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Comportement à avoir au Kotel

Rédigé le Dimanche 12 Juillet 2015
La question de Anonyme

Chalom Rav,

Existe-t-il une manière particulière de se comporter lorsqu'on se trouve au Kotel Hama'aravi (mur des lamentations) ?

Merci.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
18548 réponses

Bonjour,

Le but de la visite au Kotel est de réveiller les cœurs et de nous diriger vers les voies de la Téchouva, afin que l'on se rappelle de nos actions et de celles de nos ancêtres qui ont été la cause de la destruction des deux premiers temples et de tous nos malheurs.

En nous rappelant ceci, nous améliorerons notre conduite et nous aurons présent à l'esprit de revenir vers Le Créateur et vers Ses Mitsvot, le plus fidèlement possible.

Voici quelques détails concernant la conduite à tenir en étant proche du Kotel.

1. Être habillé décemment et respectueusement

La sainteté qui investi le Kotel et ses alentours est d'une intensité exceptionnelle. Il est obligatoire d'avoir la tête couverte, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes.

Les femmes doivent être habillées conformément aux lois de Tsniout : les bras couverts jusqu'aux coudes inclus et la jupe jusqu'aux genoux.

2. Séparation entre les hommes et les femmes

Il est strictement interdit aux hommes de se trouver dans la partie de l'esplanade réservée aux femmes.

Il est strictement interdit aux femmes de se trouver dans la partie de l'esplanade réservée aux hommes.

3. Manger face au Kotel

Il est interdit de consommer quoi que ce soit si l'on se trouve dans la première esplanade, proche du Kotel. En cas de vrai besoin, il est permis de boire de l'eau.

4. Fumer face au Kotel

Il est interdit de fumer si l'on se trouve dans la première esplanade, proche du Kotel.

5. La Kri'a [déchirure]

En voyant le sol du Beth Hamikdach ou les alentours de la mosquée située derrière le Kotel, il faut déchirer 10 centimètres de son habit avec la main ["Kri'a"]. En général, on déchire la chemise.

Le sol du Beth Hamikdach et les alentours de la mosquée sont visibles uniquement si l'on se trouve en hauteur à une certaine distance du Kotel [sur le toit de la Yéchiva "Ech Hatorah" par exemple].

S'il est difficile de déchirer l'habit avec ses mains, on utilisera une paire de ciseaux ou un cutter pour commencer la déchirure, puis on poursuivra avec les mains.

Il faut être debout au moment de la "Kri'a". La déchirure doit se faire dans la longueur de l'habit : de haut en bas. Tous les 30 jours, il y a une nouvelle obligation de faire la "Kri'a".

Il faut s'incliner avant de faire la "Kri'a". Il faut réciter le Psaume 79. Il est interdit de coudre l'habit de telle sorte que la déchirure ne soit plus visible.

Les femmes doivent également faire la "Kri'a".

D'après certains décisionnaires, on doit faire la "Kri'a" même si l'on ne voit que le Kotel.

De nos jours, certains ne font pas la "Kri'a". De nombreux décisionnaires tentent de trouver une explication plausible à cela.

6. La bénédiction

En voyant le Kotel, on ne récite pas la bénédiction "Dayan Haémèt" car selon la plupart des décisionnaires, le Kotel n'est pas une partie du Beth Hamikdach, mais "uniquement" une partie de la muraille qui entourait le mont du temple.

Cependant, il faut réciter la bénédiction "Dayan Haémèt" sans prononcer les noms de D.ieu et dire : Baroukh Ata, Mélekh Ha'olam, Dayan Haémèt".

A ce sujet, voir : Kaf Ha'haïm, chapitre 561, passage 5 - Michna Broura, chapitre 561, passage 6 - Iguerot Moché, Ora'h Haïm, volume 5, question 37 - Or Létsion, volume 3, chapitre 30, note 5 - Cha'aré Né'hama [Rav Yéhouda Tchezner], Partie 5, chapitre 2 - Tsits Eliezer, volume 10, question 1, passages 61-65 et Cha'aré Né'hama, page 121 - Chévet Halévi, volume 7, question 78 - Cha'aré Tsédek, Cha'ar Michpeté Erets, chapitre 11, passages 7-9.

7. Nétilat Yadaïm

Il n'est pas obligatoire de faire Nétilat Yadaïm avant d'accéder au Kotel. Cependant, c'est une coutume très répandue et recommandée car elle nous rappelle que nous sommes proches d'un lieu très saint et que l'on doit y accéder avec crainte et respect. Voir Yalkout Yossef [édition 5750], chapitre 151, page 278.

Généralement, on récite des prières face au Kotel. Si les mains ne sont pas propres, il faut faire Nétilat Yadaïm sans bénédiction afin de pouvoir les prononcer.

