A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître Rabbi Mass'oud Abi'hssira, l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement son parcours de vie. Celui qui parle du Tsadik de jour de sa Hiloula, celui-ci priera pour lui ! Allumez une bougie et dites "Likhvod Rabbi Mass'oud, zékhouto taguèn 'alénou" puis priez. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen !

Rabbi Mass’oud est né en 5595. Il était le fils ainé de Rabbi Ya’akov Abi'hssira. Il s’agissait d’un génie en Torah, d’une sainteté et d’une piété hors du commun, d’un juge éminent et d’un dirigeant spirituel d’un charisme absolument exceptionnel. Il perfectionna son caractère au point que l’étude de la Torah devint sa seule et unique préoccupation et aspiration. Son amour et sa soif intense de connaitre et d’étudier la Torah n’avaient pas de limite. Ses jours comme ses nuits étaient tous consacrés à l’étude et à la connaissance divine. Il fut le principal élève ainsi que le digne successeur de son père. Ensemble, ils parvinrent à atteindre des sommets encore inégalés dans la compréhension du Talmud, du Zohar et des secrets de la Torah, tels qu’ils étaient dévoilés par Rabbi Ya’akov. Rabbi Mass’oud s’efforça de recueillir précieusement chacune des paroles de son père.

Une grande partie de leur étude était faite durant la nuit, depuis le fin du tikounhatsot jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Rabbi Mass’oud était chargé d’apporter le petit-déjeuner à son père, et après s’être quelque peu restaurés, ils replongeaient ensemble dans les profondeurs du Talmud pour en extraire des perles de halakha. Ils étaient tant exaltés par leur étude qu’ils auraient souhaité voir le temps s’arrêter afin qu’elle ne cesse jamais ; pourtant l’heure de la prière de min’ha et celle d’’arvit arrivait, et il fallait encore prendre quelque repos avant le lever à minuit pour la récitation du tikounhatsot. Même en chemin, les paroles de Rabbi Mass’oud n’étaient que Torah et ses conversations sur des sujets profanes ne se limitaient qu’au strict minimum. Le chabbat, il ne prononçait aucune parole profane.

Les lignes qu’il rédigea en introduction aux ouvrages de son père témoignent d’une très grande modestie et d’encore bien d’autres vertus. L’une d’elles était l’immense gratitude qu’il avait envers tous ceux qui l’avaient assisté dans son effort de diffusion de la Torah.
 

« Grand et élevé » 

Son neveu Rabbi Its'hak Atordjman écrit dans son introduction aux ouvrages du Abir Ya’akov : « Le fils ainé de notre maître, le chef spirituel de toute la Diaspora, Rabbi Ya’akov Abi’hssira, est Rabbi Mass’oud. Vigoureux comme le lion, roi fils de roi, homme qui possède toutes les vertus, plein de sagesse, de discernement et de savoir, il sert D.ieu avec sincérité et foi, il est pénétrant et érudit, sur lui repose le joug de la communauté ; c’est du reste la raison pour laquelle, bien qu’il eut en tête de très nombreux ‘hidouchim portant sur tous les aspects de la Torah, il ne put se libérer de ses obligations et entreprendre de les mettre par écrit. Mais Le Miséricordieux joindra l’acte à la pensée… »

Plus tard, Baba Salé témoignera sur son père que celui-ci était généreux au point qu’il n’hésitait pas à emprunter de l’argent avec intérêt chez les non-juifs afin de pourvoir aux besoins de ses frères juifs.
 

Face aux rois 

Rabbi Mass’oud alla une fois trouver le gouverneur du Tafilalet pour lui faire part de son mécontentement quant au sort de la communauté juive. En effet, le gouverneur, dont le trésor était visiblement déficitaire, avait décidé de lever un lourd impôt auprès des juifs. Rabbi Mass’oud, qui secondait son père à la tête de la communauté, alla exiger du gouverneur qu’il allège ces impôts injustement payés par les juifs. L’unique réponse du gouverneur, qui haïssait les juifs, fut de jeter Rabbi Mass’oud en prison.

Rabbi Ya’akov, en entendant la nouvelle, décida immédiatement de se rendre chez le gouverneur afin de faire libérer son fils et de demander une nouvelle fois l’allègement des impôts. Mais dans son impudence, le gouverneur menaça Rabbi Ya’akov de lui faire subir le même sort qu’à son fils s’il ne cessait de l’importuner.

