Des bénévoles de l’organisme « ‘hessed chel émet » racontent : « Les corps des enfants reposaient dans la classe, dont le sol ressemblait à une piscine de sang. » « La mère de Noah Pozner, petit juif de 6 ans, nous a aidé à l’identification de son corps. »

« Nous avons reçu un message sur le meurtre de nombreuses personnes dans une école. Il s’agissait certes d’une école non-juive, mais il est connu que de nombreux enfants juifs fréquentent des écoles publiques, nous nous sommes donc dépêchés sur le lieu du massacre », raconte Jacob Noveks, un bénévole de l’organisme « ‘hessed chel émet » au Connecticut, qui est arrivé vendredi à l’école « Sandy Hook » dans la ville de Newtown, immédiatement après avoir appris le terrible massacre qui y avait eu lieu, et au cours duquel ont été tué 27 personnes, dont 20 enfants, tous élèves de CP âgés de 6 à 7 ans, et six employés de l’école.

 

« C’était le chaos. Il est impossible de décrire ce qu’il s’est passé là-bas. Les corps des enfants reposaient dans la classe, dont le sol ressemblait à une piscine de sang, des parents hystériques, des enfants effrayés. Mais pour féliciter les autorités, on peut dire que malgré la panique et la confusion, ils ont pris très vite le contrôle de la situation, ont dénombré les blessés et les morts, et ont commencé déjà sur place à identifier les noms des enfants. »

« Nous nous sommes dépêchés de retracer les noms des victimes, et avons découvert le nom d’un enfant juif de 6 ans, Noah Pozner zal. Nous avons immédiatement isolé son corps. Sa mère, arrivée sur les lieux du massacre, nous a aidés à identifier son corps. Nous nous sommes souciés du « Kevod Hamète » (respect dû au mort) en veillant à lui éviter une autopsie et en accélérant les démarches qui doivent mener à son inhumation. (De fait, le moment de l’enterrement de Noah a été déterminé avant toutes les victimes et a eu lieu dimanche 16 décembre 2012). La mère, évidemment, était hystérique. Nous avons essayé de l’aider. Deux autres de ses filles étudient elles aussi dans cette école, mais ont été miraculeusement sauvé », raconte Noveks.

Dans la tradition juive, la dépouille mortelle mérite une grande attention.
On doit veiller à tout prix à son intégrité. Il faut (sauf cas très exceptionnels) s'abstenir de toute autopsie, même si elle pourrait aider dans le cadre d'une enquête et procéder à la mise en terre le plus rapidement possible. On ne peut pas non plus faire don de son corps à la science ou encore l'incinérer. Toutes ces règles s'appuient sur une idée fondamentale : le corps de l'homme a été, sa vie durant, le siège de l’accomplissement des Mitsvot du Créateur. Il mérite donc notre respect car participant à un idéal de vie terrestre sublimée par des actes hautement spirituels. 

Des amis de la communauté juive du Connecticut sont restés avec la famille pendant Chabbath, moment de regroupement communautaire par excellence et propice au recueillement.

Les parents des enfants qui ont été tués dans ce massacre ont témoigné qu’ils ont choisi d’élever leurs enfants dans cette ville calme du Connecticut afin de leur procurer une vie bonne et sécurisée. Ainsi, par exemple, la famille de Noah Pozner avait décidé de déménager de Brooklyn (à New-York), un quartier dans lequel de nombreux actes criminels ont lieu, pour aller dans le Connecticut paisible, précisément pour cette raison.

« Ils ont quitté New-York pour la sécurité et l’éducation », raconte l’oncle de Noah, Ertor Pozner, au journal « News day ». Selon ses dires, son neveu était « très très mature, lorsque j’avais son âge je n’étais pas comme ça. Il a grandit dignement et était très intelligent. »

 «  A ce stade, nous avons du mal à croire ce qu’il s’est passé. Nous essayons de trouver les réponses à toutes les questions, que nous aussi nous nous posons. Actuellement, nous coopérons pleinement avec les forces de l’ordre et ainsi aussi nous continuerons à agir. Comme beaucoup d’entre vous, nous aussi sommes très tristes, mais nous essayons de trouver une logique dans ce qu’il s’est passé. »