A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître Rabbi Ya'akov Abi'hssira surnommé le "Abir Ya'akov", l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire profiter de quelques textes sur sa vie. Découvrons ensemble l'histoire de sa naissance, sa sainteté et son programme d'étude quotidien. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen.

Le Abir Ya’akov vit le jour à Tebouassamet, dans la région du Tafilalet, le 11 adar 5566 (1806), le jour même de la disparition de Rabbi ‘Hayim Yossef David Azoulay, le ‘Hida. Cette concomitance était la réalisation du verset : « Le soleil se coucha, puis le soleil se leva »…
 

La naissance du Abir Ya’akov

Son père, Rabbi Mass’oud, qui était juge et se prononçait plus particulièrement sur les questions de mariage et de divorce, vit un jour un couple venir le consulter afin qu’il rédige à leur intention un acte de divorce. Alors qu’il terminait de rédiger le document, la nuit tomba. Rabbi Mass’oud s’adressa alors au mari, lui demandant de rentrer seul tandis que sa femme dormirait sur place. En effet, il leur était interdit de rentrer ensemble, le divorce venant d’être prononcé.

La nuit, Rabbi Mass’oud fit un rêve dans lequel son père Rabbi Avraham se dévoila à lui, lui révélant que la femme venue le consulter était destinée à mettre au monde un fils qui allait illuminer le monde par sa Torah. Rabbi Avraham demanda à son fils de patienter les trois mois requis puis de la prendre pour femme. Il ajouta qu’il se dévoilerait à nouveau à lui avant l’union afin de lui expliquer la manière de procéder et les intentions mystiques à avoir en tête afin de faire descendre cette âme sainte sur terre. La même nuit, Rabbi Avraham se dévoila également à la femme de Rabbi Mass’oud et ainsi le couple comprit que cette révélation venait du Ciel et était véridique.

Avant que le Abir Ya’akov ne voit le jour, Rabbi Mass’oud vit une nouvelle fois en rêve son père, qui lui réitéra que l’enfant serait un authentique tsadik. Sa mère quant à elle, durant sa grossesse, rêva plusieurs fois d’un taureau dont les cornes étaient celles d’un buffle. Rabbi Mass’oud interpréta ces rêves comme le signe que l’enfant à naitre était destiné à beaucoup de grandeur aussi bien en Torah qu’en sainteté et que personne ne pourrait s’opposer à lui.

Lorsque le Abir Ya’akov vint au monde, la maison de ses parents s’emplit de lumière ; la communauté entière fêta l’évènement et la joie de son père était indescriptible, lui à qui on avait révélé la véritable grandeur de ce fils…

Rabbi Aharon, le fils du Abir Ya’akov, dans l’introduction au Dorech tov, indique que le Abir Ya’akov fit nommé « Ya’akov » à la demande de Rabbi Ya’akov, l’oncle de Rabbi Mass’oud, qui vint en rêve à ce dernier et lui enjoignit de nommer son fils comme lui.
 

« L’œuvre témoigne de l’artisan »

Il suffit de considérer le fait que Rabbi Mass’oud ait lui-même eu le mérite de mettre au monde un fils tel que le Abir Ya’akov afin de saisir un tant soit peu sa propre grandeur. Dans le chant qu’il rédigea en l’honneur de son père, Rabbi Aharon écrit bien : « Familier des prodiges, auteur de grandes œuvres, fils de saints, Rabbi Ya’akov… »

Rabbi Mass’oud et sa seconde femme eurent également d’autres enfants, tous des tsadikim, dont les descendants perpétuent tous la tradition familiale de grandeur et de sainteté. Il s’agit des porteurs du nom « Abi’hssira », qui ne descendent pas du Abir Ya’akov lui-même.

Plusieurs livres ont déjà été rédigés au sujet du Abir Ya’akov et il n’est pas dans notre intention de rapporter des faits déjà connus. Nous nous contenterons de rappeler quelques récits marquants.
 

Saint depuis l’aube de sa vie

Depuis sa plus tendre enfance, le Abir Ya’akov se distingua par sa soif intense d’acquérir la sagesse. Il s’éleva à l’image d’une source impétueuse… « D.ieu fut avec cet enfant, et il grandit ». Il reçut du Ciel des dons exceptionnels de compréhension, de vivacité d’esprit et d’assiduité et chacun de ses instants était mis à profit dans l’étude. A l’âge de 5 ans, il connaissait déjà toute la Bible ainsi que quelques traités talmudiques, qui étaient à sa disposition. « Et Ya’akov était un homme intègre, qui se tenait sous les tentes » : tel notre ancêtre Ya’akov, le Abir Ya’akov non plus ne quittait jamais l’étude, y consacrant ses jours et ses nuits, dans la pureté et la piété, à l’image des anges célestes, enveloppé dans un manteau d’humilité et de crainte du Ciel.

