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Abattoirs & Tsa'ar Ba'alé 'Haïm

Rédigé le Mardi 24 Mars 2020
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Jusqu’où doit-on respecter la Mitsva de Tsa'ar Ba'alé 'Haïm (mal occasionné aux animaux) dans les abattoirs ?

Doit-on respecter leurs conditions de vie ? Doit-on s’occuper d’eux sans leur causer la plus petite des souffrances ?

Si oui, pourquoi n’entendons-nous pas les Gdolim (Grands de la génération) parler du bien-être des animaux dans les abattoirs ?

Le besoin de l’homme aujourd’hui demande une surproduction qui entraîne malheureusement des conditions difficiles dans les abattoirs et les fermes juives.

Par exemple, pour la production de lait en grande consommation, certains donnent des hormones à la vache pour produire plus de lait, mais cela cause une grande souffrance, est-ce permis ?

Peut-on donc tolérer, selon la Halakha, de faire souffrir les bêtes pour subvenir au besoin de l’homme ? Et sinon, pourquoi la réalité est telle que même les meilleurs Cacheroutes permettent de la surproduction qui fait sûrement souffrir l’animal avant sa mort, physiquement ou mentalement ?

Cela servirait-il de se battre pour des meilleures conditions dans les abattoirs ou cela serait superflu ? Une association qui se bat pour de meilleures conditions avant la mort de l’animal serait-elle légitime ? Et faudrait-il encourager une personne qui souhaite améliorer la condition des animaux avant leur Che'hita (abattage rituel) ? Ou bien y a-t-il d’autres priorités dans le monde et vaudrait-il mieux s’occuper des problèmes humains avant ceux des animaux ?

Merci de me donner le plus de détails possibles.

Kol Touv et merci beaucoup pour votre temps accordé.

La réponse de Rav Eliahou TOUITOU
Rav Eliahou TOUITOU
70 réponses

Chalom Oubrakha,

Il est clair que faire souffrir un animal hors du cadre bien réglementé de l'abattage rituel (Che'hita) et des besoins humains en général est strictement interdit par la Torah. Voir Kitsour Choul'han 'Aroukh 191,1 sur l'interdit de la castration des animaux, où il explique de manière générale les conditions autorisées pour profiter de l'animal.

La source de l'interdit de faire souffrir un animal se trouve dans le livre de Chémot 23-5 : "Quand tu verras l'âne de ton ennemi crouler sous son fardeau et qu'il te viendra à l'idée de l'abandonner, alors tu devras l'aider", ceci à cause de la souffrance de l'animal sous le poids du fardeau (Kessef Michné Halakha 9 sur le Rambam chap. 13 Hilkhot Rotséa'h Radbaz 2-168).

Le Rambam dit aussi dans une autre Halakha (Chabbath 25-26) : "Un animal qui est tombé dans un ruisseau, s'il peut le nourrir sur place, il devra le faire jusqu'à la sortie du Chabbath. Sinon, il lui apportera des matelas et des coussins et lui déposera sous lui et s'il remonte seul, tant mieux. Et ceci, bien qu'il soustrait un objet (matelas et coussin) à son utilisation (Mévatel Kéli) en le jetant dans l'eau. Cependant, au nom (de l'interdit) de la souffrance d'un être vivant, nos Sages ont permis". On voit d'ici qu'un interdit de la Torah de ne pas faire souffrir un animal, repousse un interdit de nos Sages de Mouktsé (Mévatel Kéli) (Guémara Chabbath 128).

Voir Rama Ora'h 'Haïm 272-9, Yé'havé Da'at tome 5, Siman 64.

Dans cet exemple l'animal ne souffre pas vraiment, mais il est dérangé dans le ruisseau, ne pouvant pas en sortir seul et risquant d'avoir faim.

Il existe aussi beaucoup de décisionnaires qui pensent que l'interdit de faire souffrir un animal relève de nos Sages et non de la Torah. En tout état de cause, il est interdit de le faire souffrir quoi qu'il en soit.

A travers de nombreux exemples, nous pouvons constater combien la Torah et nos Sages s'inquiètent du bien être de l'animal et à plus forte raison de sa souffrance inutile.

Concernant les Grands de la Torah de notre époque, voici un extrait d'article du Badats Beth Yossef, fondé par le Rav Ovadia Yossef :

"A notre époque où les conditions d'élevage des volailles se passent dans des conditions d'immense promiscuité et sans pouvoir se retourner et où le gavage des volailles les fait grandir rapidement entraînant ainsi des maladies qui, parfois, se développent dans toute l'exploitation, un grand pourcentage des animaux arrivent malades à l’abattoir, parfois leur majorité, ce qui les rend Taref (interdits à la consommation). C'est pourquoi, à notre époque, on doit vérifier les poumons, les nerfs et autre, contrairement au Choul'han 'Aroukh qui ne l'exige pas.

Par conséquent, même les volailles sorties Cachères seront aussi déclarées non-Cachères au-delà de 20% de bêtes malades dans l'exploitation. Et si c'est le cas, il faudra changer d'abattoir. De même pour les abattoirs où les volailles sont entassées dans des tiroirs et jetées de haut, il existe des élevages moins intensifs qu'il faudra préférer pour éviter aussi les souffrances".

Pour en avoir parlé avec eux, je sais par plusieurs Cho'hatim (abatteurs rituel) qu'en France, toutes les Cacheroutes font aussi attention aux conditions des animaux, et le choix des élevages et des abattoirs font partie de leur préoccupation, car, avant tout, l'animal doit être en bonne santé pour être Cachère.

La Torah et nos Sages ont toujours été attentifs au bien-être animal, comme nous venons de le voir. Il existe toute une littérature rabbinique contemporaine qui en parle.

L'univers et ses créatures ont étés créés pour servir l'homme qui se doit de respecter ses équilibres. L'homme se doit d'être un associé à la création du Créateur du monde. Sa Torah et nos Sages en sont les garants.

Kol Touv.

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