8. Embrasser le Kotel

Le fait d'embrasser le Kotel est une Mitsva. On embrasse bien la Mézouza, le Séfer Torah, un livre saint qui tombe à terre ou la Matsa [le soir de Pessa'h, certaines personnes ont l'habitude d'embrasser la Matsa].

Le Kotel est investi d'une certaine sainteté. Voir Midrach Rabba sur Chémot, chapitre 2, passage 2, Midrach Rabba sur Chir Hachirim partie 2, passage 22 sur le verset "Hiné Zé Omed A'har Kotlénou" et Yalkout Yossef, chapitre 151, page 272, note 1.

Nos Sages adoraient la terre d'Israël : Rabbi Abba embrassait les pierres de la ville d'Ako, et Rabbi 'Hiya Bar Gamda se roulait dans la poussière d'Israël. Voir Talmud Kétouvot 112a-112b.

Ils accomplissaient ainsi le verset : "Tes serviteurs en aiment les pierres et ils en chérissent la poussière" [Téhilim 102, 15].

9. Le fil rouge du Kotel

Ce fil n’est d'aucune utilité, c’est de la pure fantaisie.

Cliquez sur le lien qui suit :

http://www.torah-box.com/question/le-fil-rouge-du-kotel_5173.html

10. La femme Nidda au Kotel

Il est permis à une femme Nidda, durant les sept jours de pureté, de se rendre au Kotel. Il en est de même durant la période de son cycle menstruel. A ce sujet, voir Yabia Omer, volume 5, Yoré Déa, question 27.

Dans certaines communautés ashkénazes, lorsque la femme se trouve dans la phase sécrétoire de son cycle menstruel [lors de l'écoulement sanguin], il lui est permis de se rendre au Kotel à condition de rester à deux mètres du mur.

11. Les papiers dans le Kotel

Depuis la création du monde, l'être humain, et plus particulièrement le peuple juif, s'est adressé au Maître du monde par le biais de la parole.

Même le plus grands des prophètes non-juifs - Bilam - connaissait la force de la parole et le poids de chaque mot prononcé dans la prière.

Les Sages de Midyane dirent à Balak à propos de Moché Rabbénou : "Tu voudrais savoir où réside le secret de sa puissance et de celle son peuple : il est dû au pouvoir de leur langue. Lorsqu’ils crient vers D.ieu, Il exauce toutes leurs requêtes. Combats les juifs par cette même méthode. Nous te conseillons de convoquer Bilam, dont la puissance verbale "égale celle de Moché".

Yaakov Avinou nous enseigne que même la guerre contre nos ennemis peut se faire par le biais de la parole. Voir fin du Rachi sur Béréchit, chapitre 48, verset 22.

Les religieux ainsi que de nombreuses autres personnes parmi nos coreligionnaires perpétuent cette manière de s'adresser à notre Père, le Maître du monde, c’est-à-dire uniquement par la parole, étant donné que l'introduction d'une prière écrite dans le Kotel ne figure pas dans les écrits de nos maîtres, les décisionnaires ayant vécu depuis la destruction du temple.

Cependant, il est à noter que le Rav Eliezer Valdenberg, dans son œuvre monumental - Tsits Eliezer - volume 10, question 5, passage 6, attire notre attention sur un fait raconté à propos de Rabbi 'Haïm Bénatar - le Or Ha'haïm Hakadoch.

Ce géant de la Torah aurait transmis à l'un de ses élèves, ayant des difficultés pour subvenir à ses besoins, un papier sur lequel était transcrite une certaine prière qu'il devait glisser entre les pierres du Kotel.

Quelque temps plus tard, les prières de l'élève en question furent exaucées.

Depuis, explique le Rav Eliezer Valdenberg au nom de Rav Fallagi, cette manière de faire s'est installée au sein de certaines communautés.

12. Comment quitter le Kotel

Lorsque l'on s'apprête à quitter le Kotel, on doit agir pareillement aux lois en vigueur dans un Beth Haknesset [une synagogue].

Le Kotel est investi d'une certaine sainteté, au moins égale à celle du Beth Haknesset. C'est pourquoi, en quittant la première esplanade proche du Kotel, il faut se tourner vers le Kotel et faire les derniers pas à reculons, ou du moins en ayant le dos tourné vers les murs se trouvant sur les côtés du Kotel.

La Halakha concernant le Beth Haknesset figure dans le Choul'han 'Aroukh, chapitre 132, fin de la Halakha 2, ainsi que dans le Maguen Avraham, passage 6 et Baèr Hétèv, passage 9.

Les auteurs ayant rédigé des ouvrages concernant les lois en vigueur en étant proche du Kotel rapportent également cette Halakha.

Voir encore : Midrach Rabba sur Chémot, chapitre 2, passage 2 - Midrach Rabba sur Chir Hachirim partie 2, passage 22 sur le verset "Hiné Zé Omed A'har Kotlénou" - Yalkout Yossef, chapitre 151, page 274, note 6.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

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