C’est ainsi qu’il s’éleva de jour en jour dans la Torah et la tsidkout. Il reçut de son père la méthode d’apprentissage et d’approfondissement des textes, et bientôt, on le reconnut comme étant un talmidhakham de la plus haute envergure, spécialiste aussi bien de l’analyse talmudique que de la connaissance générale des textes. Aucun domaine du savoir ne lui était étranger et il excellait aussi bien dans le Talmud que dans la halakha, dans le moussar que dans l’exégèse biblique, dans la mystique que dans les guématriot.
 

La rencontre avec Eliyahou hanavi 

Lorsque le Abir Ya’akov avait environ 10 ans, une grave famine s’abattit sur le Maroc. Une histoire rapporte que sa mère, à bout de ressources, chercha une manière de se procurer quelque denrée. Après avoir réfléchi à la situation, le jeune Ya’akov lui proposa de se rendre au marché afin de voir s’il y avait possibilité d’acheter même une petite quantité de nourriture. Sa mère répondit qu’à son avis, c’était peine perdue, tous les habitants de la ville sachant bien que les marchands n’avaient rien à proposer…

L e jeune Ya’akov décida tout de même de tenter sa chance. Il sortit et c’est alors qu’en chemin, il vit avec étonnement arriver au loin un homme, chevauchant une mule, sur laquelle étaient disposés de part et d’autre des sacs de blé. L’homme était noir, tel que l’on n’en voit pas d’ordinaire au Maroc… Arrivé à hauteur de l’enfant, l’homme accosta le jeune Ya’akov et lui proposa d’acheter le blé qu’il transportait avec lui.

Le Abir Ya’akov accepta l’offre avec joie, et c’est ensemble qu’ils se rendirent chez ses parents, afin de fixer un prix pour cette transaction. L’enfant demanda alors à l’homme de patienter dans la cour de la maison pendant que lui irait trouver sa mère. Cependant, lorsqu’il revint en compagnie de cette dernière, encore ébranlée par l’annonce de l’offre qui leur était faite, ils découvrirent tous deux que l’homme avait disparu, laissant sur place sa bête ainsi que le blé…

Les jours qui suivirent, la famille Abi’hssira tenta par tous les moyens de retrouver l’homme mystérieux afin de lui restituer ses biens, mais leurs efforts furent vains… Ils comprirent alors que cet homme n’était autre que le prophète Eliyahou, qui prend fréquemment l’apparence d’un Arabe pour se dévoiler aux hommes.

C’est ainsi que la famille du Abir Ya’akov eut de quoi se nourrir pour plusieurs semaines et que le jeune Ya’akov, quant à lui, qui n’était encore qu’un enfant lors de cet épisode, eut droit à la révélation d’Eliyahou hanavi, pourtant réservée d’ordinaire à quelques rares tsadikim
 

« Moins de 60 inspirations » 

Le Abir Ya’akov débutait son étude aux petites heures de la nuit. Voici un aperçu de sa journée : la nuit tombée, il commençait par étudier 18 chapitres de michnayot ; ce n’est qu’ensuite qu’il dinait rapidement avant de reprendre son étude à la lueur de la bougie avec de la guemara et de la halakha. Il s’assoupissait ensuite, jusqu’à la minuit, sans jamais que son sommeil ne dure plus de « 60 inspirations » (c’est-à-dire environ une demi-heure), ceci afin d’éviter de percevoir un avant-goût de la mort (ainsi que l’expliquent les ouvrages de kabbala).

A son réveil, il s’asseyait au sol pour réciter le tikounhatsot, se répandant en pleurs et en lamentations sur l’exil de la Chekhina et la destruction du Temple. Il se plongeait ensuite dans l’étude de la kabbala et des écrits du Ari hakadoch jusqu’au lever du soleil, heure à laquelle il priait cha’harit. Après l’office, il étudiait le ‘Hok léisraël puis, entouré de ses disciples, il entreprenait son étude quotidienne du Talmud et des Décisionnaires, étude qui se prolongeait toute la journée jusqu’à la nuit.

On raconte sur le Abir Ya’akov que de sa vie, il ne tint de conversation sur des sujets profanes.

Telle était la force et la formidable assiduité du Abir Ya’akov, ce Sage pétri de Torah et constamment affairé au service divin. 

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