En Israël, certains médias et autres éphémères politiciens attaquent souvent le milieu religieux, le monde de la Torah, un public fort nombreux appelé 'Harédi, prétextant qu'il vit sur le compte de l'Etat et de la caisse publique et qu'ils sont en quelque sorte des "parasites".

Le Rav Zamir Cohen, dans une démonstration impeccable, apporte une réfutation chiffrée et prouvée à chacun des mensonges et apriori au sujet des "ultra-orthodoxes" d'Israël.

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Propos du Rav :

"J’aurais souhaité dire quelques mots sur le grand problème de l’état : les ‘Harédim (orthodoxes).

Aujourd’hui, il y a un sentiment qui s’est créé comme quoi il y a près d’un million de personnes (le public ‘Harédi dans l’état, femmes et enfants compris) qui vivent sur le compte de la caisse publique, que tout le monde travaille et se fatigue, paye des impôts, et qu’eux ne font que s’amuser toute la journée au Kollel, dans la rue, à la Yéchiva, et mangent gratuitement sur le compte de tout le monde, sur le compte de la caisse publique, sont des parasites.

Tout d’abord, d’où vient le mot « ‘Harédim » ? J’aurais préféré que l’on soit appelé « Néémanim » (fidèles), un homme qui est fidèle à la Torah. On nous appelle « ‘Harédim », parce que cela est tiré du verset dans Isaïe : « Ecoutez ce que dit l'Eternel, vous qui révérez sa parole [Ha-‘Harédim] », c’est ainsi que ce nom est rentré dans les mœurs.

Mais laissons de côté un instant le nom, on parle ici d’une communauté. La manière dont ils sont habillés n’est pas importante, car peu importe si une personne porte un vêtement d’une couleur ou d’une autre, ce qui est important est qu’il y a des êtres humains qui disent : « Nous voulons respecter la Torah, aller selon la volonté d’Hachem », nous aussi avons des chutes, mais c’est la voie que nous nous sommes choisis dans la vie.

Il y aura toujours quelqu’un qui viendra et qui demandera : « On sait que vous êtes bien, que vous êtes mieux dans votre cellule familiale, chez vous, dans votre vie personnelle, mais pourquoi dois-je financer tout ça ? Dois-je travailler dur pour financer le fait que vous vouliez vous asseoir à la Yéchiva et étudier au Kollel ? »

Aujourd’hui, il y a une atmosphère qui s’est créée dans la rue où, si tu vois un homme marcher avec un chapeau, un costume et une barbe (même sans barbe, mais en particulier s’il a une barbe), cela signifie qu’il vit sur ton compte. Il se pourrait que tu rencontres des scientifiques de haut niveau qui ont fait Téchouva et qui ont maintenant cette apparence, il se pourrait que tu rencontres Lev Levayev ou d’autres gens riches qui donnent des sommes incroyables aux caisses de l’état, mais non, c’est un ‘Harédi et ce ‘Harédi vit sur le compte de la caisse publique.

Le sentiment est que les ‘Harédim ne travaillent pas, et c’est un mensonge éhonté. Celui qui a déjà été dans une ville ‘Harédite vérifiera qui vend dans les magasins, qui y fait tous les travaux. Tous les ‘Harédim travaillent !

67% du public non-religieux en Israël travaille, contre 57% des ‘Harédim, une différence de 10% que nous allons bientôt détailler.

Une fois, un journaliste s’est entretenu de ça avec moi, je lui ai dit : « J’habite à Bétar Illit, viens dans ma ville, je t’invite, je ferai une visite avec toi, on rentrera dans les magasins, on rentrera chez les avocats, chez les comptables, les chauffeurs de bus, et tu verras si tous ceux qui travaillent à Bétar font partie du public non-religieux. »

A Bnei Brak, tous les employés sont ‘Harédim, tous ceux qui travaillent dans les villes orthodoxes sont ‘Harédim. Alors évidemment qu’il y a des ‘Harédim qui travaillent, et avec profusion, particulièrement ces dernières années où beaucoup étudient dans des universités et sortent avec des diplômes etc.

