Hachem agit parfois apparemment avec dureté envers nous ; cependant tout ce qu’Il fait vise notre bien ultime. Tantôt, notre patron nous fait souffrir ; tantôt notre conjoint ne nous comprend pas ; tantôt nos enfants se rebellent contre nous ; tantôt nous sommes assaillis par des problèmes de santé ou des difficultés financières etc. Pourtant, ces épreuves n’ont qu’un but : nous rapprocher d’Hachem et nous aider à réaliser notre potentiel.

Le récit suivant est authentique et s’est déroulé il y a quelques décennies en Iran. À cette époque, les Juifs d’Iran commencèrent à subir diverses persécutions. L’atmosphère générale se fit de plus en plus pesante ; la menace qui planait sur la communauté juive était palpable. De nombreux Juifs décidèrent alors de fuir l’Iran pour rejoindre Israël. À cette époque, un certain Juif de la communauté fut mystérieusement assassiné. Sa veuve, désormais livrée à elle-même avec cinq enfants, comprit qu’elle devait fuir le pays au plus vite. Il y avait dans sa ville un certain homme iranien, non-juif, qui proposait moyennant paiement de transférer les Juifs désireux de quitter le pays vers Israël.

Un mystérieux passeur

Il s’agissait d’un voyage périlleux de plusieurs jours, effectué clandestinement à travers des régions montagneuses et à dos de chameau. La femme s’organisa avec l’homme pour fuir en compagnie de ses cinq enfants. Le voyage, entrepris dans des conditions presque inhumaines, était terrible. Sans provisions, sans pouvoir se reposer, ils devaient cheminer à travers des régions truffées de dangers, de jour comme de nuit. En outre, le non-juif en question se comportait d’une manière exécrable. D’une cruauté sans pareille, il les obligeait à marcher encore et encore, malgré leur épuisement et les pleurs des enfants en bas âge.

Un jour, le groupe se retrouva au bord d’une falaise avec pour seul moyen d’atteindre l’autre côté de la montagne, une passerelle en bois branlante sans rampe sur les côtés. Voyant cela, la femme fut prise de panique et refusa catégoriquement de continuer. C’est alors que l’homme dégaina une arme et la menaça : "Si vous ne passez pas, votre sort et celui de vos enfants sera semblable à celui de votre défunt mari…"

La femme, terrorisée, prit ses enfants et traversa fébrilement la passerelle jusqu’à atteindre l’autre côté. Ce n’est qu’une fois arrivés sains et saufs en Israël que l’homme dévoila sa véritable identité à la famille. Il embrassa les enfants et dit à la femme : "Je suis juif, comme vous. Pardonnez mes manières, mais si je n’avais agi de la sorte avec vous, vous ne seriez jamais arrivés à destination, tant ce voyage est dangereux. J’étais obligé de vous menacer car autrement, vous auriez rebroussé chemin. Je me hâte à présent de repartir car je dois aider de nombreuses autres personnes à se rendre en Israël". Puis il disparut…

Des épreuves ou des opportunités ?

Cette histoire vraie contient en elle un message extraordinaire, qui est valable pour nous tous. À l’instar de cet homme qui fit subir de terribles épreuves à cette famille dans le seul but de la sauver, Hachem aussi, pour ainsi dire, agit parfois apparemment avec dureté envers nous ; cependant tout ce qu’Il fait vise notre bien ultime. Ces épreuves peuvent revêtir une infinité de formes : tantôt, notre patron nous fait souffrir ; tantôt notre conjoint ne nous comprend pas ; tantôt nos enfants se rebellent contre nous ; tantôt nous sommes assaillis par des problèmes de santé ou des difficultés financières etc. L’homme, avec la perception limitée de la réalité qui est la sienne, va souvent vivre ces épreuves comme un mal qu’il doit subir. Pourtant, elles n’ont qu’un but : nous rapprocher d’Hachem et nous aider à réaliser notre potentiel. Hachem sait que par le biais de tels enfants, nous devrons nous efforcer de développer notre patience ; avec tel patron, nous devrons apprendre à juger autrui favorablement et ainsi de suite… 

C’est précisément le message de la Méguilat Esther. Quels que soient les obstacles qui se dressent sur notre chemin, nous ne devons pas nous départir de notre foi et devons continuer à croire fermement que de ces mêmes obstacles, germera notre délivrance !

Les merveilles de la Méguila

La Méguila comporte exactement 12 196 lettres. Or, si on compte à intervalles réguliers 12 196 lettres à partir du premier Alef de la Torah (donc depuis la troisième lettre du premier mot Béréchit), on arrive à la lettre Samèkh. 12 196 lettres plus loin, on tombe sur la lettre Tav, puis Rèch, formant ainsi le nom Esther !

Par ailleurs, la Guémara (traité ‘Houlin) nous fait remarquer que Mordékhaï est mentionné en allusion dans les mots Mor Déror, qui est l’un des encens de la Kétorèt dans la Parachat Ki Tissa. Or, de la même manière, si on compte à intervalles réguliers 12 196 lettres à partir du Mèm de Mor Déror, on arrive d’abord à la lettre Rèch. 12 196 lettres plus loin, on tombe sur la lettre Dalèt, puis Khaf et enfin Youd, ce qui donne le nom Mordékhaï ! Extraordinaire !

Notons que cette découverte a été révélée par le Rav Weissmandel pendant la Shoah, donc sans ordinateur…

Il y a quelque temps, une grande spécialiste en statistiques et probabilités, tout à fait laïque, a été abasourdie de constater une telle "coïncidence". Elle a donc commencé à déterminer les chances pour que cela arrive dans le cas où, ‘Has Véchalom, la Torah aurait été écrite par un homme.

Après une nuit entière de recherche, elle est arrivée à la conclusion que les probabilités d’en arriver à un tel résultat par hasard étaient ridiculement infimes, et suite à cela, elle a fait Téchouva !

Voici l’une des merveilles de la Méguila parmi tant d’autres... Excellent mois d’Adar et joyeux Pourim à tous !