Bonjour Rav,
J’ai compris il n'y a pas longtemps que beaucoup d’événement qui ont lieu dans notre monde est régis par le biais du libre arbitre des Hommes, c’est-à-dire que si quelque chose de mal devait arriver à un juif, c’est parce qu'Hachem a jugé qu’il n’était pas assez méritant pour être sauvé/protégé, sinon, ça ne lui serait pas arrivé, et c’est de cette manière que l’on dit que tout vient d’Hachem.
Dans ce cas-là, on ne devrait avoir aucune rancune envers quelqu’un qui nous a fait du mal, et désolé de pousser le bouchon très loin, mais comment peut-on en vouloir à Hitler (Yima'h Chémo Vézikhro) ?
Merci beaucoup.
Bonjour,
La réponse à votre question se trouve dans le Rambam, Hilkhot Techouva, chapitre 6, Halakha 3 et 5.
Si un décret prévoit qu'une épreuve doit atteindre une personne, Hachem laisse le monde suivre son cours, Il ne change pas les lois naturelles ni le fonctionnement normal du monde; Il laisse les évènements se dérouler naturellement mais celui qui décide d'être l'instrument de cette souffrance le fait par sa propre volonté.
C'est le principe de Mégalguelin 'Hova 'Al Yedé 'Hayav : le malheur est amené par l'intermédiaire de celui qui est coupable. Pirké Dérabbi Eliézer, chapitre 49, Mekhilta sur Chémot, chapitre 21, verset 13.
Bien que le résultat final soit la volonté et sous le contrôle d'Hachem, l'acte de cruauté, par exemple, reste le fruit du choix de l'homme et c'est pour cela qu'il mérite d'être condamné.
Face à une épreuve, on doit, certes, se remettre en question [Rambam, Hilkhot Ta'aniyot, chapitre 1, Halakha 2-3] mais si l'on doit avoir de la rancune envers un ennemi cruel, c'est du fait qu'il s'oppose à la volonté d'Hachem, qu'il s'attaque à la Torah et à la sainteté du peuple d'Israël.
En d'autres termes, il n'est pas contradictoire d'admettre que l'épreuve est envoyée par Hachem pour des raisons bien précises, tout en reconnaissant que l'homme qui choisit de commettre le mal de son plein gré peut être condamné.
Voici deux exemples illustrant ce qui vient d'être dit :
1. Lors de la Brit Ben Habetarim, Hachem annonce déjà à Avraham Avinou que sa descendance sera étrangère, asservie et opprimée dans un pays étranger. Mais d’un autre côté, l’Égypte, et en particulier Par’o, sont sévèrement punis pour avoir asservi les Bné Israël.
Comment comprendre cela ?
En fait, le décret d'Hachem portait sur le fait qu’une épreuve devait arriver. Mais il ne désignait pas qui serait l'auteur du "mal" en question. Voir Béréchit, chapitre 15, verset 13 et Méchèkh 'Hokhma sur ce verset ainsi que Rambam, Hilkhot Techouva, chapitre 6, Halakha 5.
L'Égypte n'était pas obligée de choisir la cruauté, ni même d'être l'instrument de cette épreuve. Ils ont choisi, de leur propre initiative, d'oppresser, d'humilier et d'aller bien au-delà de ce qui était décrété. Ramban et Radak sur Béréchit, chapitre 15, verset 14.
Autrement dit : la Galout était décrétée. La manière et les acteurs ne l’étaient pas. C'est pourquoi, ils sont responsables.
2. Nos Sages, les 'Hakhamim, enseignent : Deux personnes ont commis chacune une faute grave : l’une a tué volontairement quelqu’un, mais il n’y avait pas de témoins ; elle méritait donc la peine prévue par la Torah, mais le tribunal ne pouvait rien faire ; l’autre a tué involontairement, ce qui l’obligeait à partir en Galout dans une ville refuge, mais là aussi il n’y avait pas de témoins, donc il n’a pas été envoyé en Galout.
Alors Hachem fait en sorte que les deux se retrouvent ensemble. Celui qui devait aller en Galout monte, par exemple, sur une échelle. Il tombe accidentellement de l’échelle et tue celui qui se trouvait en dessous, qui était justement l’homme ayant commis auparavant un meurtre volontaire sans témoins.
Cette fois-ci, il y a des témoins : celui qui était coupable d’un meurtre volontaire reçoit finalement la mort qu’il méritait ; et celui qui avait tué involontairement est maintenant vu par des témoins et doit partir en Galout comme la Torah l’exige.
À première vue, on pourrait prendre en pitié celui qui passait sous l’échelle et penser qu’il était totalement innocent. De même, on pourrait reprocher à celui qui est tombé de l’échelle d'être maladroit et le considérer comme seul responsable. Pourtant, la Torah nous révèle qu’il n’en est pas ainsi : Hachem a réuni ces deux hommes au même endroit afin que chacun reçoive exactement ce qu’il devait recevoir : l’un, la conséquence du meurtre volontaire qu’aucun tribunal humain n’avait pu juger, et l’autre, l’exil qu’il devait subir pour l’homicide involontaire commis auparavant.
Comme dit plus haut, dans ce monde, le mal est parfois réalisé par l’intermédiaire de celui qui porte déjà en lui une faute. Ainsi, dans notre récit, celui qui tombe de l’échelle n’a pas été choisi au hasard pour devenir l’instrument de cet événement. Puisqu’il avait déjà commis auparavant un homicide involontaire pour lequel il aurait dû partir en Galout, c’est précisément par son intermédiaire que le décret divin va se réaliser.
Pour des détails supplémentaires, cliquez sur ce lien :
https://www.torah-box.com/question/le-peuple-d-israel-est-il-voue-a-avoir-des-ennemis_71442.html
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.