Comme nous le savons, il y a dans l’état deux sortes d’impôts : les impôts indirects et les impôts directs.

Liste des impôts indirects : douane, importation, impôt à l'achat, taxe sur l'essence, taxes en tous genres, permis en tous genres, TVA, impôt sur le revenu (qui lui est déjà plus direct).

Concrètement, peu de gens savent qu’un jeune couple qui achète dans l’état un appartement neuf, qui a été construit sur ce que l’on appelle un terrain de l’état, et qui a payé un million de shékels, a au moins un demi-million pour la caisse de l’état. Il y a l’impôt d’achat à payer sur l’achat du terrain, il y a d’autres impôts à payer à l’entrepreneur, que lui paye aux employés, qui eux payent des impôts, tous les impôts sur les produits, sur l’importation, du ciment, du béton... Sur qui cela revient ? Sur l’entrepreneur ? Tout cela revient sur celui qui achète. C’est un calcul professionnel qui a été fait : au moins un demi-million. Même lorsque l’on achète une chemise de l’importateur à 100 shekels, 50 shekels vont à la caisse de l’état.

La TVA. Les ‘Harédim ne mangent pas ?! Ne  boivent pas ?! N’achètent pas de vêtements ?! Toute personne qui mange et qui boit paye 18%. Cela signifie que si un ‘Harédi achète pour plusieurs milliers de shékels par mois, 18% de chaque 1000 shekels - donc 180 shekels - vont à la caisse de l’état.

Les impôts sur le revenu. Comme susmentionné, 57% des ‘Harédim travaillent, qu’en est-il des 10% qui ne travaillent pas ? C’est une donnée qui, à partir du moment où on en est conscient, peut faire sourire de toute la propagande que l’on fait contre ce public qui respecte la Torah et les Mitsvot.

Parmi les 100% d’impôt sur le revenu des employés qui va dans la caisse de l’état, 80% des impôts entrent uniquement des trois déciles supérieurs, 20% se divisent entre les sept déciles inférieurs - qui représentent la majorité du peuple dans l’état. Il n’y a donc que 20% d’impôt qui entrent dans la caisse de l’état qui font partie des sept déciles inférieurs. C'est-à-dire que 80% des impôts qui entrent dans la caisse de l’état, grâce à l’impôt sur le revenu, entrent des ‘Harédim tout autant que des non-religieux. C'est-à-dire qu’il y a en tout et pour tout 20% qui se divisent parmi les sept déciles restants, ce qui ne correspond pratiquement à rien.

En pratique, à mon avis aujourd’hui, sans aucun doute, le public non-religieux profite dans l’état des impôts du public ‘Harédi. Cela parait bizarre avec toute la propagande médiatique, mais concrètement, nous allons prouver cela avec encore quelques données.

Le budget de la culture générale est supérieur à 900 millions de shékels par an. Il n’y a que 5% qui vont dans la culture juive, où sont également affiliées des associations non-religieuses s’occupant de judaïsme. Seulement 5%.

Le financement pour les institutions d’enseignement supérieur, comptant près de 200 000 étudiants, est supérieur à 9 milliards de shékels, chaque étudiant revenant à l’état près de 50 000 shékels par an et à près de 150 000 shékels pour toute la licence.

En contrepartie, un Ba’hour de Yéchiva supérieure est financé à raison de 240 shékels par mois, ce qui revient à 2 880 shékels par an. Un Avrekh reçoit lui 430 shékels par mois, ce qui revient à 5 160 shekels par an. C'est-à-dire que ce qu’un Avrekh reçoit en trente ans est équivalent au finalement de l’état pour la licence d’un étudiant, alors que l’on paye des impôts tout comme les autres.

Et ce qui est le plus absurde ici est que s’il étudie la culture romaine d’il y a 2000 ans, ce que portait la femme de Jules César, de quoi avaient l’air les ustensiles etc., 150 000 shékels lui reviennent. S’il étudie la culture juive du Talmud et préserve la tradition pour les générations futures, il n’a le droit qu’a quelques résidus du budget. C’est tellement bizarre.

