Question : « J’ai toujours respecté la Torah et les Mitsvot, mais pendant une certaine période, j’ai connu une forte dégradation spirituelle intérieure (même si extérieurement cela ne se voyait pas). Grâce à D.ieu, je me suis ensuite ressaisi, mais je sens que mon mauvais penchant me poursuit dans mes pensées et que ce ne sera plus jamais comme avant. Je sens que je serai toujours d’un niveau inférieur et je n’arrive plus à servir D.ieu dans la joie. Que dois-je faire ? Comment avancer sans me sentir coupable ? »
Réponse du Rav Boyer
La réponse se trouve dans la Paracha de Ki-Tissa. Moché Rabbénou, notre maître, fit descendre pour le peuple d’Israël les premières Tables, qui étaient l'œuvre de D.ieu : « Des tables de pierre écrites par le doigt de D.ieu ». Après que Moché Rabbénou notre maître eut vu la faute du Veau d’or, il brisa les Tables au pied de la montagne, et il y eut une grande destruction au sein du peuple d’Israël. Le peuple d’Israël décida alors de revenir en repentance. Pendant quarante jours, Moché Rabbénou notre maître fit repentance en haut sur la montagne, et le peuple d’Israël fit repentance en bas, une repentance véritable. Et voici que le Saint, béni soit-Il, leur pardonna, et Il leur envoya les secondes Tables le jour de Yom Kippour. Mais hélas, il s’avéra que les secondes Tables n'étaient déjà plus l'œuvre de D.ieu ; ici le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse notre maître : « Taille pour toi deux tables de pierre comme les premières ». C’est cela, nous avons perdu l’aspect des premières Tables. Dès lors, nous sommes de seconde catégorie. Nous ne pouvons plus revenir à ce que nous étions. Comment peut-on s’élever à partir de cette situation ?
Mais nos Sages viennent et nous révèlent un principe très grand. Les secondes Tables étaient d’un niveau plus élevé que les premières Tables. Et cela parce que sur les premières Tables, étaient écrits seulement les Dix Commandements, tandis que sur les secondes Tables étaient écrits aussi des Midrachim, de la Haggada, de la Halakha et bien davantage encore. Et ainsi il est rapporté dans la Guémara (Nédarim 22a) : « Rabbi Ada bar Rabbi ‘Hanina a dit : "si Israël n’avait pas fauté, il ne leur aurait été donné que les cinq livres de la Torah et le livre de Josué" ». Or, finalement, nous avons reçu bien davantage que cela.
De là, nous comprenons que la force de la repentance est au-delà de la compréhension et au-delà de la logique. Comme on le sait, après la faute du Veau d’or, nous furent révélés les treize attributs de miséricorde : « L’Éternel, l’Éternel, D.ieu miséricordieux et compatissant, etc. » Les commentateurs expliquent que le premier Nom est avant la faute, et le second Nom est après la faute. Et le Maharal ajoute que le Nom qui est après la faute se trouve à un niveau plus élevé que le Nom d’avant la faute, et cela parce que les secondes Tables étaient d’un niveau plus élevé.
Nos Sages disent : « À l’endroit où se tiennent les Ba'alé Téchouva, les justes parfaits ne se tiennent pas » (Brakhot 34b). « À l’endroit où se tiennent les Ba'alé Téchouva » – ce sont les secondes Tables. « Les justes parfaits » – ce sont les premières Tables. « Ne se tiennent pas » – les premières Tables en raison des secondes Tables. De là, il faut comprendre que pour toute personne qui a eu une chute difficile et qui finalement a mérité de faire repentance : lorsque le mauvais penchant viendra lui chuchoter à l’oreille qu’il est de seconde catégorie, il devra lui répondre que ses paroles ne sont pas justes.
Celui qui revient en repentance n’est ni de première catégorie ni de seconde catégorie. Le Ba'al Téchouva est quelque chose de complètement différent. Il reçoit son abondance d’un endroit beaucoup plus élevé…






