Le 7 octobre 2023, lors de la journée la plus tragique qu'ait connue le peuple juif depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une succession invraisemblable et pratiquement surnaturelle de circonstances malheureuses va s'enchaîner, ouvrant à nos pires ennemis les portes de nos maisons.
Sur la base de la « conception » erronée des dirigeants militaires et politiques israéliens — selon laquelle le 'Hamas serait dissuadé, peu intéressé à déclencher une guerre générale —, une attaque aussi sauvage qu'inattendue foudroie les Kibboutsim du « Otef Aza ».
Les mises en garde des jeunes Tatspitaniot, observatrices de l'armée, qui, depuis des mois, avaient donné l'alarme, redoutant le pire, ne sont pas prises en compte.
La barrière électronique le long de la frontière avec Gaza, réputée infranchissable, est neutralisée et percée par les hommes du 'Hamas en un clin d'œil. Et, comme si l'enchaînement de malchance n'était pas assez accablant, le 'Hamas, qui, selon les enquêtes israéliennes, n'avait même pas prévu le festival Nova dans son plan, le découvre en cours d'offensive.
La synchronisation ne pouvait pas être pire.
Trois ans plus tard, presque jour pour jour, dans le ciel entre Dubaï et Israël, un avion de la compagnie FlyDubaï, avec à bord 174 Israéliens, dont 27 enfants, plonge vers le sol à une vitesse folle, perdant 18 000 pieds d'altitude en 90 secondes.
Mais cette fois, une succession de détails incroyables va s'emboîter, en notre faveur, au bon moment, à la bonne place, pour sauver les passagers d'une situation désespérée.
La carlingue de l'appareil ne se disloque pas, malgré le dénivellement fou, qui aurait dû lui arracher ses ailes. Le commandant de bord, grièvement blessé et presque inconscient, réussit tout de même à ouvrir la porte du cockpit et, 45 secondes avant l'écrasement, un passager israélien, plombier de métier, neutralise le terroriste et redresse l'avion.
Pour couronner le tout, deux pilotes de la compagnie, assis « fortuitement » dans ce vol parmi les passagers, reprendront les commandes de l'appareil et le feront atterrir, alors que le stabilisateur de direction a été très endommagé.
Le terroriste avait l'intention de faire s'écraser l'avion sur l'aéroport Ben-Gourion.
Alors, malchance contre chance ?
Pile en 2023, face en 2026 ?
Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas dire : tout est miracle lorsque ça finit bien et tout est hasard quand ça finit mal.
Il faut être cohérents et prendre le package...
Pour les gens du « hasard », pas de bouleversement.
Théologiquement parlant, tout va bien. Nous sommes de toute manière ballotés dans l'univers, au gré des accidents cosmiques, des collisions d'atomes, comme celles d'ailleurs qui ont provoqué notre mystérieuse apparition en ce monde.
C'est vite réglé.
Mais pour le croyant, la question est autrement épineuse.
Si l'on cherche quelle doit être la position du 'Hassid, du Juif pieux, devant l'adversité ou devant la bonne fortune, c'est Nahum Ich Gamzou, le Sage du Talmud, qu'il faut interroger, celui qui fut le Maître de Rabbi 'Akiva.
Ça va ? Tant mieux. Ça va pas ? Tant mieux aussi.
Pas de high au 7ème ciel lorsque ça marche selon son plan, et pas de tombée dans les abîmes du désespoir devant les contrariétés.
Les incidents sont pris sans extrapolation et sans interprétation. Au présent. Pour ce qu'ils sont.
Mais Nahum, c'est le virtuose, le Juif accompli, proche de D.ieu. C'est le phare dans la nuit.
Nos travaux pratiques à nous, c'est déja de retenir notre bouche une seconde devant une évidence qui nous fait accuser tel ou tel. Et ça, c'est déjà un sommet.
C'est ne pas transformer immédiatement un contretemps en catastrophe : le rendez-vous raté, le train manqué. C'est laisser à l'événement le temps de raconter sa propre histoire, avant de lui en inventer une.
Et déjà ça, c'est polir l'épaisseur de la matière qui nous aveugle, et lui faire perdre un millimètre de sa rugosité.
C'est autant de petits pas concrets vers l'acceptation de la Transcendance.
La condition humaine n'est pas simple, et le Très-Haut, sait la difficulté des humains à accuser le coup des épreuves. Il sait la révolte devant la souffrance. Il sait le doute devant la perte d'êtres aimés.
Dans Sa Compassion Infinie, Il ne demande pas l'impossible.
Juste, en fait, de reconnaître ici-bas, qu'...il y a toujours un Pilote dans l'avion.




