin de sa vie, le 4 Chevat 5744 (1984).
 

Je vois l’eau...

En vue de réparations dans la tuyauterie locale, l’eau fut coupée à Nétivot. Rabbi Israël Abi'hssira était impatient, cela le perturbait beaucoup et lui occasionnait une grande tristesse du fait que la purification des mains avait une très grande valeur, et qui pouvait ressentir le manque de l’eau comme lui ?

Sans se lasser, le Rav venait demander si l’eau coulait de nouveau dans les robinets, mais son Chamach se voyait contraint de lui répondre par la négative.

Après environ une heure d’attente, le Rav dit à son Chamach : « Je vois l’eau qui passe dans les tuyaux, va ouvrir le robinet. »

Bien que depuis le temps que le Chamach était près du Rav, il avait pris l’habitude de voir des miracles manifestes se produire devant ses yeux, malgré tout, ces paroles le bouleversèrent. Tout en se demandant si ses oreilles avaient bien entendu, il ouvrit le robinet comme le Rav le lui avait demandé, mais il n’y avait pas d’eau qui en sortait.

Le Chamach alla en informer le Rav, mais ce dernier lui dit plus fermement : « Je te dis que en ce moment-même mes yeux voient comment l’eau passe dans les tuyaux jusqu’au robinet. Va maintenant et ouvre le robinet. »

Le Chamach ouvrit le robinet, et effectivement l’eau en coula comme le Rav l’avait prédit.

Les yeux du Rav qui n’avaient jamais vu quelque chose d’interdit pouvaient pénétrer et distinguer des choses que nous ne voyons pas, et tout ceci par le mérite de la sainteté et la sanctification des  yeux.
 

« Elle est mariée »

La vue de Rabbénou et son Roua’h Ha-kodech (esprit saint) émerveillaient chaque fois les visiteurs. Connaître l’état civil de celui qui demande une bénédiction et qui attend à l’extérieur de la chambre, ne peut être expliqué que par le Roua’h Ha-kodech.

Un jour, parmi les gens attendant dehors, se trouvait une femme. Cette dernière alla voir le Chamach du Rav et lui donna une bouteille. Au même moment, le Chamach fut appelé auprès du Rav qui lui demanda : « Fais entrer tous les gens, pour qu’il puisse partir en paix. A qui appartient la bouteille que tu as dans ta main ? »

« A une femme. Que le Rav la bénisse d’une Réfoua Chéléma (guérison complète). », répondit le Chamach. « Et qu’a-t-elle besoin d’autre ? », demanda le Rav.

Le Chamach qui, selon l’allure jeune qu’avait la femme, la croyait célibataire, demanda au Rav qu’il la bénisse d’un Zivoug Hagoun.

Le Rav repoussa la bouteille et ne la bénit pas, le Chamach comprit alors qu’elle était mariée.

Pour en être sûr, il alla voir la femme qui attendait dehors et il lui dit : « Vous êtes mariée, n’est-ce pas ? » La femme confirma et dit : « Comment le savez-vous ? » Le Chamach lui raconta alors : « Lorsque j’ai demandé au Rav qu’il vous bénisse d’une Réfoua Chéléma, il a accepté, mais lorsque j’ai demandé une bénédiction pour votre Zivoug Hagoun, le Rav a repoussé la bouteille... »
 

Une bénédiction dans le rêve

Un jour, une jeune femme arriva chez le Rav. Il était connu que les femmes n’entraient pas dans la chambre du Rav, elle alla donc voir le Chamach du Rav et lui demanda de lui dire quelque chose sans que les autres ne l’entendent. Selon elle, elle avait fait un rêve qu’elle voulait raconter au Rav.

Le Chamach du Rav entendit son étrange demande et essaya de lui expliquer gentiment que ce n’était pas un endroit pour raconter ses rêves. « Si vous voulez demander une bénédiction au Rav, j’entre immédiatement lui en demander une, mais je ne peux pas lui raconter votre rêve, et en plus il n’y a pas le temps pour cela maintenant. », lui dit le Chamach en lui montrant les nombreuses personnes attendant de rentrer dans la chambre du Rav.