Il y a des métiers comme la médecine, l’ingénierie, etc., qui apportent réellement quelque chose à  l’humanité, mais d’autres choses qu’il faut remettre à leur juste proportion, comme le fait de savoir ce qu’ils portaient il y a des milliers d’années, ce qu’ils mangeaient etc. C’est bien, mais il est important d’observer chaque chose d’une manière correcte.

Donc, dans le budget de la culture et le budget des universités, ce qui revient au public ‘Harédi ne sont vraiment que des miettes par rapport aux impôts payés.

Criminalité : la répartition des prisonniers ayant plus de six mois de prison en 2013 est de 64,5% de non-‘Harédim, 33% d’arabes, et 2,2% de ‘Harédim. C'est-à-dire que même du budget des prisons, qui représente des milliards, les ‘Harédim ne profitent pas, je ne sais pas si c’est malheureux ou pas, mais il faut connaître ces choses pour que tout soit à sa juste proportion.

Enfin, les associations bénévoles ‘Harédim, comme Yad Sarah, Zaka, Ezra Lamarpé, Hatsala, ‘Hassdé Naomie, Yad Eli’ezer, Yad Malka, ‘Ezer Mitsion, Lev léa’him, Yad Léa’him, et encore une longue liste, qui économisent à la caisse de l’état des milliards de shékels par an, et font en réalité ce qu’il était censé faire.

Pour finir, je vais vous raconter quelque chose. Il y a un peu plus d’un mois, il y a eu une conférence dans la maison de l’avocat Yéhouda Reissler. Cet homme représente le combat pour l’enrôlement des Ba’houré Yéchivot, contre le monde ‘Harédi, et je suis obligé de reconnaître que j’ai été impressionné lui, il n’est pas mauvais, il recherche la vérité, il ressent qu’il y a ici une sorte d’injustice et se bat pour cela.

Il y a donc eu une conférence chez lui, il a fait venir ses amis, des scientifiques, des avocats etc., et à la fin de la soirée, une discussion s’est ouverte, durant laquelle je leur ai demandé : « Si pendant les 2000 dernières années depuis la destruction du Temple, le peuple d’Israël avait respecté la Torah et les Mitsvot, mais qu’il n’y avait pas eu de Ba’houré Yéchivot et que toutes les Yéchivot avaient été fermées, est-ce qu’aujourd’hui le peuple d’Israël aurait encore existé ou aurait-il été effacé depuis déjà 1500 ans ? » Tout le monde a reconnu que le peuple d’Israël n’aurait plus existé sans les étudiants en Torah qui servent de lumière qui éclaire l’entourage et qui ramènent le peuple d’Israël vers le bon chemin. Des peuples bien plus forts que nous, qui n’ont pas été poursuivi, ont été effacés depuis longtemps parce qu’il n’y avait rien qui pouvait les préserver. Ce qui a protégé le peuple d’Israël n’est que la Torah.

Je leur ai alors demandé si, selon eux, il ne fallait pas investir dans les 30 000 Ba’hourim qui ne se sont pas enrôlés à l’armée mais qui préservent les générations futures du peuple d’Israël. Laissons de côté pour l’instant la croyance que la Torah protège le peuple d’Israël, que sans la Torah, le peuple d’Israël serait décimé ‘Hass Véchalom dans l’armée, et que les Ba’houré Yéchivot sont une entité dans l’armée, car cela fait partie de la Emouna, celui qui croit y croit, celui qui n’y croit pas n’y croit pas, bien qu’il soit écrit dans la Torah que celle-ci protège le peuple d’Israël. Je leur ai dit : « En tant que public non-religieux, ne pensez-vous pas qu’il vaille mieux investir dans ces 30 000 là afin qu’ils ne s’enrôlent pas à l’armée et qu’ils étudient la Torah ?! Tout en sachant qu’il y a ici un intérêt national de premier degré, car vous tous reconnaissez que sans les Ba’houré Yéchivot, le peuple d’Israël n’aurait pas existé aujourd’hui. Cela signifie que le monde des Yéchivot est un intérêt national, sans rapport avec la religion. Comme en Chine, le fait d’étudier le Chinois ne garde pas les soldats à l’armée, mais il y a un intérêt national de préserver la culture pour les générations futures. Cela ne vaut-il pas le coup ?! » Il y a eu un silence, un silence que je pense pouvoir expliquer comme un silence d’approbation. Au niveau démographique aussi il y a un intérêt pour la préservation du peuple d’Israël.

