Addictions, troubles de l’attention, perte d’imagination, exposition précoce à des contenus choquants… Le smartphone n’est plus un simple outil : il façonne désormais nos comportements, ceux de nos enfants, et parfois même nos relations familiales. Face à une réalité que beaucoup préfèrent ignorer, cet article propose un état des lieux documenté et des solutions concrètes pour reprendre le contrôle.
Si un petit village d’irréductibles continue de se protéger farouchement de l’intrusion du numérique dans leur vie, force est de constater que partout ailleurs, les écrans se sont taillés une place de choix dans notre quotidien, s’y sont installés et ne semblent pas vouloir s’en déloger. Addictions, troubles de l’attention, dépressions, exposition à des contenus d’une extrême violence et inappropriés sont désormais le lot quotidien de milliards d’êtres humains. Ces maux ne se sont pas développés sans raison : des algorithmes sournois et ultra-élaborés ont été pensés pour nous maintenir, nous pauvres humains, des heures durant devant nos écrans à sécréter insidieusement une hormone du plaisir qui nous submerge et qui rapidement, vient se retourner contre nous.
La sonnette d’alarme des rabbins
Il n’est pas inintéressant de rappeler que dès les prémices du smartphone, alors que ces petits appareils n’en étaient qu’à leurs tout débuts et que la perspective d’un danger quelconque pour l’humanité n’avait effleuré l’esprit de personne, les Grands du peuple d’Israël – qui puisent leur sagesse de la Torah – avaient non seulement déjà pointé le problème du doigt mais y avaient même proposé des solutions qui ont rapidement été mises en place, et qui avec le temps se sont encore perfectionnées.
Leur solution, révolutionnaire à cette époque ? Poser sur nos appareils un filtre – c’est-à-dire un logiciel capable de trier et de bloquer les contenus indésirables – afin de permettre un accès sécurisé à Internet sans se laisser happer ni souiller par tout ce qui s’y trouve.
Mais commençons déjà par un petit survol des dangers qui guettent nos jeunes (mais pas que) sur la toile. (Si vous comptez parmi les heureux qui en ont déjà conscience et s’en sont déjà éloignés, vous pouvez passer au paragraphe suivant ; pour les autres, prenez le temps de lire ce qui suit).
Le saviez-vous ?
- Les adolescents passent en moyenne 7 à 9 heures par jour sur des écrans. (Source : Common Sense Media, 2021, États-Unis)
- En France, 40 % des enfants ont déjà été contactés par un inconnu en ligne. (Source : Association e-Enfance / 3018, 2022)
- 46 % des adolescents disent être “presque constamment en ligne”. (Source : Pew Research Center, 2022)
- Le premier contact avec des contenus dits "pour adultes" apparaît autour de 11 ans en moyenne. (Source : ARCOM, 2023, France)
- 1 enfant sur 3 dans le monde a été exposé à des contenus inappropriés en ligne. (Source : UNICEF, 2021)
Des chiffres qui font froid dans le dos, n’est-ce pas ? Comme vous pouvez le constater, ils proviennent des sources les plus fiables. Et il n’est pas étonnant de voir désormais les gouvernements, notamment aux États-Unis et en France, mettre en place des réglementations visant à limiter, voire à contrer, l’influence néfaste d’Internet sur les jeunes. Pour rappel, en avril 2024, une loi du Congrès tente de bannir TikTok du territoire américain (une bataille judiciaire est actuellement en cours), tandis qu’en France, à la rentrée 2024, le gouvernement a lancé une expérimentation sur un échantillon de 200 collèges au cours de laquelle les écoliers doivent déposer leur téléphone dans un casier pendant toute la journée. D’autres pays, notamment Israël, le Royaume-Uni, l’Italie et les Pays-Bas instaurent des mesures similaires, l’objectif étant de réduire le cyberharcèlement, d’améliorer la concentration et de limiter l’exposition aux réseaux sociaux.
