Question de Simon C :

Rav Scemama bonjour,

Je vis en ce moment une terrible épreuve : ma femme m’a fait savoir qu’elle ne veut plus de relations conjugales avec moi (en tous les cas, « pas avant 6 mois d’interruption… »).

Je suis Ba’al Techouva et j’ai 41 ans. Le respect des lois de Nidda m’est déjà très dur, et je compte impatiemment les jours où elle se trempe enfin au Mikvé.

Mais cette déclaration qu’elle m’a tenue dernièrement m’a effondré, surtout que dans un passé assez proche, tout se passait bien dans l’intimité.

La Torah prévoit-elle une solution dans un cas extrême comme celui-là ?

Comprenez-moi, si je n’avais pas fait Téchouva, j’aurais trouvé une alternative.

Je tiens à préciser que je ne souhaite pas divorcer, d’ailleurs, je n’ai pas la force d’envisager un nouveau mariage.

J’attends impatiemment votre réponse.

Réponse du Rav Scemama :

Bonjour Simon,

En effet, je comprends que vous passiez une période difficile. D’ailleurs, nos Sages ont interdit à l’homme, comme à la femme, de peiner son conjoint en lui refusant le contact intime.

Nous allons voir ensemble comment trouver une solution à votre problème.

1) Vous me dites que, par le passé, il n’y avait pas de problèmes entre vous dans ce domaine. C’est important de relever ce point, car un couple dont l’un des partenaires n’est pas satisfait dans ce domaine, ne peut se réaliser comme il faut. L’acte constitue l’élément essentiel qui va rapprocher un couple et constitue la nourriture nécessaire et indispensable pour maintenir en bonne santé cette union. C’est pourquoi, l’une des premières questions posées à un couple qui souffre de paix au foyer est : comment cela se passe-t-il dans l’intimité ?

Les Rabbanim encouragent les personnes qui rencontrent des difficultés dans ce domaine,  à avoir recours à une thérapie.

Le Steipler (père du Rav ‘Haïm Kaniewsky), face à un jeune couple religieux qui voulait divorcer, a pris à l’écart le jeune homme et lui a expliqué dans les détails comment s’y prendre. Le Rav avait compris que, faute de formation adéquate avant le mariage, cet homme ne savait pas ce qu’il devait faire dans l’intimité.

Nos Sages, d’ailleurs, appellent l’acte « celui qui amène la paix au foyer » (Chabbath 152a).

2) Pourquoi votre femme ne veut-elle plus de relations ?

Vous ne le précisez pas, mais il y a lieu de supposer que vous avez de gros problèmes de Chalom Bayit. Mais, dans un premier temps, nous devons éliminer d’autres éventualités :

- Problèmes de santé physique (malade, souffrante, la relation est-elle douloureuse etc.).

- Problèmes de santé psychique. Les défaillances d’ordre psychique (dépression, mélancolie etc.) éteignent le désir. En effet, l’intimité est entretenue par la joie, la vie et la légèreté.

Celui qui vit avec une femme qui a tendance à la tristesse et à la dépression, ne peut escompter vivre une relation intime normale et, de façon générale, une vie normale. Il faut absolument l’aider à surmonter ses handicaps pour ne pas gâcher sa vie et celle de sa famille.

- Le comportement de l’homme dans l’intimité : partage-t-il avec son épouse ce moment de rapprochement ou alors ne cherche-t-il qu’à satisfaire son plaisir égoïste ? D’ailleurs, nos Sages nous interdisent d’avoir des relations dans certaines situations, ils dénombrent neuf cas en tout. Le dénominateur commun de ces neuf cas est l’absence de tous sentiments, au moment de l’acte conjugal. (cf. le Guide de la Techouva/ed. Torah-Box, page 299)

- Le mari est-il bien le maître de la maison qui prend sur lui ses responsabilités et assume ses devoirs ? Car s’il les fuit par faiblesse ou fainéantise et oblige sa femme à les endosser, comment peut-il escompter trouver sa place dans l’intimité ?

3) Si, finalement, il s’agit bien d’un problème de Chalom Bayit, il n’y a pas d’autres solutions que de s’en occuper et de prendre conseil auprès d’un Rav spécialiste dans ce domaine.

La paix au foyer est fondamentale dans le judaïsme, à tel point que la Torah permet d’effacer le nom de D.ieu dans un cas où une femme est soupçonnée par son mari d’adultère (Sota), afin de les réconcilier, si ce soupçon s’avère être faux.

4) Vous mentionnez que si vous n’aviez pas fait Téchouva, vous auriez trouvé une alternative. Remerciez D.ieu d’avoir été éclairé par la Torah, car, sinon, vous auriez perdu votre couple. C’est justement parce que vous êtes acculé, que vous allez vous prendre en main, pour essayer de réparer ce qui a été négligé et rétablir la communication entre les époux afin de pouvoir partager harmonieusement la vie avec votre compagne, qui vous a donné sa confiance.

De même, nos Sages nous disent que ces périodes de séparations mensuelles permettent au couple de se rafraichir.

Celui qui ne respecte pas ces lois perd ces moments merveilleux de retrouvailles pour des satisfactions éphémères et jamais assouvies.