Rabbi Ya’akov regarda alors le gouverneur fixement puis leva son doigt en direction de son œil ; instantanément, le gouverneur perdit la vue d’un côté. Rabbi Ya’akov le mit ensuite en garde qu’il pouvait continuer et le rendre totalement aveugle… Le gouverneur, transi de peur devant la force extraordinaire de Rabbi Ya’akov, abandonna son arrogance première et le supplia de bien vouloir le guérir. Rabbi Ya’akov ne consentit à lui rendre la vue qu’à la condition que le gouverneur accepte de libérer son fils et d’annuler complètement les taxes imposées aux juifs. Le gouverneur accepta sur-le-champ, fit libérer Rabbi Mass’oud et ordonna la suppression des impôts. Ce n’est qu’ensuite qu’il recouvra intégralement la vue.

A son retour en ville, le Abir Ya’akov fut accueilli par des manifestations d’honneur et de joie, pour le bien qu’il avait accompli en faveur de ses frères. (Extrait du Avoténou siprou lanou de Rav Moché Charbit, 5730)
 

L’étude ésotérique

Dans le cadre de leur étude en commun, Rabbi Ya’akov et son fils Rabbi Mass’oud terminèrent entre autres l’ensemble des ouvrages du Ari zal et de son disciple Rabbi ‘Hayim Vital. Rabbi Mass’oud s’éleva tant dans l’étude de la kabbala qu’il parvint à rédiger un sidour présentant toutes les intentions kabbalistiques conformément à l’enseignement du Ari zal et à ce qu’il avait appris de son père afin d’avoir ces kavanot en tête au moment de la prière. Lorsque Rabbi Ya’akov vit ces écrits, il ressentit une joie intense ; il déclara qu’à présent, il réalisait combien son fils avait parfaitement intégré et mémorisé ce qu’ils avaient étudiés ensemble. Rabbi Mass’oud transmit ce sidour à son fils Baba Salé qui lui-même le légua à son fils Baba Méir. Ce sidour est encore en possession de la famille et il est toujours à l’état de manuscrit.

Une fois, Rabbi Mass’oud raconta que le Rachach (Rabbi Chalom Char’abi) s’était dévoilé à lui en rêve et lui avait fait part de son désir de le voir étudier ses ouvrages avec son père Rabbi Ya’akov.

Notons qu’une partie des sifré Torah qui se trouvaient dans le Beth midrach de Rabbi Ya’akov étaient dus à la plume de Rabbi Mass’oud, qui était également un sofer de renom.
 

Un roi fils de roi 

Lorsque Rabbi Ya’akov prit la décision de monter en érets Israël, il n’était pas inquiet quant à l’avenir spirituel et matériel de la communauté de Tafilalet et ses environs, convaincu qu’il pouvait se reposer entièrement sur son fils Rabbi Mass’oud, dont il connaissait les aptitudes et les dons hors du commun. Lorsque les préparatifs en vue de son départ pour la Terre sainte furent achevés, Rabbi Ya’akov nomma son fils à la tête de la communauté et de la yéchiva et il donna l’ordre à la communauté de suivre toutes les directives de son fils, de la même manière qu’elle lui avait obéi à lui durant des années.

Rabbi Mass’oud avait 45 ans lorsqu’il endossa le joug de la communauté de Tafilalet et prit le relais de son père à la tête de la yéchiva et du Beth din. Il garda ces postes pendant 28 ans, au cours desquels il dirigea l’ensemble de la communauté et de ses affaires de manière magistrale, exactement comme le lui avait enjoint son père. Rabbi Mass’oud pouvait sans aucun doute témoigner au Tribunal céleste qu’il avait scrupuleusement suivi les directives de son père et accompli son rôle de la meilleure manière possible. 

L’une des personnalités rabbiniques avec lesquelles Rabbi Mass’oud était en contact épistolaire sur les questions de halakha était le Président du Tribunal rabbinique de Rabat, le gaon et tsadik Rabbi Chlomo Aben Danan. L’une de ces correspondances apparait du reste dans l’ouvrage de responsa Acher lichlomo de Rabbi Chlomo Aben Danan, alinéa 12.