Une maman se confie
Petit rappel d’un autre ordre, mais fort intéressant : le terme en hébreu moderne pour dire "écran" est מסך ; or son féminin en hébreu biblique, מסכה, signifie quant à lui… idole ! Simple coïncidence, lapsus linguistique ou clin d’œil avant-gardiste de la langue hébraïque ?
Mais voyez plutôt ce que nous confie une maman qui vit en Israël :
"Pendant plusieurs années, ma mère, qui vit en France et est traditionaliste, a souhaité m’offrir son ancien téléphone, qu’elle avait remplacé par un autre plus perfectionné. Ce serait l’occasion, m’assurait-elle, de pouvoir communiquer plus facilement, d’avoir accès à des applications qui facilitent la vie et de pouvoir rester au courant des dernières nouvelles de la famille. Vu que nous sommes orthodoxes avec mon mari et que nous vivons dans un quartier religieux, nous ne souhaitions pas exposer nos enfants à ce type d’appareils. J’ai longtemps résisté à la proposition, jusqu’à ce que je dise à ma mère qu’en plus d’être incompatibles avec nos valeurs, ces appareils nous vaudraient sûrement des soucis avec la direction des écoles de nos enfants, où la possession de smartphone par les parents n’est pas autorisée. À partir de cet argument, ma mère a compris et ne m’en a plus reparlé. Or quelques mois plus tard, j’accouchai d’un petit garçon. Comme elle l’a toujours fait, ma mère est venue de France pour m’aider et elle a eu l’occasion de passer plusieurs semaines à la maison. Je voyais qu’elle prenait énormément de plaisir à s’occuper des enfants et à passer du temps avec eux. Un soir, elle est venue me voir et m’a confié : ‘Tu sais, depuis le temps que je suis chez toi, j’observe tes enfants avec attention. Je peux te dire que la décision courageuse que vous avez prise ton mari et toi de fermer l’accès de votre foyer aux smartphones et aux tablettes est la meilleure que vous n’ayez jamais prise. Je réalise à quel point vous étiez clairvoyants et avez vu des choses que les autres ne voient pas. Quelle différence entre tes enfants et ceux des autres ! Tes enfants sont capables de jouer, de lire des livres, de sortir au jardin, de rire des histoires que je leur raconte. Ils sont respectueux, attentifs, altruistes. Tu n’en es pas consciente car tu vis dans une bulle surprotégée, mais ce sont des aptitudes qui n’existent plus du tout chez les enfants, qui passent leur temps à visionner des contenus abrutissants et sont happés par l’infernale compétition instaurée par les réseaux sociaux !’"
L’illusion du contrôle
Alors certes, la boussole du judaïsme est, on le voit dans cette histoire, ce qui a permis à cette famille de se protéger des influences néfastes des nouvelles technologies, mais en réalité, tout un chacun, même des non-juifs sans attache religieuse particulière, comprennent naturellement l’urgence et l’intérêt de filtrer et d’opérer un contrôle sur le flux continu déversé par Internet.
Une autre maman israélienne, puéricultrice, nous confie : "Dans les petites classes, nous reconnaissons très rapidement les enfants qui passent du temps devant les écrans. Nous les appelons même : Yaldé Massakhim, les enfants des écrans. Ils sont généralement plus excités, moins sociables et moins créatifs que les autres. Ça saute aux yeux dès les premiers jours."
Alors certes, nous sommes adultes et vaccinés et nous aimons à penser que nous sommes en mesure d’exercer un contrôle sur nos temps d’écran et sur ce que nous consommons virtuellement. Nous nous reposons naïvement sur la bonne éducation et les bons cadres scolaires que nous offrons à nos enfants. La réalité vient hélas contredire avec rudesse cette croyance. La vérité, telle que la Torah nous l’avait déjà révélée il y a des millénaires, c’est que l’homme est finalement peu de choses face aux influences néfastes surtout lorsque, comme aujourd’hui, elles sont décuplées par une technologie ultra perfectionnée. D’où l’impératif, pour le Juif, mais finalement pour toute l’humanité, de prendre les mesures nécessaires et concrètes pour se prémunir.






