A l'occasion de la Hiloula de Moché Rabbénou ce Dimanche 17 Février et pendant laquelle notre Yéchiva priera pour vos demandes, découvrons ensemble une des facettes de la personnalité de notre maître Moise, qu'il a légué potentiellement à tous les enfants d'Israel.

Il est écrit : « Réalise la vengeance des Bné Israël contre Midian, ensuite tu rejoindras tes pères. » (Bamidbar 32-2)

Hachem vient d’informer Moché Rabbénou que sa mort « dépend » de la réalisation de son ultime mission : mener une guerre punitive contre Midian, et en d’autres termes, tant qu’il n’aura pas rempli cette mission, il ne meurt pas. C’est d’ailleurs pour cela que le texte affirme que le peuple a fourni à contre cœur les soldats pour mener cette bataille, sachant pertinemment que la mort de leur maître – Moché Rabbénou – dépendait de la réalisation de cette tâche.

Mais Moché, quant à lui, ne tient compte d’aucun paramètre et se hâte de faire partir le peuple à la bataille ordonnée par Hachem.

Qu’est-ce qui motive Moché Rabbénou à agir de la sorte ?

 

La réponse à cette question se trouve dans le verset suivant :

« Moché parla au peuple en ces termes : fournissez des hommes pour l’armée, afin qu’ils partent en campagne contre Midian, afin de réaliser la vengeance d’Hachem contre Midian. » (Bamidbar 32-3)

Le Midrach souligne la modification que l’on trouve dans les propos de Moché Rabbénou : « la vengeance d’Hachem » alors que dans le verset précédent, nous constatons qu’Hachem lui ordonne de réaliser « la vengeance des Bné Israël ».

Moché Rabbénou vit dans l’ordre de mener une guerre punitive contre Midian, un moyen de venger la honte et le blasphème du Nom d’Hachem que Midian a causé en incitant les Bné Israël à la débauche, beaucoup plus que les dramatiques conséquences sur le peuple, à savoir la mort de 24 000 personnes du fait de la colère d’Hachem.

Vue d’une telle façon, il n’était donc pas question pour Moché Rabbénou de retarder la réalisation de cet ordre, même si cela doit activer le moment de sa mort. Il s’est donc empressé d’accomplir, dans la joie, la volonté de son Créateur.

Ces propos nous amènent à un étonnement supplémentaire :

Si la réalisation de cet ordre était si importante aux yeux de Moché Rabbénou, comment se fait-il qu’il délègue Pin’has et El’azar pour diriger la bataille, alors que l’ordre d’Hachem était explicite : « Réalise la vengeance des Bné Israël contre Midian… » ce qui signifie « Réalise par toi-même » ?

Cette question a déjà été abordée par les Sages du Midrach Rabba et Tan’houma.

En effet, sur le verset « Moché les envoya… » nos Sages demandent : Hachem demande à Moché de réaliser la vengeance par lui-même, et il délègue d’autres personnes pour le faire ?!

En réalité, Moché Rabbénou a grandit à Midian.

Il s’est donc dit qu’il n’était pas « légal » qu’il frappe lui-même celui qui lui a prodigué du bien.

Le proverbe dit : « Ne jette pas la pierre dans le puits duquel tu as bu. »

Nous pouvons apprendre d’ici combien est précieuse la qualité de la reconnaissance.

De plus, qu’est-ce que peuvent représenter les habitants de Midian, et quel est le sens du bien qu’ils ont prodigué à Moché Rabbénou, face au fait qu’ils ont incité Israël à la débauche et provoqué la mort de 24 000 Bné Israël par la colère d’Hachem ? Ce crime n’est-il pas dramatique face à la « bonté » qu’ils ont prodiguée à Moché Rabbénou ?!

Malgré tout, la qualité de la reconnaissance prend le dessus sur tous les calculs et ne laisse pas Moché Rabbénou sortir lui-même en guerre contre ses bienfaiteurs.

L’empressement à accomplir les Mitsvot d’Hachem ne doit pas faire d’ombre aux règles du savoir vivre !


Rav David Pitoun