Lorsque des juifs du Tafilalet venaient recevoir sa bénédiction pour la réussite de leurs affaires avant leur départ pour l’Algérie, il leur demandait au préalable de jurer de ne pas toucher à leur barbe. Cette précaution visait à consolider la séparation entre les juifs et les non-juifs et était la garantie qu’ils n’en viendraient pas à visiter les lieux de loisirs créés par les Français en Algérie, tels les théâtres ou autres. Et en effet, cette pratique sauva de nombreux juifs du Tafilalet de l’assimilation, une fois installés en Algérie.
 

Elevé au-dessus de tous

Rabbi Mass’oud décéda le 12 iyar 5668, le 27ème jour du décompte du ‘omer (en hébreu, 27 peut s’écrire ז''ך, qui signifie également « pur »), ce qui est la preuve incontestable d’une dimension exceptionnelle. A son décès, de grands honneurs lui furent rendus et des juifs de toute la région et de tout le Maroc vinrent l’accompagner à sa dernière demeure. Une délégation envoyée par le roi du Maroc fut même dépêchée afin d’assister aux obsèques. Les non-juifs également comprirent la gravité de la disparition de Rabbi Mass’oud lorsqu’ils virent que les cieux s’étaient couverts de nuages épais, ainsi que le rapporte son fils Rabbi Its'hak dans le chant qu’il composa en l’honneur de son père. La Rabbanit ‘Hana HaKohen zal, la femme de Rabbi David Abou’hatsira, rapporta à l’occasion que lors des funérailles de Rabbi Mass’oud, il plut de la grêle et que celle-ci portait des traces rouges, ce qui montrait l’affliction de Hachem et de Ses anges suite à la disparition du tsadik, dont l’âme pure et élevée avait donné tant de satisfaction à Son créateur dans ce monde-ci, à chaque instant. 

Après son décès, Rabbi Mass’oud se dévoila en rêve à son fils Rabbi David. Il lui demanda d’exhumer sa dépouille et de l’immerger au mikvé. En effet, expliqua-t-il, l’une des personnes qui s’étaient occupées de sa mise en terre avait touché son corps sans s’être immergée au préalable…

Sur sa tombe, ses fils firent graver les mots suivants : « Ici repose notre grand maître, le saint kabbaliste, le ‘hassid, le saint et l’ascète, fils de saints, qui distribuait sans limite aux pauvres, le saint flambeau, notre maître Rabbi Mass’oud, fils de notre grand et saint maître Rabbi Ya’akov Abi’hssira. »
 

Les trois bergers : les fils de Rabbi Mass’oud

Rabbi Mass’oud laissa derrière lui trois fils, qui illuminèrent le monde par leur Torah et leur sainteté. Rabbi Mass’oud eut le souci de sanctifier chacun de ses trois fils avant même qu’ils ne voient le jour : à chaque fois, il demanda aux élèves de la yéchiva d’étudier, de prier et de réciter des Téhilim et des extraits du Zohar au moment de la naissance afin d’assurer à l’enfant un avenir spirituel grandiose. Son fils ainé fut le grand Rav, le saint, le ‘hassid et le juste, l’homme dont on ne saurait taire la louange, Rabbi David Abi’hssira, surnommé « ‘Atéret rochénou » (« la couronne de notre tête »). Rabbi David naquit en 5626 et mourut assassiné, en sanctifiant le Nom divin, le chabbat 14 kislev 5680 à l’heure de min’ha, moment particulièrement propice au rapprochement avec Hachem. Le second fils de Rabbi Mass’oud fut Rabbi Israël Abi’hssira, surnommé « Baba Salé », lui aussi d’une dimension spirituelle hors du commun. Il naquit à Roch hachana 5650 et décéda le 4 chevat 5744. Enfin son troisième fils est notre père et maître, notre couronne et notre fierté, Rabbénou Its'hak Abi’hssira, surnommé Baba ‘Haki.

En voyant la grandeur de leurs fils, nous comprenons aisément quelle sainteté et quelle pureté furent investies dans leur éducation par Rabbi Mass’oud et son épouse la Rabbanit, qui servirent eux-mêmes d’exemples personnels à leur progéniture. Leurs efforts ne furent pas vains et ils purent être assurés du fait que le verset : « Eduque le jeune selon sa voie ; même en vieillissant, il ne s’en éloignera pas » s’accomplirait sous toutes ses formes. 

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