Bonjour Rav,
Ce matin, j’ai demandé dans un restaurant non-Cachère des tranches de pain baguette et un avocat que je découpe moi-même. Sans sauce sans beurre, sans rien évidemment. Ils m’ont servi des tranches de pain baguette qu’ils me disent avoir toasté dans leur grille-pain réservé exclusivement au pain.
Or, en mettant le premier bout dans ma bouche, je sens un goût de gras de viande. Je recrache de suite sans avaler et appelle le serveur. Il se renseigne en cuisine et, en effet, le cuisinier avait toasté la tranche de pain sur la plancha utilisée la veille au soir sur laquelle ils ont fait de la viande. Il m’assure que le matin même (il était 9h), aucune viande n’avait encore été faite, mais le goût en bouche était bien là (j’ai failli en vomir).
Je ne pense pas avoir transgressé un Issour Midéoraïta (un interdit de la Torah) mais ai-je transgressé un Issour Midérabbanan avec ce goût de viande en bouche recrachée ? (À part Bichoul Goy pour la baguette en soi)
S'il est possible pour vous de me donner les références dans le Choul'han 'Aroukh de Rabbi Yossef Caro (et non du Rama).
Merci Rav.
Bonjour,
La Halakha dit : "Taam Ké'ikar" - Le goût est considéré comme la substance.
Ce n’est pas seulement la présence matérielle d’un aliment interdit qui rend un plat interdit, mais son goût également. Autrement dit : le goût d’un aliment interdit est Halakhiquement "considéré" comme l’aliment lui-même. Exemple : Si l’on a cuit de la viande de porc dans un plat de légumes : même si l’on retire ensuite complètement le morceau de porc et qu’il ne reste aucune substance visible, si le plat a conservé le goût du porc, il devient interdit à la consommation, car le goût est assimilé à la substance. Rachi, passage Litène sur Pessa'him 44b, et passage Leta'am sur 'Houlin 98b, Choul’han ‘Aroukh - Yoré Déa, chapitre 98, Halakha 8.
Dans votre cas [du pain avec un goût de viande grasse] : si un morceau de pain ne contient aucune matière de viande / gras, mais qu’il en a absorbé un goût réel et perceptible, selon le principe de Ta'am Ké'kar, ce goût est considéré Halakhiquement comme du porc lui-même ; par conséquent, ce pain est interdit à la consommation, même s’il n’y a pas de porc visible.
Ce principe est appris du verset concernant le Nazir où il est écrit : "Michrat 'Anavim" [un aliment imbibé de raisins / de vin] : un Nazir n’a pas le droit de boire du vin et même si du pain a seulement été imbibé de vin, et que seule la saveur est passée dans le pain, la Torah l’interdit quand même : preuve que le goût a le même statut que la substance. Ce principe s’applique uniquement lorsque le goût est perceptible et significatif.
Selon la grande majorité des décisionnaires, il s'agit, donc, d'une interdiction Mine Hatorah [d'ordre Toraïque]. Beth Yossef sur Tour, chapitre 98.
Pour des détails supplémentaires à ce sujet, cliquez sur ce lien : https://www.torah-box.com/question/batel-berov-c-est-quoi_19652.html
Dorénavant, vous ne pénétrerez plus dans un tel restaurant même pour consommer ce que vous pensez être non problématique et, à partir d'aujourd'hui, vous étudierez, tous les jours, durant 10-12 minutes [minimum], les lois concernant la Cacheroute des aliments. Il va sans dire que ce sera pour les appliquer à la lettre. En agissant de la sorte, Hachem effacera de vos archives cet incident regrettable.
Pour commencer, voici plus de 3600 questions-réponses sur ce sujet tellement important : https://www.torah-box.com/question/cacheroute/
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.