Nous savons tous ce qu’est l’antisémitisme, mais avons-nous entendu parler du philosémitisme ? Formé à partir du mot grec "philos", qui signifie "ami", le philosémitisme désigne une attitude de sympathie, d’estime ou de soutien envers les Juifs. Eh oui, cela existe ! Ce qui est le plus surprenant, c’est que le philosémitisme ne concerne pas seulement des mouvements isolés, tels que la "March of Life" (Marche de la vie) ou encore l’ICEJ (International Christian Embassy Jerusalem), qui réunissent chaque année des milliers de personnes pour dénoncer l’antisémitisme et défendre les Juifs : il touche en réalité énormément de non-Juifs, un peu partout dans le monde.
Cette nouvelle qui réchauffe le cœur nous parvient à travers le témoignage de l’ancien grand-rabbin du Guatemala, Yossef Germon. Né à Jérusalem, ce dernier a quitté son pays à l’âge de 20 ans pour Mexico. Sur place, il s’est vite rendu compte de la soif de judaïsme qui existait en Amérique latine. Maîtrisant rapidement l’espagnol, il s’est déplacé à travers tout le continent, diffusant la Torah et renforçant des communautés juives disloquées. À la suite d’un grave accident survenu à un fidèle, dont il contribua à organiser le sauvetage, il a pris conscience de la précarité médicale qui existait dans certaines localités et a mis en place un système local de volontaires formés aux premiers secours. Pour développer son mouvement de "Communauté humanitaire" sur tous les continents, il voyagera dans 152 pays (!).
C’est dans ce cadre qu’il entre en contact avec de nombreux chefs spirituels de différentes religions, en particulier chrétiens et musulmans. Il se lie d’amitié avec nombre d’entre eux et prend conscience du respect qu’on lui porte, à lui qui est à la fois juif et rabbin. Rarement confronté à de la haine, il réalise que le ton ne monte que lorsque l’on parle politique. C’est pourquoi il ramène toujours le débat vers des actions d’humanité. Et là, non seulement les cœurs se rapprochent, mais il se rend compte à quel point le judaïsme est apprécié et placé très haut dans l’échelle des valeurs humaines. Son expérience lui fait conclure qu’il existe aujourd’hui dans le monde bien plus de sympathie envers les Juifs qu’on ne le croit !
Le témoignage de ce grand-rabbin sur l’ampleur du philosémitisme ne doit pas nous étonner. Il est vrai que, dans les médias et sur les réseaux sociaux, on trouve énormément de propos antisémites, mais cela ne reflète pas forcément le véritable regard des non-Juifs sur nous. En effet, les attitudes positives sont généralement beaucoup moins visibles que les attitudes hostiles. Un acte antisémite ou une polémique font énormément de bruit, tandis que des millions de personnes favorables aux Juifs ne produisent pratiquement aucune "actualité".
On peut se demander pourquoi certains nous apprécient. Sans doute parce que, lorsqu’ils découvrent réellement le judaïsme, ils y trouvent quelque chose qui répond à leur quête spirituelle et humaine. Aujourd’hui, on s’inquiète d’un renouveau de l’antisémitisme dans le monde, et cette inquiétude est légitime. Mais peut-être que la vraie question n’est pas seulement "Comment combattre l’antisémitisme ?", mais aussi "Comment transmettre ce que nous avons reçu ?" Car ce que le monde attend véritablement de nous, c’est notre lumière. Le Rav Germon, lui, l’a compris et l’a appliqué.