Mais la femme insista, elle était obligée de raconter son rêve au Rav. Le Chamach comprit qu’il ne pourrait pas la dissuader, et il lui promit de raconter son rêve au Rav.

La femme raconta : « Dans mon rêve, j’ai été chez le Rav en tenant une bouteille d’Arak fermée. J’ai demandé au Rav de bénir l’Arak qu’il y avait dans la bouteille afin que ce soit une Ségoula pour la réussite, et je lui ai également demandé qu’il me bénisse afin que j’ai des garçons. Le Rav prit la bouteille que j’avais amenée mais refusa de me bénir. "Attends un instant, je suis obligé de demander la permission dans le ciel pour te bénir pour avoir des enfants", me dit le Rav dans mon rêve.

Lorsque le Rav dit ces mots-là, un clic se fit entendre, et le bouchon sauta de la bouteille. Le Rav remit le bouchon sur la bouteille et dit : "Avec l’aide de D.ieu, cette année tu auras un garçon !" »

Le Chamach alla raconter le rêve de la femme au Rav, et ce dernier se mit à rire. Il dit en souriant : « Dans le rêve j’ai parlé. Dis à la femme que je l’ai déjà bénit dans le rêve et qu’elle n’a pas besoin d’une bénédiction supplémentaire... »

Après quelque temps, la femme revint chez le Rav pour annoncer qu’elle avait eu un petit garçon.
 

 « Il ne faut pas avorter »

Un vendredi, veille de Chabbath Paracha Ki Tissa en 5742, un homme fut appelé d’urgence à la clinique de Béer Chéva, où se trouvait sa femme. Cette dernière était enceinte et souffrait d’une importante perte de sang, ils furent donc amenés à l’hôpital « Soroka ».

Les trois médecins qui l’auscultèrent dirent sans équivoque qu’il fallait avorter ; la femme était alors à son troisième mois de grossesse. L’homme savait qu’on ne faisait pas un avortement si vite et qu’il fallait poser la question à un Rav. Il demanda alors aux médecins de repousser l’avortement d’une heure, et ces derniers - après de longues minutes de supplications et de refus - acceptèrent. De là-bas, l’homme prit sa voiture et se rendit chez Baba Salé.

Le vendredi, le Rav n’avait pas l’habitude de recevoir les gens, et à ce moment-là, on lisait « Chném Mikra Vé-é’had Targoum » dans la chambre du Rav. Après avoir expliqué la situation au Chamach, l’homme entra et attendit une courte pause des Rabbanim qui étaient avec le Rav pour lui demander s’il fallait avorter ou non. Le Rav fit une bénédiction sur une bouteille d’eau et déclara qu’il ne fallait pas avorter.

L’homme sortit de la maison du Rav encouragé, et se dépêcha de retourner à l’hôpital. Là-bas, il donna à sa femme à boire de l’eau de la bouteille bénie par le Rav, et lorsque les médecins vinrent pour continuer les préparations à l’avortement, l’homme leur suggéra de vérifier s’il y avait toujours besoin d’avorter. L’un des trois médecins dit que cela était inutile, mais après les supplications de la femme, ils acceptèrent. Après l’examen, les trois médecins furent sous le choc. L’un d’entre eux dit stupéfait : « Comment cela est-il possible ? L’embryon est revenu à sa place et le saignement s’est arrêté... ? »

L’homme était tellement heureux, que des larmes coulèrent de ses yeux et il lut des Téhilim pour remercier Hachem. Après trois jours, la femme fut libérée de l’hôpital, en bonne santé.

A ‘Hol Hamo’èd Pessa’h, l’homme alla rendre visite au Rav qui demandait à ses visiteurs de le bénir de mériter de voir Machia’h. L’homme fit ce que le Rav demandait, et tous ceux qui l’entouraient répondirent « amen ».

L’homme rappela alors au Rav l’incident, et lui dit que sa femme ne se sentait de nouveau pas bien. Le Rav le tranquillisa et lui dit : « Il n’y a pas à s’inquiéter, tout est sous ma responsabilité... ».

Et en effet, quelque temps plus tard, la femme mit au monde une petite fille en parfaite santé grâce à D.ieu.