Concrètement, au lieu que ce public-là se lève et crie à la Knesset, aux médias, aux politiciens : « Vous avez détruit le peuple d’Israël, regardez où il est arrivé ! Aux crimes, à la drogue, à la violence, aux peurs, au stress, aux couples qui se séparent. » Non pas que dans le monde ‘Harédi tout soit parfait, il y a aussi de quoi réparer, nous sommes tous des êtres humains, mais on ne peut pas comparer.La situation dans laquelle le peuple d’Israël est arrivé aujourd’hui, où l’on n’éduque pas les enfants selon la Torah, est un gouffre effrayant.

Si un jeune est tué en boite, il faut réfléchir à combien nous aurions été prêts à payer pour le sauver d’un meurtre. Plusieurs jeunes religieux ont été sauvés d’un meurtre, mais s’ils n’avaient pas été dans le chemin de la Torah, où auraient-ils été aujourd’hui ? Et on ne parle que de sauver d’un meurtre. Qu’en est-il de la drogue, de la violence, de la division de la cellule familiale, de la fidélité dans un couple, sans parler de toutes les mauvaises choses qu’il y a aujourd’hui dans le monde. Alors au lieu qu’ils se lèvent et disent : « Que se passe-t-il ? Vous êtes à la Knesset, votez des lois, ramenez la Torah au peuple d’Israël », ils disent : « Vous n’êtes pas biens, vous devez adopter notre ligne de conduite et vous conduire comme nous. »

Concrètement, il y a une sorte d’ « espace vert ». De la même manière qu’il y a dans la ville des espaces verts qui donnent de l’oxygène, le monde de la Torah et les Ba’houré Yéchivot qui s’affairent à la Torah ne gagnent pas seulement une bonne vie pour eux, il y a aussi une sorte de processus de photosynthèse, comme dans un espace vert, où l’on absorbe du carbone et l’on émet de l’oxygène, il en est de même pour ce public-là qui rayonne sur le peuple d’Israël dans son ensemble. Même des gens qui ne sont pas vraiment religieux, mais qui écoutent des cours de Torah, des paroles de renforcement, lorsqu’il y a un mariage, ils veulent un Rav pour les marier, lorsqu’il y a une Brit, ils veulent un Mohel, ils veulent de la viande Cachère etc. Qui va faire tout cela ?

Les conseillers conjugaux, ceux qui écrivent des Téfilines, des Sifré Torah, etc., doivent être des gens ayant appris le métier. En apprenant à l’université la sagesse chinoise antique, on sait quelle était la mode de la dynastie des césars chinois il y a 4000 ans, mais qu’a-t-on apporté au peuple d’Israël ? Alors qu’en étudiant la Michna, le Talmud, la Halakha, comment se comporter, le Chalom Bayit, etc., il y a un processus de don au peuple d’Israël.

C'est-à-dire que si l’on vérifie d’où provient ce moteur qui a créé de la haine entre les juifs et leurs frères, vu que nous sommes tous des frères et que nous nous aimons tous, il s’avère que toute cette guerre de frère ne s’est créée que par des gens intéressés qui voulaient se faire élire à la Knesset, sans quoi ils seraient encore restés dans leur Journal télévisé, ou là où ils étaient à la télévision. Mais ils voulaient progresser, devenir ministre, mais tout ceci n’est qu’un mensonge éhonté, et on le vend aux gens, et malheureusement, en-dehors d’Hidabroot, il n’y a pas encore où expliquer les choses comme il se doit, alors qu’au moins le public qui est là sache cette vérité.

Que l’on reste aimant l’un envers l’autre, en se donnant les uns aux autres, et que l’on mérite la Guéoula Chéléma, Amen VéAmen."

Rav Zamir COHEN