Il est devenu presque indécent, aujourd’hui, de rappeler un fait élémentaire de l’histoire récente : le ‘Hamas ne s'est pas imposé sur Gaza par la force, mais son élection fut un choix clair, assumé, démocratique, exprimé dans les urnes, par la population palestinienne.
Le 25 janvier 2006, des élections législatives palestiniennes sont organisées. Elles sont reconnues comme régulières par les observateurs internationaux.
L’Union européenne est présente, tout comme de nombreuses délégations étrangères. Rien n’est clandestin, rien n’est contraint : ce jour-là, la population palestinienne vote ouvertement et librement.
Le résultat est sans appel : le ‘Hamas remporte 44,45 % des voix au niveau national et obtient 74 sièges sur 132 au Conseil législatif palestinien. Le Fatah, pourtant au pouvoir depuis des décennies, est battu.
À Gaza, le soutien au ‘Hamas est encore plus massif : dans certains districts, il dépasse les 55 à 60 %.

Ce vote n’est pas un malentendu. Le programme du ‘Hamas est connu, public et explicite : on n'y parle ni de compromis ni de coexistence. Par contre il revendique la lutte armée, la destruction d’Israël, la glorification du jihad et du martyre.
Les électeurs connaissent parfaitement le programme électoral du ‘Hamas et l'élisent en toute connaissance de cause.
L’année suivante, en juin 2007, le ‘Hamas achève ce qu’il a commencé dans les urnes en éliminant le Fatah (parti de Mahmoud Abbas) de Gaza dans un affrontement interne d’une extrême brutalité : exécutions, expulsions, membres dirigeants précipités du haut des immeubles.
Gaza devient un territoire entièrement contrôlé par le ‘Hamas, et depuis, aucune élection n’y a été organisée. Toute opposition y est écrasée.
Ce rappel des faits dérange, car il entre en collision avec un récit aujourd’hui dominant, entretenu par les médias occidentaux, qui aime à présenter une population gazaouie passive et non impliquée dans la terreur de ses nouveaux maîtres.

Présenter la population de Gaza comme vierge de toute responsabilité, étrangère aux actes de terreur commis par l'organisme, n'est pas fortuit.
L’Occident alimente ce narratif fallacieux, via ses médias et ses fausses informations. Car en blanchissant des populations qui ont collaboré avec la terreur, festoyé à l’annonce des massacres du 7 octobre 2023, séquestré des otages et servi de refuge à leurs ravisseurs, il devient alors plus aisé d’accuser l’État hébreu d’exactions contre des “innocents”.
Cette mécanique sert pleinement une politique anti-Israël et permet, au passage, de laver une culpabilité ancienne, enfouie dans la mémoire européenne, et jamais soignée.
Les peuples, comme les individus, sont responsables du choix de leurs dirigeants et des valeurs qu'ils sacralisent à travers eux. Tant qu'on refusera cette évidence historique, aucune lecture honnête de la situation ne sera possible.
Le ‘Hamas est né à Gaza, a été voulu et élu par Gaza : il est vain de travestir la réalité.






